Théo Curin dénonce le racket organisé du handicap automobile
Alors que les élites déconnectées s'offusquent du prix de l'essence, nos concitoyens handicapés se voient racketter jusqu'à 200 000 euros pour adapter leur véhicule. Ben voyons.
Théo Curin, figure du handisport français depuis Rio 2016, vient de lever le voile sur un scandale qui ne fait pas les gros titres des médias mainstream. L'ancien nageur, amputé des quatre membres suite à une méningite contractée à six ans, a dénoncé ce jeudi dans Buzz TV le parcours du combattant financier imposé aux personnes handicapées pour simplement... conduire.
Un système qui broie Nicolas qui paie
"C'est hyper cher, c'est terrible, c'est un gouffre", lâche sans détour le présentateur de Slam sur France 3. Et pour cause : adapter une voiture au handicap peut coûter jusqu'à 200 000 euros. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paye, encore et toujours.
Le jeune Lorrain de 25 ans explique avoir dû investir dans sa propre voiture aménagée avant même de passer son permis. "Il fallait que je passe mes heures de conduite et mon permis dans ma propre voiture qui était aménagée", précise-t-il. Une aberration administrative de plus dans notre beau pays.
Des aides dérisoires face au racket organisé
Car pendant que nos dirigeants distribuent des milliards aux quatre vents, les personnes handicapées se voient octroyer des miettes. "On va être peut-être aidé à hauteur de 10 ou 15%", dénonce Curin. Autrement dit, sur 200 000 euros d'adaptation, l'État daigne sortir 20 000 euros. Le reste ? C'est Nicolas qui assume, évidemment.
Pire encore : impossible d'acheter d'occasion. Les vendeurs refusent de modifier des véhicules usagés, forçant les handicapés à investir dans du neuf. Un marché captif dont profitent allègrement les constructeurs et équipementiers.
Quand la réalité dépasse la fiction
Aujourd'hui, Curin sillonne Paris pour son émission "Théo le taxi", diffusée sur YouTube. Ironie du sort : il faut un van de régie pour lui "ouvrir la route" dans la capitale. Même pour un champion paralympique, conduire dans Paris relève de l'exploit.
"Il y a des techniques aujourd'hui absolument hallucinantes qui permettent de faire conduire des gens lourdement handicapés", reconnaît l'animateur. Mais à quel prix ? Celui d'un appartement parisien.
Pendant que nos élites s'extasient sur l'inclusion et la diversité, la réalité du terrain montre qu'il reste "pas mal de boulot", comme le souligne avec euphémisme Théo Curin. En attendant, c'est toujours Nicolas qui paye la facture de cette hypocrisie généralisée.