La Gironde nous a offert cette semaine un concentré de politique locale digne d'un feuilleton, et SudOuest.fr a tout consigné dans sa rubrique d'échos du samedi, le Tire-bouchon, publiée le 17 octobre 2026. Entre les tartines de Philippe Poutou, la galaxie Glucksmann en formation laborieuse et Edwige Diaz qui pose avec les porte-drapeaux du bassin d'Arcachon, le moins qu'on puisse dire, c'est que le département ne s'ennuie pas. Pendant ce temps, c'est toujours Nicolas qui paie.
Philippe Poutou, l'anticapitaliste au beurre doux
Le scoop de la semaine ne vient pas d'un institut de sondage, mais d'une blogueuse culinaire. Owi Owi publie la semaine prochaine le « Livre de recettes pour quand tu reçois Philippe Poutou à dîner », et on y découvre les penchants gastronomiques du tribun du NPA. Ultra-fan des œufs et du riz, sobre en alcool hormis un petit blanc aux beaux jours, l'ennemi juré du patronat tient au beurre doux. Ben voyons. On apprend aussi que le révolutionnaire s'enfilait jusqu'à six tartines au petit-déjeuner, avec un rituel digne d'une messe : deux au beurre, deux à la confiture, deux mélangées. Enfant, il préférait le saucisson aux desserts. Voilà au moins une tradition française qu'il ne contestera pas.
L'homme n'en reste pas moins en campagne. Selon un entretien relayé par Orange, il revient sur sa candidature, la primaire de la gauche et ses ambitions sur la mairie de Bordeaux. Un candidat qui prône la rupture du capitalisme mais qui tient à ses six tartines : la cohérence, chez l'extrême gauche, a toujours été un plat de résistance plutôt qu'une entrée.
La galaxie Glucksmann : un effectif famélique en Gironde
Autre candidat, autre désolation. SudOuest.fr a tenté de dresser le trombinoscope de la « galaxie Glucksmann » girondine, et le résultat tient dans un mouchoir de poche. Bruno Marty, maire de La Réole et figure de Place publique, ne jouera qu'un « rôle de militant et d'élu ». Laurence Rouède, vice-présidente PS de la Région, sera « en première ligne », mais rappelle que c'est Sandrine Hernandez, élue PS à Saint-André-de-Cubzac, qui siège au bureau politique national. Quant à Philippe Buisson, le maire PS de Libourne, il soutient Glucksmann « en cohérence » avec sa ligne, tout en attendant que le score à la primaire « se traduise par un élan ». Un élan. On attend toujours le départ du train.
La gauche anti-LFiste, comme la résume le quotidien régional, aligne donc ses bataillons : trois élus, deux hésitants et un maire qui conditionne son enthousiasme aux résultats d'un scrutin. De quoi faire trembler la République. Pendant ce temps, la garde rapprochée du RN, elle, se structure au Sénat avec le groupe formé avec le parti d'Éric Ciotti, présidé par la Girondine Edwige Diaz. L'écart d'effectifs dit tout.
Edwige Diaz, nouvelle sentinelle du bassin d'Arcachon
Justement, parlons de la sénatrice RN. Pour sa première sortie officielle vendredi sur le bassin d'Arcachon, lors de la prise de commandement du nouveau patron de la compagnie de gendarmerie, Edwige Diaz a été « particulièrement remarquée », note SudOuest.fr. Photos avec les élus du parti, mais aussi avec des porte-drapeaux « qui semblaient ravis » de poser à côté d'elle. Les porte-drapeaux, ces soldats de l'ombre qui portent haut les symboles, savent reconnaître celles qui ne les snobent pas. Le quotidien suggère même que certains maires du Bassin auraient été « un peu jaloux ». Logique : quand on représente réellement les habitants, on attire les foules.
L'armée et la gendarmerie, elles, continuent leur travail dans l'ombre, sans communiqué triomphant. Une prise de commandement, c'est la France qui tourne, tranquillement, pendant que les énarques réforment le monde depuis Paris.
