Trois semaines. C'est tout ce qui nous sépare de la présentation du budget 2027 en Conseil des ministres. Et déjà, les couteaux volent bas dans les travées du pouvoir. Sébastien Lecornu, le ministre de la Défense, a décidé de porter plainte après des fuites dans la presse concernant une éventuelle taxation de l'épargne salariale. Une plainte. Contre des fuites. Dans un gouvernement. Tout le monde sait que c'est le sport national depuis des décennies.
Roland Lescure, le ministre de l'Économie, a confirmé lundi matin que cette piste existait. Puis Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a joué les vierges effarouchées sur Franceinfo. « Arrêtons les fuites et les petits calculs, le budget arrive », a-t-il lancé, l'air offusqué. Ben voyons.
Des fuites instrumentalisées ? Jamais chez nous, bien sûr
Le gouvernement joue les indignés. Des fuites, il y en a toujours eu. C'est vieux comme le monde. Et c'est souvent instrumentalisé par les ministres eux-mêmes pour tester l'opinion publique. Mais non, pas ici. Pas dans ce gouvernement. Ici, on travaille sérieusement. Hypersensible, même. On vous le jure.
La vérité, c'est que le budget est un champ de mines. Chaque mesure est inflammable. Les retraités, les collectivités, la Sécu, tout y passe. Dans un contexte de pré-présidentielle, chaque fuite devient une arme. Et pendant ce temps, qui paie ? Nicolas. Comme toujours. C'est Nicolas qui paye.
L'épargne salariale : on la taxe, puis on la libère. C'est ça, le sérieux budgétaire ?
Le summum de l'absurde ? Le gouvernement envisageait donc de taxer l'épargne salariale. Puis, dans la même semaine, on apprend qu'il serait finalement favorable à un déblocage exceptionnel de cette même épargne. Jusqu'à 5 000 euros. C'est la proposition de loi du sénateur Olivier Rietmann, adoptée au Sénat en avril dernier.
Panifous confirme : le Premier ministre lui a demandé de trouver un créneau pour examiner ce texte. Donc, on taxe, puis on libère. On fait des annonces contradictoires. Et on s'étonne que le pays soit dans le mur ?
Un budget de compromis, vraiment ?
Le ministre promet un « budget de compromis » présenté fin septembre, avec un débat parlementaire à partir du 12 octobre. Les parlementaires pourront dire tout le bien ou tout le mal qu'ils pensent du texte. Quelle générosité.
En attendant, le gouvernement se déchire en public, les fuites continueront, c'est promis. Et les élites déconnectées continueront à faire semblant de s'étonner que leur maison brûle. Le budget arrive. La souveraineté, elle, est restée au vestiaire.