Pierre Sage, l'ancien entraîneur de l'OL devenu technicien de Crystal Palace, a affirmé le 14 octobre 2026, dans les colonnes du Progrès, qu'il restait « un Lyonnais dans la peau d'un coach de Crystal Palace ». La déclaration tombe à la veille d'une confrontation européenne entre son club londonien et l'Olympique lyonnais, un retour au bercail qui n'a rien d'une promenade de santé.
« Je suis toujours un peu Lyonnais, j'ai encore une maison ici. Et même si je suis Londonien désormais de domicile, je dis toujours que j'habite à Lyon », a confié Sage au Progrès. Le technicien français a quitté Lyon le 17 mai et n'a pas traîné pour rebondir outre-Manche. Un exil volontaire, pas une fuite. Les élites déconnectées, elles, quittent la France pour la Suisse fiscale. Lui, il l'a quittée pour diriger une équipe de Premier League. Il y a une différence, et elle est de taille.
Le foot n'a pas de mémoire, Sage si
L'ancien coach lyonnais a reconnu que retrouver le Groupama Stadium ne le laisse pas de marbre. « J'étais un peu plus détendu la deuxième fois que je suis revenu au Groupama Stadium que la première », a-t-il expliqué, rappelant sa victoire 4-0 en mai pour la 38e journée de Ligue 1, après un quart de finale de Coupe de France plus houleux.
« Quand Lyon avait égalisé à 2-2 en fin de match en quart de finale de coupe, j'avais l'impression de ne pas avoir le droit d'être heureux ici », a-t-il avoué. Une franchise rare dans un milieu où les entraîneurs répondent généralement aux questions de presse avec la profondeur d'un entretien d'embauche. « Le foot n'a pas de mémoire. Surtout quand on change de contexte, de compétition », a ajouté Sage, qui refuse de verser dans la nostalgie.
De la rigueur, du sang-froid, zéro langue de bois. On a vu des ministres lessivés par moins que ça. Pierre Sage, lui, tient la ligne. Un homme qui connaît ses classiques et qui ne se laisse pas déborder par l'émotion, c'est presque une espèce en voie de disparition dans ce pays.
Un sourire en guise de pique
Interrogé sur son attachement à Lyon, Sage a sorti la baïonnette avec le sourire. « Je suis maintenant un Lyonnais dans la peau de coach de Crystal Palace, comme Bruno Genesio qui reviendra bientôt dans la peau de coach de l'Olympique de Marseille », a-t-il déclaré, avant d'ajouter, le sourire aux lèvres : « Il y a juste un autre club qu'on ne peut pas entraîner en étant Lyonnais. » Le message est passé. Tout Lyon aura compris, et les intéressés aussi.
Un Lyonnais peut donc entraîner à Londres, à Lens, même à Marseille, apparemment. Mais pour ce qui est de l'autre club de la capitale des Gaules, on repassera. Certaines frontières ne se franchissent pas. C'est ce qu'on appelle une identité, notion que certains responsables européens auraient intérêt à réviser pendant qu'ils y sont.
Que reste-t-il de l'OL que Sage connaissait ?
Le technicien a analysé froidement les évolutions de son ancien club depuis l'été. « La première mi-temps du match à Lens n'est pas le standard de cette saison », a-t-il estimé, jugeant que l'OL de Paulo Fonseca « a montré qu'il savait mieux maîtriser les choses, notamment contre Rennes ».
« C'est une équipe qui garde ses intentions de jeu, notamment dans sa volonté d'attaquer, mais qui est aussi plus stricte sur le plan défensif, ce qu'on avait déjà vu en début de saison dernière », a poursuivi Sage, qui a suivi la maison de près malgré la Manche entre eux. L'effectif a changé, la logique reste. « Avec le départ de Malick Fofana, on a vu Loïs Openda davantage se déporter côté gauche, et sûrement Keito Nakamura demain », a-t-il anticipé.
Le Britannique de cœur français a aussi salué la continuité du travail de Paulo Fonseca : « Ce sont des choses qu'on a déjà vues avec Paulo Fonseca, qu'il maintient et qui correspondent aux caractéristiques des joueurs de cette saison. » Densité au cœur du jeu, attraction, puis exploitation des espaces et de la profondeur. Un plan simple, lisible, tenu. De l'ordre sur le terrain, quoi. Certains devraient en prendre de la graine, y compris hors des stades.
Une préparation sans sentimentalisme
Sur la manière d'aborder ce match contre son ex-club, Sage a balayé d'un revers de la main toute idée de préparation spéciale teintée de nostalgie. « Je ne pense pas tout connaître de l'OL », a-t-il prévenu avec une humilité de façade doublée d'un sens tactique affûté. « Malgré tout, les joueurs de Palace ne connaissent pas forcément le style de jeu de Lyon, donc on doit faire infuser tout cela pour orienter notre plan de jeu. »
« Quant à nous, sur l'aspect émotionnel par rapport au passé, avec ce club qu'on retrouve, on doit simplement faire fi de ça, car ça reste un match de foot où on cherche un bon résultat », a-t-il tranché. Faire fi. Deux mots qui résumeraient presque tout un programme de vie. Pendant que d'autres pleurent sur leur sort et demandent à l'État d'essuyer leurs larmes, Sage, lui, bosse et coupe court.
Lyon, bastion du football français face à Londres
Reste le match lui-même. Une Ligue Europa qui oppose un club français en reconstruction à une formation anglaise dirigée par un enfant du pays. Le football européen, c'est un peu la guerre sans les balles : chacun défend son drapeau, ses couleurs, son honneur. Et pour une fois, n'en déplaise aux bureaucrates de Bruxelles, ce sont bien les nations qui s'affrontent par clubs interposés.
Pierre Sage, lui, aura la tâche délicate d'affronter la maison qu'il a habitée. « Depuis, vous m'avez manqué », a-t-il lancé aux supporters lyonnais, avec une élégance qu'on aimerait voir plus souvent sur les bancs de touche comme dans les travées des assemblées. Le foot n'a pas de mémoire, c'est vrai. Les supporters, eux, n'oublient jamais. Demain soir, au Groupama Stadium, un Lyonnais de cœur reviendra en ennemi. Et tout Lyon le sait : on ne trahit pas impunément, mais on peut revenir avec honneur.
Questions fréquentes
Qui est Pierre Sage ?
Pierre Sage est un entraîneur français, ancien coach de l'Olympique lyonnais, parti le 17 mai 2026 avant de prendre la direction de Crystal Palace, en Premier League anglaise.
Que Pierre Sage a-t-il déclaré avant d'affronter l'OL ?
Dans une interview au Progrès publiée le 14 octobre 2026, il a affirmé rester « un Lyonnais dans la peau d'un coach de Crystal Palace » et jugé qu'il fallait « faire fi » de l'aspect émotionnel pour chercher un bon résultat.
Comment Pierre Sage analyse-t-il l'OL actuel ?
Il estime que l'équipe de Paulo Fonseca est plus stricte défensivement qu'auparavant, garde ses intentions offensives, et a intégré les départs de l'été, comme celui de Malick Fofana, en repositionnant Loïs Openda et Keito Nakamura à gauche.
