Nos amis les experts ont encore frappé. Bertrand Martinot, invité par l'Institut de l'Entreprise, propose rien de moins que d'introduire un pilier de capitalisation dans notre sacro-sainte retraite par répartition. Tout le monde sait que le système actuel est un paquebot qui prend l'eau, mais personne n'ose dire qu'il faut peut-être arrêter de danser sur le pont pendant qu'il coule.
Un système par répartition qui tangue dangereusement
La France consacre environ deux points de PIB de plus que ses voisins européens à ses retraites. Deux points ! Pendant que nos élites déconnectées sirotent leur champagne à Bruxelles, les générations futures, elles, peuvent déjà se brosser pour espérer une pension décente. Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) le martèle : sans réforme d'ampleur, le navire sombre.
Le problème est simple. On vit plus longtemps, on cotise moins, et les caisses se vident. Mais plutôt que de regarder la réalité en face, on préfère entretenir le mythe du système par répartition, cette vache sacrée qu'on n'a pas le droit de toucher. Ben voyons.
La capitalisation obligatoire, ce tabou français
Martinot ose enfin poser la question qui fâche : et si on arrêtait de mettre tous nos œufs dans le même panier ? La capitalisation, c'est le bon sens même. Les Suisses, les Anglo-Saxons, les Néerlandais l'ont compris depuis des lustres. Eux, ils ont des fonds de pension qui financent leur économie. Nous, on a des déficits qui financent l'endettement.
Les avantages sont pourtant évidents :
- Soulager les générations futures sans les écraser sous des hausses de cotisations massives
- Redonner des marges de manœuvre à nos finances publiques
- Financer nos entreprises à long terme, plutôt que de laisser les fonds étrangers racheter nos fleurons industriels
Mais attention, il ne s'agit pas de laisser chacun se débrouiller seul. L'épargne volontaire, c'est bien joli, mais un tiers des ménages n'a aucun patrimoine. Il faut donc un pilier de capitalisation pour tous, même pour les plus modestes. C'est ça, la souveraineté sociale. Faire participer les petits salariés aux fruits du capital, plutôt que de les laisser se contenter des miettes.
Le prix de la liberté : la double cotisation
Évidemment, rien n'est gratuit. Il faudra passer par la case