Le PS enterré par Glucksmann : le stagiaire devient patron, et tout le monde trouve ça normal
Pour la première fois depuis 1965, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle ne sera pas socialiste. Raphaël Glucksmann, l'eurodéputé de Place publique, a écrasé la primaire de la gauche avec 66% des voix dès le premier tour. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, plafonne à 14%. Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj ramassent les miettes sous les 10%. Le bastion est tombé. Et personne au PS ne semble vraiment paniqué.
« Le stagiaire a gagné », a lancé Ségolène Royal, toujours aussi élégante dans la défaite. Elle voit juste. Glucksmann n'est même pas encarté au PS. Il squatte le nid comme un coucou, et le parti lui prépare le coussin. Ben voyons.
Le PS au service du candidat qui n'est pas PS : la nouvelle doctrine
Arthur Delaporte, porte-parole du PS, assume sans broncher : « Le PS sera désormais au service du candidat qui a gagné. » Traduction : le parti s'agenouille devant celui qui l'a humilié. Olivier Faure reste premier secrétaire malgré ses 14%. Tout le monde sait que c'est une fiction, mais personne ne veut casser l'ambiance.
Delaporte vante « la principale expérience démocratique » avec 120.307 votants sur 140.282 inscrits. Une participation de 85%, soit dit en passant, que les élites déconnectées du PS veulent nous vendre comme un triomphe. On a vu plus glorieux.
Un précédent historique : Mitterrand, le premier non-socialiste du PS
Le porte-parole tente de rassurer : « Ce n'est pas une nouveauté qu'un candidat non-socialiste représente le Parti socialiste. » Il cite François Mitterrand en 1965, candidat sans être à la SFIO. Sauf que Mitterrand, c'était Mitterrand. Glucksmann, c'est Glucksmann. La nuance a son importance.
« On prédit depuis tant d'années la mort du PS que je ne crois pas aux oiseaux de mauvais augure », insiste Delaporte. Les oiseaux de mauvais augure, eux, observent un parti qui vient de se faire voler sa propre élection par un étranger du sérail. La résistance s'organise, mais dans quel camp ?
Marine Tondelier déjà méfiante : l'union de la gauche commence mal
Marine Tondelier, la leader des écologistes, s'est dite « étonnée » par la victoire de Glucksmann. Un euphémisme poli pour dire qu'elle espérait autre chose. Delaporte joue les pompiers : « Je peux comprendre sa déception mais nous cherchons comme elle à construire une alternative à Jean-Luc Mélenchon. »
Sauf que Glucksmann, dès sa victoire, a parlé de « rupture » avec LFI. Rupture, pas rassemblement. Les Insoumis sont exclus du festin, et la gauche se prépare à une nouvelle guerre intestine. Pendant ce temps, la France regarde ce cirque avec un mélange de fascination et d'effroi.
La « bataille de France » selon Glucksmann : porte-à-porte et gestes symboliques
Glucksmann a lancé sa « bataille de France » avec un appel au porte-à-porte. Un premier meeting est prévu après la Toussaint. Un de ses proches promet qu'« il fera des gestes » envers ses anciens concurrents. Insoumis exclus, évidemment.
On frémit d'avance. Le stagiaire va faire des gestes. Les socialistes vont applaudir. Et c'est Nicolas qui paie, comme toujours.
FAQ : Le PS est-il vraiment mort ?
Qui est Raphaël Glucksmann ?
Raphaël Glucksmann est un eurodéputé de Place publique, parti fondé en 2018. Il a remporté la primaire de la gauche avec 66% des voix et sera le candidat du PS à la présidentielle de 2027, sans être membre du Parti socialiste.
Pourquoi Ségolène Royal parle-t-elle de « stagiaire » ?
Ségolène Royal, battue à la primaire, a qualifié Glucksmann de « stagiaire » et de « coucou » pour souligner qu'il s'installe dans un parti dont il n'est pas membre. Une manière cinglante de pointer l'absurdité de la situation.
Quel est le précédent historique invoqué par le PS ?
En 1965, François Mitterrand était candidat à la présidentielle sans appartenir à la SFIO, l'ancêtre du PS. Le parti utilise cet argument pour relativiser la situation actuelle.
Quels sont les prochains rendez-vous de Glucksmann ?
Un premier meeting est prévu après la Toussaint. Glucksmann a appelé ses militants à faire du porte-à-porte pour sa « bataille de France ».