Dimanche 12 octobre 2026, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de gauche et devient le candidat commun du Parti socialiste et de Place publique pour la présidentielle. Résultat immédiat : l'union de la gauche est officiellement morte et enterrée, et Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, se retrouve prise en tenaille entre deux pôles qui la détestent cordialement.
Selon Le Huffington Post, la désignation du patron de Place publique constitue « le pire des scénarios » pour la secrétaire nationale des Écologistes. Une victoire d'Olivier Faure, largement défait avec 14 % des voix, aurait au moins relancé un semblant de processus unitaire. Ben voyons. Le Premier secrétaire du PS voulait tendre la main aux Verts, aux ex-LFI et aux communistes, ses « partenaires naturels ». Glucksmann, lui, n'a visiblement pas prévu de tendre grand-chose à qui que ce soit.
Le choix du repli, assumé et revendiqué
Dimanche soir, à l'annonce des résultats, Marine Tondelier a fustigé un « choix du repli » et regretté que « toute perspective d'alliance large » soit enterrée, comme le rapporte 20 Minutes. Sur X, elle a martelé sa conviction : « Je reste convaincue que le chemin de la victoire passe par le refus du clanisme et du concept des gauches irréconciliables. »
Le problème, c'est que les gauches irréconciliables existent bel et bien, et qu'elles n'ont jamais eu aussi bien porté leur nom. Lui d'un côté, Jean-Luc Mélenchon de l'autre, Raphaël Glucksmann a la ferme intention de représenter son propre pôle en 2027. Le vieux rêve du rassemblement populaire ressemble désormais à une tranchée de la Première Guerre mondiale : tout le monde y est coincé, personne n'avance, et c'est Nicolas qui paie l'addition.
Lundi matin sur France Inter, le candidat a tout de même affiché un air confiant. « Je n'imagine pas que les Écologistes, qui ont alerté pendant des décennies en prêchant dans le désert, vont refuser la mise en place, enfin, de cette transformation radicale », a-t-il déclaré, avant d'insister : « Je veux que nous travaillions ensemble. »
Parler aux écolos sans parler à Tondelier
Sauf que dans l'état-major socialiste, on ne cache pas la méthode. « Il faut parler aux écolos, c'est certain. Mais est-ce que ça veut dire parler à Marine Tondelier ? Pas forcément. Elle n'est pas propriétaire des voix de ses électeurs », juge un socialiste auprès du HuffPost. Traduction : on prend l'électorat, on laisse la dame sur le trottoir. Une stratégie d'encerclement digne d'un manuel militaire, et il faut admettre que sur ce terrain, la gauche sait encore manœuvrer. Contre elle-même, certes, mais elle manœuvre.
Jadot et Rousseau, le pinceau dans le dos
Marine Tondelier pensait sans doute avoir touché le fond. Elle vient de découvrir qu'il restait des sous-sols. Yannick Jadot, ex-candidat à la présidentielle (4,6 %, un score mémorable), s'est autoproclamé facilitateur de ralliement et pilonne depuis dimanche la stratégie de sa propre patronne. Selon lui, celle-ci a fait perdre au parti Les Écologistes « deux tiers de ses électeurs ».
« C'est un problème de ligne politique. Ce parti est devenu l'animateur des partis de gauche », a-t-il affirmé mercredi sur RCF Notre-Dame. Le député de l'Isère Jérémie Iordanoff a enfoncé le clou sur X : « Marine, sauf erreur de ma part, le conseil fédéral a décidé d'ouvrir des discussions, pas de fermer des portes. »
Mais le plus savoureux, c'est que la critique arrive aussi de sa gauche. Sandrine Rousseau, partisane d'un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, estime que « la victoire nette et sans bavure de Raphaël Glucksmann oblige les Écologistes » à se poser la question de la ligne politique. « Il est évident que l'écologie est de gauche, de gauche radicale et de rupture », assène-t-elle. Des mots étonnamment semblables à ceux de Jadot. Dans cette famille politique, les ailes se rejoignent parfois, et c'est toujours pour better la cheffe.
Tondelier repousse l'échéance comme un enfant repousse la piqûre
Pour l'heure, Marine Tondelier s'accroche à sa candidature et renvoie le débat au 13 décembre, date à laquelle elle compte consulter les adhérents sur la stratégie pour 2027. Trois options s'offrent aux Verts : partir en solitaire, soutenir Glucksmann ou appuyer Mélenchon. Des négociations sont censées se tenir d'ici là avec Place publique d'un côté, La France insoumise de l'autre. Autant dire qu'on attend l'armistice avec un optimisme mesuré.
Créditée de 3 à 6 % dans les intentions de vote, la numéro 1 des Verts joue surtout contre la montre. « Elle cherche à tout prix à repousser ce moment inéluctable comme un enfant cherche tous les prétextes pour ne pas se faire vacciner », ricane l'un de ses opposants internes auprès du HuffPost. Actu résume d'ailleurs sa situation sans pitié : l'écologiste est de plus en plus marginalisée sur la route de l'Élysée.
Pendant ce temps, à droite
On se gardera bien de pleurer sur le sort de Marine Tondelier. Tout le monde sait que cette gauche qui rêvait de nous imposer le vote à 16 ans pour compenser son électorat fuyant mériterait un peu de cohérence interne avant de donner des leçons à la France profonde. La voilà réduite à compter ses divisions, comme en 14-18, pendant que les élites déconnectées de Paris s'interrogent sur la ligne politique du parti qui voulait nous sermonner sur la nôtre.
Le premier tour de la présidentielle est dans six mois. La gauche y présentera au minimum deux candidats, peut-être trois avec Tondelier, plus Mélenchon en embuscade. Chaque pôle défendra sa chapelle, son idéologie et ses petites guerres internes. Pendant ce temps, les Français, eux, paieront les factures. Comme toujours, c'est Nicolas qui paie. Et il commence à en avoir assez.
Questions fréquentes
Qui a remporté la primaire de gauche en octobre 2026 ?
Raphaël Glucksmann a été désigné candidat commun du Parti socialiste et de Place publique le dimanche 12 octobre 2026, en devançant largement Olivier Faure, crédité de 14 % des voix.
Quelles sont les options des Écologistes pour la présidentielle de 2027 ?
Marine Tondelier a prévu de consulter les adhérents le 13 décembre 2026 sur trois options : maintenir une candidature en solitaire, soutenir Raphaël Glucksmann ou appuyer Jean-Luc Mélenchon.
Quels scores Marine Tondelier obtient-elle dans les sondages ?
La secrétaire nationale des Écologistes est créditée de 3 à 6 % des intentions de vote pour la présidentielle, selon les chiffres rapportés par Le Huffington Post.



