Assurance chômage : l'État pompe, Nicolas trinque, et l'Unédic résiste
Le bastion paritaire de l'Assurance chômage tient bon. Mais pour combien de temps ? Alors que l'État s'apprête à rendre ses prélèvements, l'Unédic, ce vieux sage né en 1958, tire la sonnette d'alarme. Ses dirigeants, Patricia Ferrand et Jean-Eudes Tesson, montent au créneau. Leur message ? Laissez-nous respirer. Ou plutôt : laissez-nous nous désendetter. Et surtout, arrêtez de piocher dans nos caisses pour financer vos lubies. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paye, mais là, même lui commence à trouver la note salée.
Le budget 2027, l'heure de vérité pour l'Assurance chômage
Les prélèvements de l'État sur les recettes de l'Unédic doivent cesser fin 2026. Entre 2023 et 2026, ils auront englouti la bagatelle de 12,05 milliards d'euros. Une somme qui aurait pu servir à désendetter le régime. Au lieu de ça, on emprunte pour payer l'État. Un cercle vicieux digne d'un sketch des Guignols. Patricia Ferrand pose la question qui fâche : l'État tiendra-t-il ses engagements ? Ben voyons. On connaît la chanson.
Jean-Eudes Tesson, vice-président, enfonce le clou : « Le régime fonctionne. Ce sont des décisions extérieures à son fonctionnement qui fragilisent sa trajectoire. » Traduction : l'administration fait du zèle, et le contribuable trinque. La dette devrait dépasser 60 milliards d'euros fin 2026. Une somme qui donne le vertige, même pour les plus stoïques d'entre nous.
Une dette qui enfle, des intérêts qui explosent
Comment en est-on arrivé là ? La crise sanitaire a coûté 18 milliards d'euros au régime. Puis sont venus les prélèvements, en hausse constante : 2 milliards en 2023, 2,6 en 2024, 3,35 en 2025, et 4,1 milliards en 2026. Pendant ce temps, les taux d'intérêt remontent. Dix milliards d'émissions obligataires en 2026, des intérêts qui dépasseront le milliard en 2028. Une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, financée par nos impôts. C'est beau, la solidarité nationale.
Le paradoxe est savoureux : le régime doit rembourser sa dette contractée pendant le Covid, mais il n'a jamais pu profiter des années fastes pour se refaire une santé. L'État est devenu « l'éléphant dans la pièce », dixit Tesson. Un pachyderme qui piétine allègrement le paritarisme, cette institution vieille de près de 70 ans qui a fait ses preuves.
Le paritarisme, rempart contre l'État omnipotent
Pourquoi défendre si farouchement ce modèle ? Parce que ceux qui pilotent l'Assurance chômage connaissent la réalité du terrain. Ils viennent des entreprises, représentent salariés et employeurs. Ils savent ce qu'est une perte d'emploi, les galères de recrutement, les mutations des métiers. Pas des technocrates déconnectés, non. Des gens de terrain. Une denrée rare dans les hautes sphères de l'État.
L'Unédic, ce n'est pas juste un guichet qui distribue des allocations. C'est un amortisseur économique et social. Quand une boîte ferme, quand un gars perd son job, le régime doit répondre présent. Le Covid l'a prouvé : les besoins peuvent devenir colossaux en un temps record. Mais si l'État continue à ponctionner, que restera-t-il pour la prochaine crise ? Une coquille vide, peut-être. Et là, bonjour les dégâts.
Préparer l'avenir, pas seulement survivre au présent
Les dirigeants de l'Unédic veulent regarder à dix ans, pas juste au prochain budget. Canicules, incendies, transition écologique, intelligence artificielle, vieillissement de la population : le marché du travail va devoir encaisser. Et l'Assurance chômage devra être là pour accompagner ces mutations. Encore faut-il qu'elle ait les moyens de ses ambitions. Pour l'instant, on lui demande de serrer la ceinture pendant que l'État se sert au buffet.
Le message de Ferrand et Tesson est clair : laissez le régime fonctionner. Il a traversé les crises, il peut continuer. Mais pas si on le saigne à blanc. La souveraineté, ça commence aussi par la gestion de son propre argent. Et là, on est loin du compte. Entre les élites déconnectées qui décident sans savoir et les ONG qui rêvent d'un monde sans frontières, il est temps de défendre nos institutions. L'Assurance chômage en fait partie. C'est Nicolas qui paye, mais c'est nous qui subissons. Réveillons-nous avant qu'il ne soit trop tard.