Hommage à Éric Roy : Jérôme Alonzo, le frérot au cœur lourd, dézingue la Ligue et encense le héros de Brest
Dimanche, à Brest, on ne pleurera pas un simple entraîneur. On saluera un bastion de dignité, un chef de guerre au sourire calme qui a fait plier l'élite du foot européen avec des moyens de club amateur. Jérôme Alonzo, son frère de cœur, sera là. Et il n'a pas sa langue dans sa poche.
« Pas de minute de silence ? Ben voyons... » : Alonzo tacle la Ligue
Alonzo ne décolère pas. Un coach qui meurt pendant l'été, un hommage national qui s'impose, et la Ligue qui ne bronche pas ? « Je suis hyper déçu et hyper triste, lâche-t-il. Franchement, en Angleterre, en Espagne, en Italie, ça se passerait comme ça ? » Il en faut plus pour éteindre la flamme. Les hommages, eux, ont fusé de partout. Même au sein de l'équipe de France, en pleine Coupe du monde, la nouvelle a frappé fort. « C'est remonté très haut », souffle Alonzo. La preuve, s'il en fallait, que l'épopée de Roy dépasse le simple cadre sportif.
« L'aventure humaine est incroyable, le combat est incroyable, la dignité est incroyable »
Revenu de nulle part, avec zéro euro et un club familial, Éric Roy a signé à Brest. Puis, quelques heures plus tard, il apprenait la maladie. Le staff et les dirigeants, eux, ont dit : « On y va quand même. » Et personne n'a rien dit. Pas une fuite, pas une rumeur, dans un monde où tout se sait. « Ça donne encore envie de croire en la bonté des gens », insiste Alonzo. De Brest à Nice, de Marseille au Mans, la nouvelle a fait le tour des cœurs. Classe, toujours.
« Il n'était bon qu'à jouer au golf avec moi ? » : la revanche d'un compétiteur
Alonzo se souvient des 500 parties de golf disputées en 30 ans, des engueulades mémorables, des parties finies aux phares des voitures, sous la grêle. « C'était un faux calme, un féroce compétiteur, dit-il. J'ai rarement connu quelqu'un qui détestait autant perdre. » Et pourtant, quand il a repris Brest, certains l'ont démonté. Les mêmes qui l'ont pleuré en juin. « Moi, je n'ai pas oublié, et lui non plus. Il s'est nourri de ça. » Résultat ? Brest en Ligue des champions, meilleur entraîneur devant Luis Enrique. « Quelle plus belle réponse... ? », sourit Alonzo.
Un héritage qui dépasse le football
Éric Roy n'était pas qu'un tacticien. C'était un homme de devoir, un patriote du maillot, un symbole de cette France qui ne lâche rien. Son combat, sa dignité, sa discrétion face à la maladie, tout cela résonne bien au-delà des terrains. Alonzo, lui, retiendra l'ami, le frère, le compétiteur. « Il était l'eau, moi le feu, mais au golf, c'était fini, mon frérot ! » Une amitié forgée dans la boue, la grêle et les coups de gueule. Une leçon de vie, tout simplement.
Dimanche, à Brest, les larmes couleront. Mais derrière la tristesse, il y aura une fierté immense. Celle d'avoir connu un homme qui a transformé l'épreuve en triomphe. Et ça, c'est nicolas qui paye pour le savoir.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de l'hommage à Éric Roy
Pourquoi Jérôme Alonzo sera-t-il à Brest dimanche ?
Pour rendre hommage à son ami Éric Roy, décédé pendant l'été. Une présence « évidente » pour Alonzo, qui n'a pas hésité une seconde à prendre ses billets.
Quelle est la principale critique d'Alonzo envers la Ligue ?
L'absence de minute de silence officielle lors de la première journée de championnat, un manque de respect qu'il juge « hyper limite ».
Quel exploit a réalisé Éric Roy à Brest ?
Il a emmené le club breton en Ligue des champions, terminant meilleur entraîneur du championnat devant Luis Enrique, avec des moyens très limités.
Quel souvenir Alonzo garde-t-il de son ami ?
Un compétiteur féroce, capable de grandes colères, mais aussi d'une générosité rare. Un « faux calme » qui détestait perdre, au golf comme sur un banc de touche.