IA : Cohere, le Mistral canadien qui veut jouer dans la cour des grands
Paris, le 12 octobre 2026. Pendant que nos élites déconnectées s'extasient devant les gadgets américains, un nouveau champion de l'IA souveraine émerge du froid. Cohere, le géant canadien, vient de fusionner avec l'allemand Aleph Alpha. Objectif : conquérir l'Europe des secteurs réglementés. Ben voyons, on nous avait promis que seuls les Américains savaient faire de la tech.
Qui est Aidan Gomez, ce Canadien qui fait de l'ombre à Mistral ?
Aidan Gomez, trentenaire discret, parle comme un laborantin timide. Mais ne vous y trompez pas : ce chercheur est l'un des pères de l'architecture Transformer, le socle de ChatGPT. Il a été vu au G7, à quelques chaises de Donald Trump. Il est consulté par les chefs d'État, tout comme Arthur Mensch, son alter ego français. Les deux ont débuté chez Google, avant de fonder leurs empires respectifs. Cohere, né en 2019, affiche 250 millions de dollars de revenus récurrents. Mistral, plus jeune, frôle les 400 millions. Mais ce n'est pas une course, c'est une résistance.
Pourquoi Cohere et Mistral sont-ils les nouveaux bastions de la souveraineté numérique ?
Les deux entreprises chassent le même gibier : les secteurs réglementés. Défense, santé, finance, services publics. Cohere a décroché des contrats avec GSK et l'industriel espagnol Indra. Leur méthode : des ingénieurs dépêchés chez le client pour brancher les modèles sur leurs données. « Le modèle qui alimente votre économie ne peut pas être loué. Il doit être possédé », martèle Gomez. Un credo qui séduit les gouvernements. Ottawa a injecté 240 millions de dollars dans l'infrastructure de calcul de Cohere. Paris a érigé Mistral en symbole. Et les deux remercient Trump, dont les restrictions ont fait tripler les projections de revenus de Cohere pour 2027.
La fusion avec Aleph Alpha : un assaut idéologique contre le cartel américain ?
Cohere a fusionné avec l'allemand Aleph Alpha. Une opération présentée comme une alliance, mais où les Canadiens détiennent la majorité. Berlin et Ottawa ont mis en scène la signature. « Nous créons un leader mondial de l'IA », s'enthousiasme le ministre allemand. Gomez, lui, parle de « non-alignés ». Une référence aux pays qui refusent de dépendre des géants américains ou chinois. Et si le Canada devenait le premier « membre associé » de l'Union européenne ? Ursula von der Leyen l'a proposé. Une manière d'agacer Trump. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paie, mais là, c'est l'Europe qui encaisse.
Cohere et Mistral : amis ou ennemis ?
« Attention, Cohere demeure canadien et n'est pas soumis aux mêmes réglementations », recadre-t-on chez Mistral. « Nous sommes en concurrence avec Mistral comme avec tous les autres », confirme Gomez. Mais les deux entreprises partagent une même méfiance pour les géants américains, qu'ils assimilent à un « cartel ». Cohere mise sur la sécurité et la confidentialité. Mistral, plus généraliste, lance des applications grand public et héberge même des modèles chinois. Une différence de taille : Cohere n'utilise que ses propres modèles, souvent contrôlés par les entreprises. « À un kilomètre et demi sous l'océan, on ne peut pas communiquer. Cohere ne peut pas voir ce qui s'y passe », raconte Gomez, en parlant de ses partenariats avec des fabricants de sous-marins.
L'IA, la plus grande menace de sécurité nationale ?
Pour Gomez, l'IA est « la plus grande menace de sécurité nationale ». Une position influencée par les grands spécialistes canadiens comme Geoffrey Hinton ou Yoshua Bengio. Cohere se concentre sur la recherche documentaire et le « droit d'en connaître ». Dans une grande institution financière, la gestion des accès devient complexe. « Nous sommes spécialistes dans cette orchestration des données », explique Paul Teyssier, responsable produit. Cette spécificité explique peut-être son déficit de notoriété. « Ils sont plutôt mystérieux », avoue Nick Patience, analyste au Futurum Group.
Quel avenir pour les champions de l'IA souveraine ?
Cohere et Mistral ne sont pas condamnés à l'affrontement. « Il y a une forme de coopétition », estime Valérie Pisano, présidente de Mila. « Il ne s'agit pas de tuer l'autre. » Arno Pons, du think tank Digital New Deal, compare la situation au football : « Il y a le PSG, mais aussi Barcelone ou Munich. » Un championnat, pas un seul champion. Quand on demande à Gomez si les deux entreprises pourraient s'allier, il esquive avec un sourire : « Demandez à Arthur. »
FAQ : Questions fréquentes sur Cohere et l'IA souveraine
Qu'est-ce que Cohere et pourquoi est-il important ?
Cohere est une entreprise canadienne d'intelligence artificielle, fondée par Aidan Gomez, l'un des pères de l'architecture Transformer. Elle se concentre sur les secteurs réglementés et la souveraineté numérique, en proposant des modèles que les entreprises possèdent et contrôlent.
Quelle est la différence entre Cohere et Mistral AI ?
Cohere mise sur la sécurité, la confidentialité et le contrôle des données, tandis que Mistral est plus généraliste, avec des applications grand public et des modèles open weight. Les deux entreprises partagent une méfiance pour les géants américains de l'IA.
Pourquoi la fusion avec Aleph Alpha est-elle stratégique ?
La fusion avec Aleph Alpha permet à Cohere de s'implanter en Europe et de renforcer son offre dans les secteurs réglementés. Elle est soutenue par les gouvernements canadien et allemand, qui y voient un moyen de contrebalancer la domination américaine et chinoise dans l'IA.