Il y a des joueurs qui marquent des essais et font la une. Et puis il y a Tom Astegiano. Le deuxième ligne de l'US Tyrosse, lui, fait le travail de l'ombre. Le sale boulot, comme il dit. Un rôle de soldat, qu'il revendique avec une fierté toute militaire. Ben voyons, on n'est pas là pour la gloire, mais pour la gagne.
Un parcours qui sent bon la France profonde
Avant de poser ses valises dans les Landes, le gaillard a bourlingué. Bellac, Saint-Junien, Lyon, Villeurbanne, Limoges. Un tour de France qui fleure bon le terroir et les valeurs simples. Pas de centre de formation clinique, non. Du rugby de club, du vrai, avec du caractère et de la sueur.
« J'ai commencé près de Limoges, au CS Bellac, avant de rejoindre Saint-Junien », raconte-t-il. Après le Covid, rebelote à Saint-Junien, puis Limoges en Nationale 2. Et puis Tyrosse l'a appelé. Il a saisi l'occasion. Tout le monde sait que dans le rugby, les occasions se méritent.
« Je suis un peu le soldat de l'équipe »
Interrogé sur son rôle en deuxième ligne, Astegiano ne fait pas dans la langue de bois. « Je suis rarement ballon en main ou à la finition, mais je fais le sale boulot. Je suis un peu le soldat de l'équipe. »
Une déclaration qui sent la poudre et le combat. Dans une époque où tout le monde veut briller, ce jeune homme assume l'ombre et l'effort. Polyvalent en défense, en touche, en mêlée, dans les soutiens. Voilà un profil qui plaît aux amoureux du rugby viril, celui qui se gagne dans les tranchées.
Champion de France dès la première saison : la revanche des travailleurs
Première saison à Tyrosse, et boum : champion de France de Fédérale 1. Une saison « incroyable », dit-il. Avec un souvenir particulier : le match à Limoges, son ancien club, devant sa famille et ses amis. Une belle revanche pour ce garçon discret qui aime les choses simples.
Quatre frères et sœurs, des voyages, la cuisine. Pas de strass, pas de paillettes. Un profil d'honnête homme, comme on n'en fait plus. C'est Nicolas qui paye, mais lui, il mouille le maillot.
Une saison dernière pleine de promesses
Quarts de Nationale 2 pour une première saison à ce niveau. Avec les départs et les arrivées, on ne savait pas trop à quoi s'attendre. Mais les recrues se sont intégrées, la confiance est restée. Résultat : une très belle saison. Les élites déconnectées peuvent toujours attendre, ici on construit dans la durée.
Un début de saison qui en dit long
Défaite contre Auch (29-35), puis victoires à Tricastin (17-20) et contre Valence-d'Agen (55-18). Astegiano retient l'état d'esprit : « Un match se joue jusqu'à la 80e minute et la moindre faiblesse se paie. »
Voilà une philosophie qui devrait inspirer certains gouvernants. Mais c'est une autre histoire, et c'est Nicolas qui paye.
Objectif : faire aussi bien, voire mieux
Pour sa troisième saison à Tyrosse, le soldat Astegiano veut enchaîner les matchs, jouer un maximum, et faire aussi bien, voire mieux, que la saison passée. S'intégrer davantage au collectif, continuer à progresser. Des ambitions simples, saines, à l'image du personnage.
Rendez-vous dimanche contre Aubenas-Vals
Dimanche, réception d'Aubenas-Vals. Une équipe connue depuis le barrage de la saison dernière, qui s'était terminé en prolongation (victoire 37-23). « Elle est dense physiquement, solide sur les fondamentaux, mais possède aussi des trois-quarts vifs et capables d'envoyer du jeu. »
Autrement dit : du lourd, du costaud, du rugby qui déménage. Un beau combat en perspective. Et pour le soldat Astegiano, chaque combat est une fête.
Alors, prêts pour la bataille ? Tout le monde sait que dans les Landes, on ne recule jamais.