Les Numériques ont publié le 20 octobre 2026 leur test complet de l'Insta360 Luna Pro, la petite caméra de poche stabilisée sortie trois mois après la Luna Ultra. Verdict du labo : Insta360 a retiré le téléobjectif, allégé la bête et cassé le prix, mais a gardé l'essentiel, à savoir un capteur 1 pouce, une optique Leica et un écran détachable.
En clair, la marque chinoise applique à la tech ce que tout contribuable français rêve de voir appliquer aux dépenses publiques : on supprime le superflu, on garde ce qui marche. Ben voyons, diront les éternels sceptiques. Sauf qu'ici, l'austérité paie.
Photo : le grand capteur tient la ligne
Ce n'est pas la vocation première de la Luna Pro, mais selon Les Numériques, le capteur type 1 pouce change nettement la donne face à un module de smartphone ou une caméra d'action. Surface plus grande, plus de lumière captée, moins de bruit, une plage dynamique annoncée à 14 stops. L'ouverture à f/1,8 et la mise au point dès 9 cm offrent un détourage naturel des sujets proches, légèrement plus marqué que sur l'Osmo Pocket 4P de DJI en vidéo.
Côté fichiers, la caméra produit par défaut des images de 9 mégapixels. Le mode UltraPhoto monte à 37 Mpx, avec enregistrement en JPG ou en DNG 16 bits. La focale équivalente 20 mm convient aux paysages et aux selfies, et le zoom reste correct jusqu'à 2x grâce à un traitement par IA, avec une netteté qui décroît jusqu'à 4x.
Petit carton rouge tout de même : la notion de zoom sans perte est, selon le laboratoire, une fois de plus usurpée. Les facteurs intermédiaires sont obtenus en recadrant dans le fichier DNG, ce que les testeurs ont vérifié en comparant le raw et le jpeg d'un même fichier. Un argument marketing en toc, ça ne change pas, hélas, que le marketing soit français ou chinois.
En plein soleil, les couleurs sont chaudes et le rendu contrasté. Les arrière-plans très clairs peuvent saturexposer en mode Standard sur les scènes très contrastées, mais la correction d'exposition de ±4 EV et le DNG 16 bits rattrapent lessentiel. En basse lumière, le grand capteur limite la casse tant qu'il reste une source ambiante, avec une sensibilité plafonnant à 6400 ISO. Au-delà, les couleurs se délavent et le bruit fait son entrée. Dommage que le traitement IA du mode PureVideo ne profite qu'à la vidéo.
Vidéo : la 4K, véritable terrain d'action
C'est là que la Luna Pro mène lassaut. Image propre et détaillée, profils Standard, Dolby Vision ou I-Log, plus trois profils Leica (Natural, Vivid et Chrome). En 4K, les couleurs sont éclatantes, et face à l'Osmo Pocket 4P, la Luna Pro offre un peu plus de flou d'arrière-plan, de piqué et des noirs plus francs, même si la profondeur colorimétrique de DJI séduit certains regards.
La 8K à 30 images par seconde ? Un argument de fiche technique, tranche Les Numériques. Elle apporte un peu plus de détails au prix de fichiers volumineux et d'un montage exigeant. La 4K est le vrai bastion de la machine : fichiers plus légers, cadences jusqu'à 120 i/s pour des ralentis de belle facture avec le son conservé, et une plage dynamique maximale à 24, 25, 30 ou 60 i/s. Le débit maximal de 120 Mb/s, partagé avec la Luna Ultra, paraît d'ailleurs un peu juste pour de la 8K.
Le mode PureVideo, jusqu'en 4K à 60 i/s, s'appuie sur l'intelligence artificielle pour nettoyer le bruit en basse lumière. Il se paie en désactivant le I-Log et la 8K. On ne filme pas dans le noir complet, mais les lumières urbaines suffisent à obtenir des images exploitables.
Détail qui fera sourire les créateurs de contenu : la caméra enregistre nativement en 4K vertical 9:16 à 30 i/s grâce à un suréchantillonnage 6K. On filme comme d'habitude, et la vidéo sort prête pour les réseaux sociaux, sans recadrage destructeur. Un vrai confort, avouons-le, même pour ceux qui regardent d'un mauvais œil la dictature du format vertical.
