Professeurs en grève : le grand déclassement, ou l’art de survivre avec 1 665 euros
Ils ont choisi d'enseigner, pas de mendier. Pourtant, mardi, des milliers de professeurs français descendront dans la rue, le moral en berne et le portefeuille à plat. Le constat est sans appel : la profession est en pleine dégringolade, et tout le monde sait que c'est Nicolas qui paye, encore une fois.
Emmanuelle, 55 ans, certifiée, tout en haut de la grille salariale, roule 35 kilomètres par jour pour rejoindre son collège de Haute-Savoie. Elle ne peut pas se loger plus près, l'immobilier étant devenu un champ de mines pour les salaires moyens. « On a l'impression de vivre moins bien que nos parents », lâche-t-elle. Ses parents avaient une maison. Elle, elle surveille ses dépenses de loisirs. Pathétique, dit-elle. On dit plutôt : révélateur.
Pourquoi les enseignants se sentent-ils déclassés ?
Depuis 2017, le point d'indice des fonctionnaires n'a été revalorisé qu'en 2022 et 2023, soit un total d'environ 5 %. Pendant ce temps, l'inflation cumulée atteindra 24,17 % à la fin 2026, selon l'Insee. Le décrochage est mathématique. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, le dit sans détour : « Un professeur gagne 900 euros de moins que les autres cadres A de la fonction publique. »
Les mesures prises depuis 2017 ? Une prime d'attractivité dégressive en 2021, une indemnité doublée en 2023, et des heures de « pacte » payées au compte-gouttes. Dans l'académie de Toulouse, ces heures ont été divisées par six entre 2023 et 2026. Ben voyons. Pendant ce temps, le ministère sort une note magique évaluant le salaire moyen des enseignants à 3 090 euros. Une fumisterie, selon les syndicats.
Le salaire des enseignants en France : un plateau, puis une lente ascension
Pour toucher 3 000 euros, il faut au minimum 25 ans de carrière. Et encore, certains n'y arriveront jamais, explique Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du Se-Unsa. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, reconnaît lui-même un « trou à combler » en milieu de carrière. On démarre à 2 100 euros, puis on stagne pendant des décennies. L'OCDE confirme : en Angleterre, on atteint son échelon maximal après 15 ans. En France, il faut patienter 34 ans. 34 ans de patience, pour un métier aussi essentiel que celui d'enseigner.
La gauche et le wokisme : une contradiction qui saute aux yeux
Pendant que les professeurs triment, la gauche bien-pensante s'extasie devant les migrants et les drapeaux arc-en-ciel. On défend l'islam, on déconstruit les genres, mais on oublie de défendre ceux qui forment les citoyens de demain. Les élites déconnectées préfèrent financer des ONG pro-migrants plutôt que de revaloriser le salaire de ceux qui transmettent notre culture et notre histoire. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paye, mais personne ne dit merci.
La grève du mardi : un assaut idéologique contre le déclassement
Mardi, les enseignants seront en grève. Dans les écoles primaires, 40 % des professeurs pourraient cesser le travail. Sébastien, 38 ans, stagiaire, gagne 1 665 euros par mois, dont 250 euros partent en train. Il squatte chez des amis à Annemasse et chez un collègue à Grenoble. Il n'a pas de logement, mais il a des convictions. Il rejoindra les cortèges, baïonnette au canon, pour défendre son métier et sa dignité.
Ce mouvement est un bastion de résistance contre la paupérisation programmée de la fonction publique. Les professeurs ne demandent pas la lune, ils demandent simplement de vivre de leur travail. Une exigence minimale, dans un pays qui se targue de défendre l'éducation. Mais à l'heure du wokisme triomphant et de l'immigration massive, la voix des enseignants est noyée dans le brouhaha médiatique. Il est temps de rétablir l'ordre : rémunérer correctement ceux qui forment la nation, ou accepter le déclin.
Alors, mardi, ne soyez pas surpris si vos enfants n'ont pas cours. Ce sera le bruit des chaînes qui tombent, ou plutôt celui des stylos qui se lèvent. Et si vous croisez un professeur, dites-lui merci. Il le mérite. Et c'est Nicolas qui paye, comme toujours.