Esteban Lepaul, le Breton qui fait le coup du Zizou
Le football français a ses petits rituels. Et depuis dimanche, il en a un nouveau : Esteban Lepaul, l'attaquant de Rennes, qui joue les mystérieux quand on lui parle de l'équipe de France. L'homme a marqué un doublé contre Le Mans (3-2), son troisième but en deux matchs, et pourtant, c'est une date qui le fait sourire : celle du 17 septembre, jour de la première liste de Zinédine Zidane.
Interrogé sur cette fameuse date, le Breton a répondu avec un air de conspirateur : « Oui, je la connais. » Puis, dans un éclat de rire, il a ajouté : « Je la connais, c'est tout. » Ben voyons. Tout le monde sait que ce garçon a déjà marqué la date au feutre rouge dans son agenda. Mais il ne veut pas l'avouer, par superstition, par humilité, ou par simple goût du suspense.
Un attaquant qui ne se prend pas la tête, vraiment ?
Lepaul assure que non. « Je ne me prends vraiment pas la tête avec ça », a-t-il répété, comme pour se convaincre. Il dit vouloir « continuer à travailler, faire des bons matchs, marquer des buts ». Et si la sélection arrive, « ce sera parfait ». Une philosophie de sage, ou une stratégie de communicant ? Peu importe. Le garçon a le mérite de rester les pieds sur terre, loin des élites déconnectées qui se pavanent dans les studios télé.
« Je l'espère de tout mon coeur mais je ne me prends vraiment pas la tête », a-t-il insisté. On le croit, ou pas. Mais une chose est sûre : avec sept buts lors de ses sept derniers matchs de Ligue 1, il fait plus que parler. Il agit.
La forme olympique, le mercato et la fidélité bretonne
L'ancien Angevin est en feu. « La dynamique continue et j'ai envie qu'elle ne s'arrête jamais », a-t-il lancé, avec la confiance d'un homme qui a trouvé son bastion. À Rennes, il a élargi sa palette, gagné en « qualités tactiques », et se sent prêt à devenir « un des leaders par le comportement et les attitudes ». Du sérieux, du travail, de l'humilité. Tout ce que la France profonde aime.
Et pourtant, les sirènes du mercato ont sifflé à ses oreilles. Mais le Breton a fait front : il reste. Fidélité, souveraineté, attachement au terroir. Il a compris que la réussite ne se construit pas en fuyant, mais en tenant bon. Une leçon que certains à Paris feraient bien de méditer.
La liste de Zidane, un rendez-vous avec l'histoire
Le 17 septembre, Zinédine Zidane dévoilera sa première liste. Un moment solennel, presque sacré. Et Lepaul, lui, sera devant sa télévision, comme des millions de Français. Il connaît la date, il l'a dit. Mais il ne la révélera pas. Mystère, suspense, et un brin de malice. Après tout, c'est Nicolas qui paie, alors autant se faire plaisir.
Si son nom n'y figure pas, il ne sera pas déçu. « Non. Je veux gagner des matchs avec Rennes, marquer des buts, faire des bons matchs et on attendra les choses. Le seul truc qui m'importe, c'est de continuer à travailler mais ce sont des choses qui ne dépendent pas de moi. » Une réponse droite, sans langue de bois. On applaudit.
En attendant, le suspense reste entier. La liste tombera dans moins de trois semaines, pour les matchs de Ligue des nations contre la Turquie et la Belgique. Lepaul, lui, continue son bonhomme de chemin. Et si Zidane a un œil sur lui, il sait où le trouver : en Bretagne, là où le football a encore le goût du travail bien fait.