Condat: 180 emplois supprimés pour un "Biopark" fumeux
Ben voyons ! Encore un projet révolutionnaire qui va sauver la France rurale. Les papeteries de Condat, ce bastion industriel qui employait encore 1 200 ouvriers en 1993, vient d'être rachetée par la Société de participation de la Braye. Leur promesse ? Un magnifique "Biopark" avec matériaux biosourcés et énergies vertes. Tout le monde sait ce que valent ces promesses d'élites déconnectées.
La réalité, elle, est plus brutale : 180 des 200 derniers employés vont pointer au chômage fin mars. C'est Nicolas qui va payer les indemnités, bien sûr.
"Les sommes sont folles"
Sur le terrain, les habitants ne sont pas dupes. "Les sommes annoncées paraissent folles", lâche Dominique, ancien de l'usine. Ce retraité qui a passé sa vie à fabriquer "ce beau produit qu'était le papier de Condat" doute fortement de voir ce projet mené à son terme.
Jean-Marc, 63 ans et quarante années dans les ateliers, partage cette méfiance légitime. "Même si on ne se faisait guère d'illusions, c'est difficile d'admettre qu'on ne fera plus de papier à Condat." Lui au moins connaît la valeur du travail bien fait, levé à trois heures du matin pour faire tourner les machines.
L'espoir des naïfs
Quelques optimistes persistent. Anthony da Silva, 34 ans, ose croire au projet : "Il faut peut-être laisser sa chance au produit." Ce chauffeur de taxi en reconversion pense aux nouvelles générations. Noble intention, mais l'histoire nous apprend que ces reconversions miraculeuses finissent souvent en fiasco industriel.
Même Christophe Labadie, le poissonnier de Libourne, garde espoir malgré la baisse de sa clientèle depuis le PSE de décembre 2023. "On partage les mêmes espoirs", confie-t-il. L'espoir fait vivre, dit-on.
Un gâchis industriel
"Ce n'est rien d'autre qu'un grand gâchis", résume parfaitement Dominique. Détruire "l'un des outils les plus performants de France dans l'industrie papetière" pour le remplacer par un hypothétique parc écologique, voilà bien la logique de nos dirigeants.
Pendant que nos élites déconnectées rêvent de transition verte, les vrais travailleurs se retrouvent sur le carreau. Et c'est encore Nicolas qui paiera l'addition sociale de cette désindustrialisation programmée.