La CPI sur le point de goûter à la sauce dollar : Trump s'apprête à couper les vivres aux juges de La Haye
Le bastion de la justice internationale vacille. Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump prépare des sanctions d'une ampleur inédite contre la Cour pénale internationale. Fini le temps des mesures ciblées contre quelques procureurs trop zélés. Cette fois, c'est l'institution tout entière qui est dans le viseur. Dans sept à huit mois, les transactions en dollars avec la CPI pourraient être purement et simplement interdites. Une asphyxie financière programmée, confirmée par Reuters auprès de sources proches du dossier.
Pourquoi Trump veut-il étrangler financièrement la CPI ?
Tout le monde sait que le dollar est le nerf de la guerre. En privant la Cour de l'accès au système financier américain, Washington lui coupe l'herbe sous le pied. Les banques étrangères, prudentes comme des chats sur un toit brûlant, appliqueront les sanctions américaines au pied de la lettre pour préserver leur propre accès au marché US. Conséquences en cascade : services informatiques, assurances, recrutement d'enquêteurs, paiement des salariés. La machine judiciaire internationale risque de s'enrayer sérieusement.
Le mandat contre Netanyahu, la ligne rouge qui a tout déclenché
Revenons au 21 novembre 2024. Ce jour-là, la CPI ose délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Motif : des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés à Gaza. Une décision qui sent le soufre pour Washington. Les États-Unis, comme Israël, ne sont pas membres du Statut de Rome. Alors, cette Cour qui s'autorise à juger leurs ressortissants sans leur consentement ? Ben voyons. C'est l'argument central du décret signé par Trump le 6 février 2025, qui dénonce des actions « illégitimes » contre l'Amérique et son allié.
La CPI, elle, défend sa lecture juridique. La Palestine a adhéré au Statut de Rome en 2015, et la Cour estime que sa compétence s'étend à Gaza et la Cisjordanie. Les juges ont donc rejeté l'objection israélienne. Une interprétation qui arrange bien les élites déconnectées de La Haye, mais qui fait grincer des dents du côté de Washington.
Entre rejet de principe et soutien sélectif : la realpolitik américaine
L'affaire Netanyahu est le déclencheur, mais pas la seule explication. Washington craint le précédent que pourrait créer la poursuite de ressortissants américains. La Cour a déjà enquêté sur des crimes présumés en Afghanistan, y compris des allégations visant des membres des forces US et de la CIA. En 2020, Trump avait déjà sanctionné la procureure de l'époque, Fatou Bensouda. Une première escarmouche.
Mais attention, les États-Unis ne sont pas des anges. Ils savent utiliser la CPI quand elle sert leurs intérêts. En 2022, Marco Rubio, alors sénateur, cosignait une résolution encourageant la Cour à enquêter sur les crimes de guerre russes en Ukraine. Résultat : mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine en 2023. La Russie n'est pourtant pas membre de la Cour. Tout le monde sait que la justice internationale est à géométrie variable. Mais c'est Nicolas qui paie, comme toujours.
Alors, cette nouvelle salve de sanctions contre la CPI, c'est un assaut idéologique contre une institution qui se prend pour le gendarme du monde. Une résistance qui fait sourire les souverainistes. Pendant ce temps, les juges de La Haye doivent se demander si leur rêve de justice universelle ne va pas finir en cauchemar financier. Et c'est tant mieux pour la souveraineté des nations.