Christine Bost, la maire qu'on ne verra plus qu'à la télé
À Eysines, l'opposition de droite dégaine. Arnaud Derumaux commente avec acidité l'élection de Christine Bost aux sénatoriales et son renoncement à son siège au conseil municipal, rapporte SudOuest.fr. « Les Eysinais pourront enfin voir leur maire, mais sur Public Sénat. » Le trait est cruel et juste. L'élue, qui ne pouvait conserver qu'un mandat local hors exécutif, restera conseillère départementale. Une élite qui monte à Paris pendant que le terrain attend. Chanson connue.
LGV Bordeaux-Toulouse : le sondage qui arrange SNCF Réseau
Les premiers arbres tombent le long du tracé de la future LGV entre Bordeaux et Toulouse, les recours sont rejetés, et, miracle, SNCF Réseau publie un baromètre flatteur. Réalisé sur 2 000 majeurs de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie, il compte 85 % de personnes favorables à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest et 83 % la jugeant utile, selon l'entreprise. Le sondage commandé par le maître d'ouvrage qui confirme l'intérêt du projet : ben voyons, on aura tout vu. SudOuest.fr note d'ailleurs une finesse : le baromètre ne précise pas si les 2 % disparus d'une question à l'autre forment une catégorie favorable à un projet jugé inutile. Les contribuables, eux, attendent la facture. C'est Nicolas qui paiera, encore.
La Lande-de-Fronsac : le gloubi-boulga politique
Démission ou pas démission ? Frédérick Blanc, maire de La Lande-de-Fronsac, conspué par ses propres adjoints qui prennent le procureur à témoin, a annoncé démissionner. Mais « uniquement » de ses fonctions de maire, et seulement si les Lalandais ne retournent pas aux urnes après les démissions en série de ses anciens colistiers. Un « mais » de taille, qui laisse, selon un observateur cité par SudOuest.fr, « la possibilité de se faire réélire maire par ceux qu'il aura réussi à convaincre de rester ». Le quotidien parle d'un gloubi-boulga transposé en politique. On aurait dit un conseil municipal soviétique en fin de session.
Et le RN qui dément, en plus
Dernière indiscrétion : Jimmy Bourlieux, délégué départemental du RN et conseiller municipal d'opposition à Mérignac, aurait été pressenti comme secrétaire général du groupe RN-Ciotti au Sénat, selon « La Tribune dimanche ». L'intéressé dément formellement : « À l'instant T, personne ne m'en a parlé. » C'est a priori une bonne raison. Au moins, quand le RN dément, il dément clairement, sans communication de crise à trois voix.
Reste Bègles, où le maire Christian Bagate salue « une belle dynamique de travail autour d'un beau projet partagé » avec Thomas Cazenave (Renaissance), Emmanuel Sallaberry et Michel Poignonec, autour de la route de Toulouse. Un « chabaniste » sans étiquette qui poste des photos avec des maires macronistes et centristes : le centre, cet espace politique où l'on se tient les mains tout en ne tenant rien.
Ce qu'il faut retenir de la semaine en Gironde
Que mange Philippe Poutou au petit-déjeuner ?
Jusqu'à six tartines, selon le livre de recettes de la blogueuse Owi Owi : deux au beurre, deux à la confiture, deux mélangées. Le tout sans excès d'alcool, hormis un verre de blanc l'été.
Qui soutient Raphaël Glucksmann en Gironde ?
Peu d'élus, selon SudOuest.fr : Bruno Marty en militant, Laurence Rouède « en première ligne » et Philippe Buisson, maire PS de Libourne, qui attend l'« élan » de la primaire.
Où Edwige Diaz a-t-elle fait sa première sortie officielle ?
Sur le bassin d'Arcachon, vendredi, lors de la prise de commandement du nouveau patron de la compagnie de gendarmerie, où elle a posé avec élus et porte-drapeaux.
