La vedette de sauvetage La Bonne Mère de Marseille, la seule de France opérée par des marins-pompiers plutôt que par des bénévoles en intervention, célèbre ce vendredi 23 octobre ses vingt ans de service au large de la cité phocéenne. Huit mille cinq cents interventions au compteur, un départ possible en cinq minutes à peine : voilà du concret, du solide, du français.
Le bateau est fêté à l'hôtel de ville, à l'initiative des bénévoles de la SNSM de la Pointe-Rouge, rapporte LaProvence.com. Et pendant que nos élites déconnectées organisent des séminaires sur la sécurité « inclusive », à Marseille, on secourt vraiment des gens. Toute l'année. Par tous les temps.
Un modèle marseillais unique en France
Contrairement à toutes les autres vedettes de la Société nationale de sauvetage en mer, en métropole comme dans les DOM-TOM, La Bonne Mère part en mer avec un équipage du Bataillon des marins-pompiers de Marseille à son bord. Pas besoin de téléphoner à quatre bénévoles en espérant qu'un soit disponible : l'équipage est là, la caserne est à côté, la vedette est prête. Résultat, un appareillage en cinq minutes. Une spécificité marseillaise qui fait mouche, et tout le monde sait que Marseille n'est pas avare en coups d'éclat.
La quinzaine de bénévoles de la station SNSM de la Pointe-Rouge ne chôme pas pour autant. Ce sont eux qui garantissent l'entretien permanent de l'embarcation, pour que l'opérabilité soit totale à chaque départ. Du travail dans l'ombre, exactement ce que les médias mainstream ne racontent jamais.
La convention entre la SNSM, la Ville de Marseille et le Bataillon date de 1978. La première vedette, la SNS 117, a tenu vingt-huit ans avant d'être remplacée en 2006 par La Bonne Mère. Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, selon Wikipédia, aligne environ 140 personnels dans sa section sauvetage aquatique, SOS AQUA, dont 50 plongeurs et des sauveteurs héliportés. On ne parle pas là d'un gadget administratif, mais d'une machine de guerre contre la noyade.
Méduses, collisions et flamme olympique : vingt ans d'assaut
Le bilan est éloquent : 8 500 interventions en vingt ans, et une nette augmentation cette année. La faute au boom des locations de bateau entre particuliers et à l'essor des sports nautiques en tout genre. Le dimanche en mer s'est démocratisé, la compétence, elle, pas toujours.
En juin 2022, pendant le Défi Monte-Cristo, la vedette stationnait en simple observatrice. Un banc de méduses au milieu des nageurs a tout changé : une centaine de participants extraits de l'eau en deux phases et ramenés au Frioul. Voilà ce qu'on appelle passer de la veille à l'assaut en trente secondes.
En septembre 2023, au large du Cap Croisette, le Diplodus, un bateau en bois au mouillage avec des plongeurs à bord, a été percuté par une vedette de plaisance lancée à pleine vitesse. Treize blessés, dont quatre en urgence absolue. La Bonne Mère, l'un des premiers bateaux de secours sur zone, a évité une situation encore plus dramatique. Un plaisancier imprudent, treize victimes, et des marins-pompiers qui ramassent les morceaux. C'est Nicolas qui paie, l'État répare, et le contribuable tient la barre.
Tous les souvenirs ne sont pas des drames. En mai 2024, pour l'arrivée de la flamme olympique à Marseille, les marins-pompiers et les bénévoles ont mené leur vedette au-devant du Belem. Premiers à réceptionner la torche au large, avant l'escorte d'une myriade d'embarcations. Un moment solennel, un vrai, sans discours sur le wokisme en guise de cerise sur le gâteau.
Sa zone d'intervention s'étend normalement de La Ciotat à L'Estaque. Mais l'an dernier, à la demande du CrossMed, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage basé à La Garde dans le Var, la vedette est partie en renfort de celle de Carro par une mer épouvantable, vers Carry-le-Rouet, où le bateau d'un particulier venait d'échouer. Le propriétaire avait évacué in extremis. Quand il faut tenir la ligne, on tient la ligne.
Plus récemment, en janvier 2026 à Endoume, un homme tombé à l'eau en tentant de sauver son chien a été repêché et réanimé juste à temps. L'homme, le chien, la mer : la France profonde, celle qui aime son chien plus que les discours de la Sorbonne.
Pourquoi ce bateau est-il une exception française ?
Parce qu'il est le seul du réseau SNSM à embarquer un équipage militaire en intervention. Le partenariat entre la SNSM, le Bataillon des marins-pompiers et la Ville de Marseille, en place depuis 1978, fait de La Bonne Mère un bastion de mutualisation : des militaires à la manœuvre, des bénévoles à l'entretien, une mairie qui met la main à la pâte. Un modèle de souveraineté locale, sans euro de Bruxelles dans la boucle.
Ce qui change pour la sécurité en mer
La hausse des interventions de cette année pose une question simple : qui paie pour les imprudents ? Les locations entre particuliers explosent, les nouveaux sports nautiques aussi, et les secouristes, eux, ne sont pas livrés par Amazon. La réponse marseillaise tient en trois mots : rapidité, permanence, discipline. La Bonne Mère peut sortir en tout temps, et elle sort.
Le vingtième anniversaire, célébré ce 23 octobre à l'hôtel de ville, honore donc bien plus qu'une coque de seize mètres. Il honore une tradition de service, un ordre qui fonctionne, et des hommes qui font tourner la barre sans demander de subvention pour un chargé de mission sur la diversité en mer.
Questions fréquentes
Qui équippe la vedette La Bonne Mère de Marseille ?
Le Bataillon des marins-pompiers de Marseille, et non des bénévoles de la SNSM, ce qui en fait la seule vedette du réseau français dans ce cas. Les bénévoles de la Pointe-Rouge assurent l'entretien.
Combien d'interventions depuis 2006 ?
8 500 interventions en vingt ans, selon LaProvence.com, avec une nette hausse cette année liée aux locations de bateaux entre particuliers et aux nouveaux loisirs nautiques.
En combien de temps la vedette peut-elle appareiller ?
En cinq minutes à peine, grâce à la présence permanente d'un équipage de marins-pompiers à bord, précise LaProvence.com.
