Capilla à Toulouse : la grande gueule qui fait peur au rugby lisse
Le rugby français est devenu un salon de thé. Tout le monde sourit, tout le monde se tait, tout le monde rentre dans le moule. Puis arrive Esteban Capilla, 23 ans, troisième ligne de Bayonne, et il balance un pavé dans la mare. Le jeune flanker rejoint le Stade toulousain la saison prochaine. Et tant pis si ça dérange.
Ce garçon a un caractère. Un vrai. Pas de la comédie, pas du calcul. Il l'a prouvé à Marcoussis, à l'automne 2025, quand Fabien Galthié, le sélectionneur national, l'a félicité pour sa semaine d'entraînement. Réponse du Basque, sourire aux lèvres : « Elle n'a pas été si bonne que ça, sinon, j'aurais été dans le groupe. » Ben voyons. Le genre de répartie qui fait tousser les élites déconnectées du rugby moderne.
Un caractère qui dérange le rugby aseptisé
Philippe Tayeb, le président de Bayonne, ne mâche pas ses mots : « C'est un garçon atypique. Il peut interpeller, mais il faut ce type de garçon dans un collectif ! Si tu n'as que des gentils ou des sages, qui restent dans le moule, tu ne fais pas une équipe de rugby. » Tout le monde sait que le rugby se meurt de politesse. Capilla, lui, il ramène la guerre.
Joël Rey, manager de Carcassonne et vieux briscard de 60 balais, a vu défiler des générations de joueurs. Capilla, il l'a rarement vu. « Avec Esteban, il faut être sûr de ton explication, car si elle est moyenne, il peut avoir une réponse déconcertante. » Le gamin ne se laisse pas marcher dessus. Il l'assume : « Ce n'est pas de l'ego mal placé. C'est de l'ego malgré moi. Je ne me laisse pas marcher dessus. Je n'aime pas me faire piétiner. » On croirait entendre un appel à la résistance contre la bien-pensance sportive.
La grosse tête ? Non, l'ambition assumée
Dans ce rugby lisse, où chaque prise de parole est calibrée par des communicants, Capilla détonne. On lui colle l'étiquette de joueur à la grosse tête. Faux procès. Tayeb recadre : « Ceux qui n'ont pas de capacité critiquent ceux qui en ont, et je n'ai jamais vu un grand joueur ne pas avoir d'ego ou une forme d'ambition forte. » C'est nicolas qui paye, comme toujours, pour financer les carrières de ceux qui osent.
Baptiste Chouzenoux, son ancien coéquipier revenu au Racing, se souvient de ses premiers échanges avec le jeune homme : « Je le trouvais un peu hautain, prétentieux.