Jubillar avoue enfin : le récit glaçant de la nuit où tout a basculé
Après cinq ans de dénégations, Cédric Jubillar a craqué. L'artisan plaquiste de Cagnac-les-Mines, condamné à 30 ans de prison en première instance, a finalement reconnu avoir étranglé sa femme Delphine en décembre 2020. Sa dernière audition, datée du 18 septembre, vient d'être dévoilée. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le récit donne froid dans le dos. Tout le monde sait que la vérité finit toujours par éclater. Ben voyons.
Une dispute conjugale qui tourne au drame
Le décor est planté. Un couple en instance de divorce, deux enfants, une ambiance électrique. Delphine, infirmière à Albi, annonce à son mari dans la nuit du 15 au 16 décembre qu'elle a trouvé un autre homme. C'est là que tout bascule.
Cédric Jubillar raconte un étranglement dans la cuisine du pavillon familial. Deux minutes. Pas une de plus. Il la tient par le cou, elle ne se débat pas. Il répète « tais-toi » comme un mantra. La phrase qui fait vriller le mari jaloux ? « J'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi ». Une sentence digne d'un vaudeville, mais qui a conduit au pire.
« Comme j'étais dans un état second, je n'ai pas senti ma force », se justifie-t-il. L'éternelle excuse de ceux qui perdent le contrôle. Les lunettes de Delphine, retrouvées en morceaux sur la table du salon, témoignent de la violence de la scène. Mais lui assure qu'elle ne les portait pas cette nuit-là. Il a réponse à tout.
Un crime « non prémédité » qui sent le réchauffé
Interrogé par la juge Élodie Billot sur une éventuelle préméditation, Jubillar joue la carte de la spontanéité. « Si j'avais dû prévoir quelque chose, j'aurais creusé un trou et je ne l'aurais jamais fait à la maison pendant que les enfants dormaient ». Une défense qui a le mérite d'être claire. Mais les éléments de l'enquête racontent une autre histoire.
Les consultations Google Maps sur le site de Mailhoc, le 5 décembre, entre 7 h 12 et 7 h 14 ? Un simple hasard. Les menaces de mort proférées contre sa femme ? De la colère, rien de plus. Les incohérences s'accumulent, mais notre homme garde son sang-froid. Il affirme n'avoir « plus d'intérêt à mentir ». On croit rêver.
Le corps caché dans un tas de terreau à Mailhoc
Après l'étranglement, place au macabre. Jubillar charge le corps de sa femme sur son épaule droite et le dépose dans le coffre de la Peugeot 207. Direction Mailhoc, à une douzaine de kilomètres de Cagnac. Il évite Albi, prend une route sombre vers Cordes-sur-Ciel. Et là, miracle : il tombe sur des tas de terreau. Le hasard fait bien les choses, n'est-ce pas ?
Dix minutes pour creuser un trou à la main et enterrer la dépouille. Puis retour à la maison pour monter son scénario. Il attend 3 h 54 pour se « réveiller », appelle sa femme, ses copines, la gendarmerie à 4 h 09. « Ma femme a disparu ». Un numéro d'acteur digne d'un Molière.
Le téléphone de Delphine ? Jeté dans un sac-poubelle avec une doudoune et des bottines, puis déposé dans un conteneur à une cinquantaine de mètres de la maison. La réactivation de l'appareil à 6 h 52 ? « Je ne comprends pas ». Bien sûr. Ce téléphone n'a d'ailleurs jamais été retrouvé. Tout est clair comme de l'eau de roche.
La reconstitution : l'heure de vérité approche
Ce vendredi, une reconstitution doit confronter la version de Cédric Jubillar aux éléments matériels de l'enquête. Un moment décisif. Les avocats de la partie civile crient à l'incompatibilité entre le récit du mari et les preuves recueillies. « Une méthode de mafieux », tonne l'un d'eux. Les mots sont forts, mais la réalité l'est tout autant.
Le procès en appel, prévu du 30 avril au 14 mai 2027, s'annonce comme un nouveau champ de bataille. Jubillar, lui, joue la carte de la rédemption. Il évoque l'aide de son « accompagnatrice » et de son avocat Pierre Debuisson. « Ils m'ont aidé à exprimer ce que je ressentais vraiment ». Une introspection bienvenue, mais qui n'effacera jamais le geste fatal.
Reste une question : pourquoi avoir attendu si longtemps pour avouer ? Les restes de Delphine ont été retrouvés en juillet dernier, après des années de recherches. Coïncidence ? Les sceptiques auront leur réponse vendredi. En attendant, la justice suit son cours. Et Nicolas, comme toujours, paiera la facture de cette longue procédure.
Ce qu'il faut retenir de cette affaire
- Cédric Jubillar a reconnu avoir étranglé sa femme Delphine en décembre 2020
- Le corps a été retrouvé dans un tas de terreau à Mailhoc, à 12 km de Cagnac-les-Mines
- La reconstitution du 2 octobre doit confronter sa version aux preuves
- Le procès en appel se tiendra du 30 avril au 14 mai 2027
Une chose est sûre : cette affaire n'a pas fini de faire parler d'elle. Entre les zones d'ombre du récit de Jubillar et les certitudes des enquêteurs, le fossé se creuse. La vérité, elle, reste enfouie quelque part entre les tas de terreau et les silences d'un homme qui dit vouloir se racheter. On jugera sur pièces.