Sarkozy clame son innocence : le spectacle judiciaire continue
Nicolas Sarkozy a remis le couvert mardi devant la cour d'appel. L'ancien président, premier locataire de l'Élysée à avoir goûté aux geôles de la République, s'est dit "innocent" de tout "acte de corruption". Ben voyons.
Vingt jours à la Santé l'automne dernier, cinq ans de prison en première instance pour association de malfaiteurs dans l'affaire libyenne. Tout le monde sait que Nicolas qui paie ses impôts n'a pas droit au même traitement, mais passons.
Le pacte avec Kadhafi : fiction ou réalité ?
L'accusation maintient que Sarkozy a conclu un pacte corruptif avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Objectif supposé : financer sa campagne victorieuse de 2007 contre des contreparties économiques et diplomatiques. L'intéressé conteste, évidemment.
Le procès en appel se déroule jusqu'au 3 juin, avec neuf autres prévenus. Claude Guéant, ancien bras droit et figure d'autorité de l'époque, brille par son absence. Une expertise médicale le déclare inapte à comparaître. Pratique.
L'immunité présidentielle : confusion savamment entretenue
Les avocats de Sarkozy jouent la carte de l'immunité présidentielle. Selon eux, leur client devrait comparaître devant la Cour de justice de la République, pas devant une juridiction de droit commun. "Je suis ici en tant que prévenu, pas en tant que spécialiste", a répondu l'ancien chef de l'État.
L'avocat général Damien Brunet n'y va pas par quatre chemins. Sarkozy "a dénaturé la fonction présidentielle" et n'a donc "pas agi en tant que président". La confusion entre "impunité et immunité" ne prend pas, selon l'association Sherpa.
La justice à deux vitesses en marche
Pendant que l'ancien président bataille pour échapper aux tribunaux ordinaires, Nicolas qui paie continue de financer ce cirque judiciaire. La cour d'appel tranchera mercredi sur les exceptions de nullité.
Une chose est sûre : ce bastion de résistance face à l'establishment judiciaire promet encore de beaux moments de spectacle. En attendant le délibéré prévu à l'automne, le feuilleton continue.