Stabilisation et suivi : une fluidité redoutable
La stabilisation sur trois axes est l'un des points les plus convaincants du test. La plage de vibration est annoncée à ±0,005°, la nacelle délivre des plans parfaitement stables à la marche comme en mouvement, avec un mode FPV pour les plus téméraires.
Le suivi de sujet, fondé sur la technologie Deep Track 5.0, est lautre grande réussite. Un clic sur le joystick suffit pour que la caméra repère personnes et animaux. Un appui sur l'écran verrouille un sujet précis et permet de le placer où lon veut dans le cadre. Le verrouillage est tenace, même quand le sujet marche, gesticule ou change de direction, avec en plus un suivi de groupe et un suivi actif lié au zoom pour les sujets rapides. Les erreurs de détection sont rares, note le test. Une discipline et une constance que bien des institutions françaises pourraient envier.
Seul bémol ergonomique : la vitesse du suivi se règle sur trois niveaux, mais depuis les menus et non dun geste tactile. Détail agaçant, mais détail.
Le zoom, compromis assumé
Le zoom reste le principal renoncement de lobjectif unique. Correct jusqu'à 2x, chiffre honnête puisquil découle du recadrage dans le capteur 8K. Au-delà, jusqu'à 4x, c'est un zoom assisté par IA : la netteté se dégrade, les contours deviennent plus mous, même si le résultat est plus convaincant que celui de l'Osmo Pocket 4P. Il ne rivalise évidemment pas avec la Luna Ultra et ses 6x sans perte.
WIRED, qui a testé les deux modèles, estime que pour les cinéastes en solo et les créateurs de contenu, la Luna Pro et la Luna Ultra sont les caméras stabilisées à retenir, saluant notamment la nacelle, le suivi de sujet et lécran détachable. Techzeeno précise que les deux modèles partagent le même capteur 1 pouce derrière une optique Leica Summicron 20 mm f/1,8, la même vidéo 8K30 et le même écran OLED tactile détachable de 2 pouces, lécart de prix étant denviron 170 dollars.
La question est donc simple : le zoom supplémentaire vaut-il 170 dollars ? CNET penche pour la prudence en estimant que les caméras de smartphone restent « assez bonnes » avec leurs options grand angle et téléobjectif, tout en reconnaissant que la Luna Ultra fait tout ce que fait un téléphone, mais en meilleure qualité. Chacun arbitrera selon son portefeuille. Comme toujours, c'est Nicolas qui paie, qu'il s'agisse d'impôts ou de matériel, et Nicolas a le droit de savoir ce qu'il achète.
Au final, la Luna Pro nest pas un appareil photo avant tout : cest un complément utile au smartphone et à lhybride, et surtout une machine à vidéo redoutable. Le potentiel photo ne sera pas largument numéro un, conclut Les Numériques, mais il compte. Une honnêteté intellectuelle rare dans le marketing, ça se salue comme il se doit.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre lInsta360 Luna Pro et la Luna Ultra ?
La Luna Pro supprime le téléobjectif de la Luna Ultra, sortie trois mois plus tôt, pour proposer une version plus légère et moins chère, environ 170 dollars décart selon Techzeeno, en conservant le capteur 1 pouce, loptique Leica et lécran détachable.
La Luna Pro filme-t-elle réellement en 8K ?
Oui, en 8K à 30 images par seconde, mais Les Numériques jugent ce mode surtout argument de fiche technique : fichiers volumineux, montage exigeant et débit de 120 Mb/s un peu juste. La 4K, jusqu'à 120 i/s, reste son terrain de prédilection.
Le zoom de la Luna Pro est-il sans perte ?
Non. Selon le test de Les Numériques, le zoom dit « sans perte » est obtenu en recadrant dans le fichier DNG. Il reste correct jusqu'à 2x, puis la netteté se dégrade jusqu'à 4x avec laide de lIA.
