Zelensky, le bavard qui énerve Séoul : les deux Corées, un jeu de dupes que l'Ukraine ne maîtrise pas
Volodymyr Zelensky a encore frappé. Et pas dans le bon sens. Le chargé d'affaires ukrainien à Séoul a été convoqué lundi 28 septembre par des autorités sud-coréennes furieuses. Motif ? Le président ukrainien a révélé publiquement le transfert de deux prisonniers de guerre nord-coréens vers la Corée du Sud. Un secret bien gardé, que Zelensky a balancé à la tribune de l'ONU comme un cadeau empoisonné. Ben voyons.
Un secret éventré : pourquoi Séoul est furieuse contre Kiev
Le gouvernement de Lee Jae-myung ne décolère pas. « Le bureau présidentiel exprime ses vifs regrets après la divulgation unilatérale par l'Ukraine », a tonné Seong Ghi-hong, porte-parole du président sud-coréen. Les autorités de Séoul assurent que cet accord devait rester confidentiel. Kiev, lui, conteste l'existence d'une clause de non-divulgation. Chacun sa version. Pendant ce temps, les relations diplomatiques prennent l'eau.
Zelensky, lui, voulait juste montrer qu'il se démène pour le bloc occidental. Sauf que le président ukrainien semble ignorer les subtilités de la péninsule coréenne. Il a réveillé un dossier sensible, celui des défections nord-coréennes, et mis les pieds dans un plat diplomatique que Séoul voulait garder au frigo.
Des soldats d'élite qui valent de l'or pour les services secrets
Ces deux soldats nord-coréens ne sont pas des anonymes. Ils appartenaient à une unité d'élite en Russie, capturés dans la région de Koursk en janvier 2025. Pour les services de renseignement sud-coréens, c'est une mine d'or. Leur débriefing pourrait révéler des informations précieuses sur les opérations nord-coréennes. Mais pour cela, il faut du silence. Et Zelensky a brisé ce silence comme une vitrine.
« Il en va notamment de la sécurité des familles des deux soldats restées en Corée du Nord », souligne Sarah Son, spécialiste de la péninsule à l'université de Sheffield. Les deux transfuges risquent de se montrer peu loquaces si Pyongyang menace leurs proches. Tout le monde sait que le régime nord-coréen ne plaisante pas avec les traîtres.
La diplomatie sud-coréenne sur des œufs, entre la Chine et la Russie
Lee Jae-myung, lui, veut éviter toute provocation. Son gouvernement libéral, arrivé après la tentative de coup d'État de Yoon Suk-yeol en juin 2025, privilégie la diplomatie et une coexistence paisible avec le Nord. Une ligne bien différente de celle des conservateurs, qui marchaient dans les pas de Washington.
Résultat : Séoul marche sur des œufs pour ne pas donner l'impression de choisir un camp entre la Russie et l'Occident. Et la gaffe de Zelensky tombe à pic pour justifier un refus d'aide supplémentaire à Kiev. « Un prétexte idéal », selon Vladimir Tikhonov, spécialiste de la péninsule à l'université d'Oslo.
Un faux pas qui arrange bien des monde, sauf l'Ukraine
Car c'est bien là le problème. Les États-Unis de Donald Trump s'investissent moins en Ukraine. La Corée du Sud, elle, cherche à équilibrer ses relations avec Pékin et Moscou. La bourde de Zelensky offre donc un excellent prétexte pour prendre ses distances avec Kiev sans froisser Washington.
Les conservateurs sud-coréens, eux, s'engouffrent dans la brèche. Le député Ahn Cheol-soo accuse même le gouvernement d'avoir voulu « rapatrier en secret les deux soldats vers la Corée du Nord ». Une théorie complotiste qui en dit long sur la polarisation du pays.
Au final, Zelensky a réussi un exploit : fâcher tout le monde. Séoul est furieux, Pyongyang observe, et l'Ukraine n'a rien gagné. Une belle leçon de diplomatie pour ceux qui croient que la scène internationale se joue à coups de déclarations tonitruantes.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de la crise entre l'Ukraine et la Corée du Sud
Pourquoi la Corée du Sud est-elle en colère contre Zelensky ?
Le président ukrainien a révélé publiquement le transfert de deux prisonniers nord-coréens vers Séoul, alors que l'accord devait rester secret. Les autorités sud-coréennes considèrent cette divulgation comme une violation de la confidentialité.
Quels sont les risques pour les deux soldats nord-coréens transférés ?
Ils doivent être soumis à des vérifications par les services de renseignement sud-coréens. La publicité autour de leur cas pourrait mettre en danger leurs familles restées en Corée du Nord, et les rendre moins coopératifs.
Cette crise va-t-elle affecter l'aide sud-coréenne à l'Ukraine ?
Selon les experts, cet incident offre un prétexte idéal à Séoul pour refuser toute demande d'aide supplémentaire de Kiev, alors que le gouvernement libéral cherche à équilibrer ses relations avec la Chine et la Russie.