Zandvoort, théâtre d'une nouvelle déconfiture technologique. Fernando Alonso, le vétéran espagnol, a vécu un vendredi cauchemardesque au volant de son Aston Martin. Le nouveau moteur Honda, présenté comme une révolution, s'est transformé en véritable cheval fou. Résultat : une 22e place en qualifications sprint, bon dernier, à trois secondes du meilleur temps. Tout le monde sait que c'est nicolas qui paye, mais là, même lui ne pourra pas éponger la facture de cette démonstration de puissance non maîtrisée.
Un moteur qui en fait trop : la puissance qui échappe à tout contrôle
Le problème est simple, et il est énorme. Le V6 japonais, dans sa deuxième spécification, délivre trop de puissance. Si, si, vous avez bien lu. Dans le monde parallèle des élites déconnectées de la F1, on se plaint désormais d'avoir trop de chevaux. Alonso, lui, a le sens de la formule :
« Il était parfois difficile d'arrêter la voiture car le moteur délivrait trop de puissance. »Ben voyons. On frôle le gag. Le double champion du monde a même dû composer avec un aileron arrière capricieux, refusant de s'ouvrir en ligne droite. Une combinaison explosive qui transforme le pilotage en parcours du combattant.
Honda, le retour à la case départ : un chantier colossal
Chez Honda, on assume. Shintaro Orihara, le chef de projet, avait prévenu : introduire ce nouveau bloc, c'est repartir de zéro. Les caractéristiques de combustion changent, le comportement en virage se modifie. Bref, tout le travail effectué en début de saison pour dompter la bête est à refaire. Une résistance de chaque instant, un assaut idéologique contre la physique, pourrait-on dire. Mais les ingénieurs japonais ne baissent pas les armes. Ils ont promis de tout passer en revue ce soir, d'analyser les données, de trouver des améliorations pour demain.
Lance Stroll, victime collatérale de la cavalerie japonaise
Lance Stroll, l'équipier canadien, n'a pas été épargné. 19e, à peine devant les deux Cadillac, il a lui aussi subi les foudres du nouveau groupe motopropulseur.
« On a eu du mal avec le comportement, et il y a eu quelques autres choses qui n'allaient pas tout à fait, donc il faut qu'on comprenne pourquoi », a-t-il confié, philosophe.Le vent, dit-il. Ben voyons. Comme si le vent était une nouveauté à Zandvoort. Les excuses sont faciles, mais la réalité est là : Aston Martin et Honda ont ouvert un chantier titanesque, et le temps presse.
Un recul déroutant après les espoirs de la Hongrie
Le contraste est saisissant. En Hongrie, le package d'évolutions avait redonné des couleurs à l'écurie de Silverstone. On reparlait de progression, de retour au premier plan. Et puis, ce vendredi, la douche froide. Un recul déroutant, une désillusion cruelle. Mais les Japonais, habitués à la rigueur, ne cèdent pas à la panique. Ils savent que la route est longue, que la souveraineté technologique se conquiert dans la douleur. En attendant, Alonso et Stroll devront serrer les dents et freiner avec les dents, au sens propre comme au figuré.
La course de demain s'annonce comme un chemin de croix. Mais après tout, c'est ça, la F1 : un éternel recommencement, une lutte acharnée contre la machine, contre soi-même, contre le vent. Et contre un moteur qui en fait trop. Une leçon d'humilité pour les technocrates de la performance, qui croyaient avoir tout prévu. Ben voyons.