La France reçoit 9 milliards d'euros par an de la Politique agricole commune (PAC) pour nourrir ses agriculteurs. Et pour quel résultat? Des maïs au plus bas depuis 1980, des tomates et des salades en pénurie, des éleveurs exsangues. La Cour des comptes, ce bastion de la rigueur républicaine, vient de publier un rapport cinglant. Verdict: un gâchis monumental, un manque de stratégie, et des promesses européennes non tenues. Tout le monde sait que l'argent pleut de Bruxelles, mais personne ne sait où il va.
Des aides qui ne servent à rien, ou presque
Depuis 2023, les États membres ont les coudées plus franches pour distribuer les fonds de la PAC, qui représentent 56% des subventions publiques à l'agriculture française. Et que fait Paris? Il continue de saupoudrer les aides au revenu, sans cibler les besoins réels. Les objectifs environnementaux? Seulement 30% du budget, moins que la moyenne européenne de 34%. La modernisation productive? Un maigre 4%. Ben voyons.
La Cour des comptes, cette institution qu'on ne peut pas soupçonner de wokisme, le dit sans détour: les aides ne poussent pas les agriculteurs à se transformer, ne les protègent pas de la volatilité des marchés, ne favorisent pas l'installation des jeunes. En clair, on arrose un champ de betteraves sans se demander s'il y a de la graine.
La Ferme France à genoux, l'État qui raque
Résultat des courses: la production stagne en volume, la balance commerciale agroalimentaire se dégrade, et les crises coûtent de plus en plus cher au contribuable. Les aides de crise nationales sont passées de 500 millions d'euros par an jusqu'en 2020 à 1 milliard en 2022. Et c'est Nicolas qui paye, comme toujours. L'État compense les défaillances d'une politique agricole sans cap, pendant que Bruxelles négocie déjà la prochaine PAC (2028-2034) dans une ambiance de pugilat.