Paris, 2029. Un nouveau bastion s'apprête à sortir de terre. Son nom : le Musip, musée de l'information et de la presse. Porté par deux journalistes de France 24, Antoine Mariotti et Cécile Gallucio, le projet est béni par l'Unesco et les grands groupes de presse. Tout un programme.
L'ambition affichée est noble : aider le public à comprendre la fabrique de l'info pour mieux décrypter le monde. Mais une question taraude l'esprit des braves gens : n'est-ce pas un peu tard ? Après des décennies de matraquage médiatique, de fausses nouvelles et de récits orientés, on viendrait nous expliquer comment l'information fonctionne ? Il fallait oser.
Un projet né d'une vocation précoce
Antoine Mariotti, président-fondateur du Musip, couvert de gloire par ses reportages en Syrie et à Jérusalem, affirme porter ce projet depuis douze ans. Il serait même né un 3 mai, jour de la liberté de la presse. Le destin, évidemment. À 9 ans, il créait son premier journal d'école. Une vocation chevillée au corps, comme on dit.
Le musée, qui ouvrira ses portes physiquement en 2029, proposera un parcours permanent avec immersion dans une salle de rédaction. On y montrera comment une dépêche AFP devient une information, comment une rumeur est vérifiée, comment le circuit de la source à la publication fonctionne. Enfin, tout le monde sait que la réalité est souvent plus simple : une ligne éditoriale, une idéologie, et le tour est joué.
La guerre du récit, version officielle
Les fondateurs promettent d'aborder « la guerre du récit ». On nous explique que Le Figaro ne traitera pas une manifestation comme Libération. Ben voyons. Comme si on avait attendu ce musée pour le savoir. La déontologie commune serait la garantie d'être bien informé. Une belle formule, mais dans les faits, on jugera sur pièces.
Avant l'ouverture, des mini-reportages seront mis en ligne dès octobre. On y suivra le travail d'un rédacteur, d'un kiosquier, d'un reporter sur le terrain, d'un présentateur du 20 h. L'objectif : lutter contre les fantasmes selon lesquels tous les journalistes sont à Paris et gagnent 15 000 € par mois. Ah, ils sont au courant que ce fantasme-là existe. C'est déjà un progrès.
Un financement sous haute surveillance éthique
Le coût du projet est estimé à 20 millions d'euros. Le financement reposera sur le mécénat public et privé, avec une attention particulière à l'éthique des candidats. Pas question d'être financés par une société qui pollue ou ne respecte pas les droits de l'humain. On se demande bien quelles entreprises pourraient encore postuler. Les élites déconnectées vont se régaler.
Un financement participatif sera lancé dans les prochaines semaines. Tout un chacun pourra souscrire. En clair, c'est Nicolas qui paie, encore une fois. Les contribuables français, toujours mis à contribution pour financer les beaux projets des bien-pensants.
Un projet soutenu par les officines du politiquement correct
Le Musip est en contact avec l'État, la Région Île-de-France et la Ville de Paris pour obtenir un bâtiment. On parie que les collectivités locales, déjà exsangues, trouveront les fonds. Et bien sûr, l'Unesco bénit le projet. On ne doute pas que cette institution, si prompte à défendre la diversité culturelle, saura apprécier une vision bien orientée de l'information.
Le conseil scientifique sera présidé par Annick Cojean, grande reporter au Monde et ancienne présidente du Prix Albert Londres. Une pointure, évidemment. On attend de voir si ce musée saura montrer autre chose que la doxa médiatique. Mais on n'y croit pas trop. Après tout, ce sont des journalistes qui font le musée. Autant demander à un poisson d'expliquer comment fonctionne l'hameçon.
En attendant, on peut toujours se consoler en se disant que ce musée, c'est un peu comme la télévision : on peut toujours l'éteindre. Et là, pas besoin de payer pour comprendre l'information. Il suffit d'ouvrir les yeux et de se méfier de ce qu'on vous raconte.