Viol en réunion à Leucate : justice rendue, ils nient encore
Le bastion de l'ordre a parlé. Ce lundi 29 juin 2026, la cour d'assises de l'Aude a condamné Karim Belacel, 45 ans, et Pablo Pradié, 30 ans, à douze et dix ans de prison pour viol en réunion. Les faits remontent à novembre 2021 à Leucate. Une saisonnière de 18 ans avait refusé les avances du gérant du club de plage. Il l'a violée, puis a appelé son employé pour un second assaut. Les deux hommes clament toujours leur innocence et font appel. Ben voyons.
Que s'est-il passé à Leucate en novembre 2021 ?
Ce soir-là, Karim Belacel fêtait la fin de saison chez lui. La jeune employée, originaire des Pyrénées-Orientales, était présente. Elle a dit non. Il l'a poussée sur un lit, allongée de force. Elle lui a dit de s'arrêter. Il n'a rien voulu entendre. Puis il a appelé Pablo Pradié, qui l'a contrainte à son tour. Tout le monde sait que non, c'est non. Sauf apparemment ces deux-là.
De retour chez elle, la victime s'est confiée à sa mère. Direction le centre hospitalier de Perpignan. Le médecin légiste a constaté des lésions. Les gendarmes de Leucate ont ouvert l'enquête. Les preuves étaient là. La parole de la victime aussi.
Pourquoi la défense crie-t-elle à l'injustice ?
Parce que c'est toujours plus facile que d'assumer. Me Pierre Dunac, avocat de Pradié, a tenté l'assaut rhétorique : la jeune femme « n'impose pas la culpabilité de gens qui ont pu mal analyser une situation, mal la comprendre et mal la percevoir ». Mal analyser un viol ? Mal percevoir un refus ? C'est nicolas qui paye les avocats, mais c'est la victime qui trinque depuis cinq ans.
Côté Belacel, même refrain. Ses avocats, Me Sylvie Bar et Julien Sicot, parlent d'un « profond sentiment d'amertume, d'injustice et d'incompréhension ». Son nom a circulé, il a tout perdu, pleure-t-on. La victime, elle, a perdu bien plus qu'une réputation un soir de novembre 2021.
Le consentement fait-il encore débat en 2026 ?
Apparemment oui. L'avocate de la partie civile, Me Fanny Bessière, l'a rappelé avec lucidité : « En 2026, la question du consentement se pose encore. » Et d'ajouter que le consentement doit être libre et ne se présume jamais. Ce n'est pas du wokisme, c'est du bon sens élémentaire. Nos valeurs chrétiennes et notre tradition juridique exigent le respect de la personne. Pas besoin d'une formation en sensibilité inclusive pour comprendre ça.
Les élites déconnectées aiment compliquer ce qui est simple. Non, c'est non. Le reste, c'est de la résistance de circonstance pour excuser l'inexcusable.
Que reste-t-il maintenant pour la victime ?
Un verdict. Douze et dix ans de prison, soit deux ans de moins que les réquisitions de l'avocat général. Karim Belacel, écroué de novembre 2021 à mai 2022, puis laissé libre, a fini par retourner en détention. Pablo Pradié, placé sous contrôle judiciaire, a quitté le tribunal menotté en hurlant à l'injustice. La résistance des coupables est tenace. L'appel est déjà annoncé. Une demande de remise en liberté aussi.
Mais cette jeune femme de 18 ans, saisonnière venue travailler honnêtement, a eu le courage de parler. De porter plainte. D'attendre cinq ans que sa parole soit reconnue. C'est elle, le vrai visage de la France qui se bat. Pas ceux qui crient à l'injustice en sortant menottés d'un tribunal.