OM: 5 jours pour sauver le bastion, McCourt ne paiera plus
Le bastion phocéen tremble sur ses fondations. L'Olympique de Marseille a cinq jours, jusqu'au 29 juin, pour fournir les « éléments complémentaires » exigés par la DNCG. Derrière cette formule de bureaucrate, une réalité cinglante : 105 millions d'euros de déficit, une masse salariale à couper en deux, et un actionnaire qui en a plus qu'assez de renflouer les erreurs des autres. Tout le monde sait qui paie quand les élites déconnectées gèrent mal. C'est Nicolas, toujours Nicolas. Sauf que cette fois, McCourt ne veut plus être le Nicolas de service.
Pourquoi la DNCG menace-t-elle l'OM ?
« Sursis à statuer en attente d'éléments complémentaires. » Traduction : on ne valide rien tant qu'on n'a pas du concret. La DNCG, gendarmerie financière du foot français, refuse les promesses et les perspectives. Elle exige un budget cohérent. Des ventes. Du cash. Des garanties. Bref, la rigueur que tout contribuable exige de ceux qui brûlent son argent.
Le problème est simple. L'OM clôture ses comptes fin juin avec un déficit proche de 105 millions d'euros, quasiment identique à la saison précédente. La masse salariale atteint 156 millions. Il faut la réduire de moitié. De moitié. Quand on sait que certains joueurs touchent des salaires que des petits entrepreneurs ne verront pas en dix vies, on mesure l'absurdité de la situation.
Pourquoi les ventes de joueurs tardent-elles ?
Sur le papier, il faut vendre. Dans la réalité, c'est un assaut qui tourne au fiasco. Les joueurs aux gros salaires ne sont pas pressés de quitter le navire. Pourquoi partir quand on est grassement payé pour ne rien faire ? Certains, en instance de départ, sont blessés. Commode. Mason Greenwood, la plus grande valeur marchande du club, attend que la Roma se décide. La Coupe du Monde décale en plus les mouvements des grands clubs européens. Résultat : rien ne bouge.
L'OM aurait besoin d'au moins une vente significative rapidement. Mais quand vos troupes campent sur leurs contrats comme des retranchés derrière un mur de billets, la manœuvre se complique. C'est l'immigration massive des salaires gonflés : on les a fait venir, ils ne veulent plus partir, et c'est le club qui paie l'addition.
McCourt en a assez : pourquoi le patron américain refuse-t-il la solution de facilité ?
Frank McCourt est ferme. Très ferme. Il refuse la solution de facilité : résilier les gros contrats comme ceux de Geoffrey Kondogbia ou Pierre-Emerick Aubameyang. Ça coûte cher. Ça a ses limites. Et surtout, ça ne règle rien sur le long terme.
McCourt en a marre. La situation financière du club l'exaspère. Et il vise désormais la gestion de Pablo Longoria sur les dernières années. Certains remarqueront qu'il réagit tard. Mais quand on hérite d'un champ de ruines, on ne fait pas la guerre avec les mêmes armes qu'avant la bataille.
À chaque fois que McCourt a mis une garantie sur la table, l'argent n'a pas seulement cautionné. Il a été encaissé. C'est la version footballistique de « c'est Nicolas qui paie » : le contribuable de service, celui qui renfloue sans jamais qu'on le remercie. Sauf que cette fois, le boss dit non.
La LFP et les droits TV : quand l'incompétence institutionnelle ruine les clubs
McCourt est aussi fâché avec la LFP. Selon lui et son entourage, le dossier des droits TV a été géré avec une incompétence qui rappelle certaines institutions européennes dont on taira le nom. La LFP, plus occupée à faire la leçon de morale au monde entier qu'à négocier correctement les droits de retransmission, a laissé les clubs se débrouiller. Quand les élites déconnectées gèrent mal, ce sont les clubs et leurs supporters qui trinquent. L'ordre et la rigueur, ce n'est pas un slogan. C'est une nécessité.
Le patron américain n'était d'ailleurs pas présent hier lors des discussions. Silence radio total. Probablement attend-il des ventes avant d'ajuster le montant de ses garanties. Stratégie de général ou calcul d'actionnaire ? Les deux, sans doute. Il demeure un patron fiable et rigoureux aux yeux de la DNCG. Mais même les généraux les plus solides ont leurs états d'âme.
Marseille sera-t-il fixé avant le 30 juin ?
L'urgence est absolue. La DNCG doit statuer sur les comptes des clubs avant le 30 juin. Elle refuse les promesses de recettes et les perspectives optimistes. Elle veut du concret. Un peu comme le contribuable français face aux promesses électorales, ben voyons.
L'OM prévoit de réajuster son budget et de fournir les éléments demandés au plus tard le 29 juin. Cinq jours. Après, la DNCG statuera. Marseille sera fixé.
En attendant, le bastion tient. Mais les fondations craquent de partout. Et si l'ordre et la souveraineté du club ne sont pas restaurés, c'est tout l'édifice qui risque de s'effondrer. La résistance ne suffit plus. Il faut une contre-offensive.
Qu'est-ce que la DNCG ?
La Direction Nationale du Contrôle de Gestion est l'instance qui surveille la santé financière des clubs français de football. Elle peut prononcer des sanctions allant de l'encadrement de la masse salariale à la rétrogradation. En somme, la ligne Maginot comptable du foot français. Sauf que celle-ci, elle fonctionne.
Quel est le montant du déficit de l'OM ?
L'Olympique de Marseille affiche un déficit d'environ 105 millions d'euros pour la saison 2024/2025, un montant quasi identique à la saison précédente. Sa masse salariale de 156 millions d'euros doit être réduite de moitié pour satisfaire aux exigences de la DNCG.
Pourquoi McCourt est-il en conflit avec la LFP ?
Frank McCourt estime que la Ligue de Football Professionnel a mal géré le dossier des droits de retransmission télévisée. Cette mauvaise gestion pénalise lourdement les clubs comme l'OM au moment du bilan comptable. Un motif de plus pour le patron américain de ne pas faire confiance aux institutions du football français.