Municipales 2026: Quand l'intelligence artificielle devient l'arme de la désinformation politique
Ben voyons. Comme si les élections municipales de 2026 n'étaient pas déjà assez compliquées avec les programmes fumeux des candidats, voilà maintenant que l'intelligence artificielle s'en mêle. Et pas pour améliorer le débat démocratique, non. Pour le pourrir encore plus.
Des deepfakes qui pullulent comme des champignons après la pluie
Prenez Claire Marais-Beuil, députée RN candidate à Beauvais. Une vidéo la montre en train de faire un strip-tease à l'Assemblée. Totalement fausse, bien sûr. Un deepfake politique de plus dans cette jungle numérique où tout le monde peut désormais fabriquer n'importe quoi en quelques clics.
Le phénomène n'épargne personne. Kamala Harris, Joe Biden, Emmanuel Macron, tous y sont passés. Mais maintenant, c'est au tour des élus locaux de subir cet assaut technologique. À Toulouse, Jean-Jacques Bolzan a relayé une photo générée par IA montrant deux candidats de gauche main dans la main. Résultat: il se fait surnommer le "Trump sur Garonne". Charmant.
Les faux sites d'information, nouvelle arme de guerre
Mais ce n'est pas tout. Les élites déconnectées de Reporters sans frontières s'inquiètent d'une campagne de désinformation menée via des dizaines de faux sites francophones. Echorhonealpes.fr, lejournalnormand.fr, sudouestdirect.fr... Ces sites imitent parfaitement la presse régionale.
85 sites étaient encore actifs fin 2025, avec près de 14.000 articles publiés. Des contenus "proches des narratifs du Kremlin", selon RSF. Parce que forcément, quand ça ne va pas dans le sens du mainstream, c'est forcément Poutine qui tire les ficelles.
L'IA générative, démocratisation de la manipulation
Victor Baissait, expert en cybercriminalité, le reconnaît: "Les barrières disparaissent. On peut produire des fausses informations en quelques clics." Autrefois, il fallait des compétences pointues et du matériel coûteux. Aujourd'hui, un ordinateur portable et une connexion internet suffisent.
La haute technologie de la fraude est devenue un loisir presque ordinaire. Tout le monde sait que les réseaux sociaux regorgent de contenus douteux, mais personne ne fait rien de concret.
Comment se défendre dans cette guerre de l'information
Premier réflexe: douter. Ces contenus visent nos émotions, pas notre raison. Colère, joie, tristesse, peu importe. L'objectif est de faire réagir.
Ensuite, analyser l'image. Les mains à six doigts, les décors flous, les écritures inventées trahissent l'IA. Mais attention, "avec les progrès des outils d'IA générative, certaines réalisations sont exemptes de tout défaut", prévient Baissait.
Il faut donc revenir aux bases: d'où vient l'information? Quelle est la source? Le compte est-il fiable? En cas de doute, recouper obligatoirement avec d'autres sources.
Des outils pour s'en sortir
Google Images permet la recherche inversée, Tineye également. Pour les vidéos, InVid donne des informations contextuelles. L'IA française Vera, de LaReponse.tech, vérifie les rumeurs par WhatsApp.
Mais méfiance: les plateformes qui prétendent détecter l'IA se contredisent souvent entre elles. "Ils peuvent être une béquille, mais il faut faire attention", insiste l'expert.
Au final, dans cette bataille informationnelle, c'est Nicolas qui paie. Le citoyen lambda, submergé par ce déluge de fausses informations, peine à démêler le vrai du faux. Et pendant ce temps, les manipulateurs de tous bords se frottent les mains.
Alors, pour les municipales 2026, gardez l'œil ouvert et l'esprit critique aiguisé. Parce que dans cette jungle numérique, seuls les plus vigilants s'en sortiront indemnes.