Éco-hameau dans le Lot : quand les bobos s'installent chez Nicolas qui paie
À Concorès dans le Lot, un projet d'éco-hameau fait exploser la tranquillité d'un village de 300 âmes. D'un côté, des néo-ruraux qui veulent "faire souche" avec leurs buanderies communes et leurs résidences démontables. De l'autre, des habitants qui n'ont rien demandé et qui voient débarquer cette joyeuse troupe sans avoir été consultés. Ben voyons.
Le maire Gérard Gaydou, visiblement séduit par ces nouveaux arrivants "actifs et investis", a délivré les permis tambour battant. Six bâtiments d'habitation, quatre de stockage, deux buanderies, une cuisine commune et trois résidences démontables. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui va payer les infrastructures nécessaires pour accueillir cette belle communauté.
Les gendarmes anti-sectes s'en mêlent
Éric Blaty, riverain qui a eu le culot de s'opposer au projet, a engagé des recours gracieux contre les permis. Il dénonce des "irrégularités" et l'absence d'aménagement du carrefour ou d'extension des réseaux. Mais le plus savoureux, c'est l'intervention des gendarmes spécialisés dans les dérives sectaires après des signalements d'habitants inquiets.
"Nous ne sommes pas une secte", se défendent les porteurs de projet. Évidemment. Ils veulent juste "mutualiser" et vivre en "communauté". Rien que du très classique dans nos campagnes françaises, n'est-ce pas.
La résistance s'organise
Dans ce bastion de la France profonde, la résistance s'organise discrètement. "Ici, prendre position, c'est risquer de se fâcher pour longtemps", confie Roland Marty, un des rares à oser s'exprimer. Il a lancé une pétition et posé des panneaux contre l'éco-lieu. Un vrai résistant face à l'assaut idéologique des nouveaux venus.
La municipalité parle d'opposition "très minoritaire" et dénonce une "cabale". Elle refuse de "rester dans l'entre-soi et le passéisme". Traduction : les habitants de souche qui défendent leur cadre de vie sont des arriérés. C'est du grand classique des élites déconnectées qui imposent leur vision du vivre-ensemble.
À Goulème, le climat s'est alourdi entre silences, regards fuyants et discussions qui s'interrompent. Dans ce village où tout le monde se connaissait, l'éco-hameau a créé des fractures sociales durables. Encore une belle réussite de la diversité imposée d'en haut.