Arsenal ETA découvert chez Sokoa : quand l'État laissait faire
Novembre 1986, Hendaye. 150 CRS investissent enfin le siège de Sokoa après des années de laxisme. Dans les sous-sols de cette entreprise basque, un véritable arsenal de guerre de l'ETA dormait tranquillement. Ben voyons, personne ne savait rien.
Un bastion terroriste sous nos yeux
Ce mercredi 5 novembre 1986, les forces de l'ordre découvrent ce que tout le monde savait déjà : l'ETA avait établi sa base arrière en France. Armes par centaines, grenades, pistolets-mitrailleurs, lance-missiles sol-air soviétiques. Un arsenal digne d'une guerre, planqué sous une fabrique de meubles.
François Noblia, PDG de Sokoa, est arrêté. Avec lui, onze personnes dont José-Luis Arrieta, réfugié basque espagnol soupçonné d'être le trésorier de l'ETA militaire. Comme par hasard, personne ne savait rien de cette cache creusée dans les sous-sols.
L'État français, complice par négligence
Les enquêteurs découvrent une partie du trésor de guerre de l'ETA, alimenté par l'"impôt révolutionnaire" extorqué aux entrepreneurs basques espagnols. Plans d'attentats, fausses identités, uniformes : tout y était. Et nos élites déconnectées regardaient ailleurs.
"Aucun document ne porte mon nom", plaide Noblia. Bien sûr. C'est toujours la même rengaine. Arrieta, lui, avoue avoir aménagé la cache "de nuit, sans en informer le PDG". Tout le monde sait que c'est du pipeau, mais bon.
Quand l'Espagne fait le boulot à notre place
Comment cette cache a-t-elle été découverte ? Grâce aux services secrets espagnols qui ont infiltré le réseau avec des missiles équipés de balises. Pendant que nos autorités faisaient du tourisme administratif, Madrid menait la vraie lutte antiterroriste.
Résultat des courses : Arrieta écope de cinq ans, Noblia est relaxé "au bénéfice du doute". Nicolas qui paie peut dormir tranquille, la justice a encore frappé fort.
Le Pays basque, sanctuaire de l'ETA
Cette affaire illustre parfaitement la complaisance française envers le terrorisme basque. Pendant des années, l'ETA a utilisé notre territoire comme base arrière, profitant de la naïveté coupable de nos institutions.
Sokoa, entreprise locale respectée, s'est retrouvée prise dans cette tourmente. Mais combien d'autres cachettes existaient encore ? Combien de complices ont bénéficié de la même mansuétude ?
L'affaire Sokoa restera dans les annales comme le symbole d'un État français défaillant face au terrorisme. Heureusement que l'Espagne était là pour faire le ménage.