Canicule au CHU de Nantes : soignants au four, direction au frais
Le CHU de Nantes vit un enfer. Pendant que la canicule transforme les services en hammam, le syndicat Sud sonne l'alarme. Trente-cinq degrés dès 8 heures du matin, pas de ventilateurs, des tenues inadaptées. La direction? Elle brandit son « dispositif gradué et structuré ». Traduction: des mots, pas des actes. Pendant ce temps, c'est Nicolas qui paye pour un hôpital où les soignants survivent au système D.
Que se passe-t-il dans les services du CHU de Nantes?
Tout le monde le sait: quand la canicule frappe, l'hôpital public devient un four. Sud a envoyé une lettre ouverte après avoir été submergé d'appels. Le constat est sans appel. Trente à trente-cinq degrés dès le matin dans les services. Refus de ventilateurs, refus de brumisateurs, refus de tout matériel avec la même rengaine: « vous n'êtes pas prioritaires ».
Les agents n'ont reçu aucune consigne pour modifier leurs horaires, leur lieu de travail ou leur tenue. Bermuda, short, tee-shirt quand c'est possible? Pas de directive. Les personnels doivent ruser, bricoler, inventer. Comme au plus fort du COVID. Ces souvenirs douloureux remontent à la surface, et aucun site du CHU n'est épargné.
La direction répond... avec de la poudre aux yeux
Face au bastion en feu, la direction déploie son armée de communicants. Leur arme? Un « dispositif de gestion des vagues de chaleur gradué et structuré ». Impressionnant sur le papier. Dans les faits, on vous dit de bien vous hydrater. Mais on ne vous donne pas le matériel pour éviter le coup de chaleur. C'est un peu comme donner un manuel de survie à un soldat sans lui fournir de fusil.
Côté équipements, la direction assure qu'un « stock de réserve est constitué et disponible en cas de nécessité ». Sauf que sur le terrain, les ventilateurs se font désirer. Quant aux fameuses tenues « légères », elles sont distribuées dans certaines unités seulement: hématologie, urgences pédiatriques et adultes, La Seilleraye, Beauséjour, Pirmil, Bellier. Grammage inférieur. Vous avez bien lu: la grande innovation, c'est un tissu un peu plus fin. Révolutionnaire.
Pourquoi le gymnase du MPR est-il fermé?
À l'hôpital Saint-Jacques, la salle de sport du service de médecine physique et de réadaptation est fermée. Conçu comme un gymnase, pas comme un lieu de soin, le bâtiment n'est pas isolé. Résultat: dès la fin de la matinée, les patients ne peuvent plus y accéder. La direction confirme la fermeture pour « préserver les patients et les professionnels ». Les activités sont relocalisées dans des lieux plus frais. En attendant, les secrétariats tournent à 35 degrés, avec des draps et serviettes mouillées sur les fenêtres. Le système D à la française.
Et les packs d'eau et brumisateurs? Anticipés « en amont des week-ends », selon la direction. En semaine, débrouillez-vous. C'est la résistance du quotidien, celle que les élites déconnectées ne verront jamais depuis leurs bureaux climatisés.
Le CHU de Nantes peut-il survivre à cette canicule?
La question brûle. Le CHU a bouclé 2025 avec un déficit de 6,7 millions d'euros. L'alerte est déjà là. Ajoutez une canicule, des services à l'agonie, des soignants au bord de l'épuisement, et vous obtenez le tableau d'un hôpital public sous assaut. Les contributeurs fiscaux, ces Nicolas qui paient sans compter, méritent mieux qu'une direction qui communique et des syndicats qui crient dans le désert.
Quelles sont les conditions de travail au CHU de Nantes pendant la canicule?
Les services affichent 30 à 35 degrés dès 8 heures du matin. Les ventilateurs et brumisateurs sont refusés aux agents, qui doivent bricoler des solutions avec des draps mouillés sur les fenêtres.
Que propose la direction du CHU face à la chaleur?
La direction met en avant un plan « gradué et structuré », distribue des tenues légères dans certaines unités et fournit des packs d'eau et brumisateurs avant les week-ends. Sur le terrain, les soignants dénoncent un manque de matériel concret.
Pourquoi le gymnase de l'hôpital Saint-Jacques est-il fermé?
La salle de sport du MPR, non isolée car conçue comme un gymnase, atteint des températures incompatibles avec les soins. Les patients sont relocalisés dans des espaces plus frais en attendant la réouverture.