Marée noire à Oman : la « flotte fantôme » russe souille un paradis de biodiversité
Le pétrole a fini par gagner la terre ferme. L'autorité environnementale omanaise a confirmé, mercredi 12 août, que les fuites du pétrolier échoué près de l'archipel d'al-Hallaniyat ont atteint les plages de Ras Madrakah. Un paradis de biodiversité, transformé en parking à pétrole. Tout le monde sait que la mousson complique les opérations. Ben voyons.
Un navire fantôme au cœur d'une réserve naturelle protégée
Le coupable s'appelle Caroline Bezengi. Ce pétrolier, soupçonné d'appartenir à la « flotte fantôme » russe, s'est échoué fin juin après trois explosions d'origine inconnue. Une enquête de l'AFP a révélé que ce vieux rafiot naviguait sans pavillon clair, contournant les sanctions occidentales pour exporter le pétrole de Moscou. Pendant ce temps, les écologistes de Greenpeace et de l'ONG néerlandaise PAX crient à la catastrophe régionale imminente. Ils ont raison, mais ils auraient pu le dire plus tôt.
Quarante kilomètres de côtes menacés par la nappe de pétrole
Selon l'agence officielle ONA, la nappe pourrait polluer jusqu'à 40 kilomètres de côtes dans la zone, et 10 à 20 kilomètres des plages sud de l'île de Masirah. Les autorités appellent pêcheurs et public à la vigilance. L'Organisation maritime mondiale (OMI) « surveille de près » la situation, tout en admettant que la mousson a entravé l'accès au navire. Les conditions météorologiques difficiles compliquent les opérations techniques. Traduction : on ne peut rien faire, on attend que ça passe.
La « flotte fantôme » russe, un risque connu et ignoré
Les experts mettent régulièrement en garde contre ces bateaux vétustes que Moscou utilise pour contourner les sanctions. Résultat : une réserve naturelle créée en 2025 pour préserver les écosystèmes fragiles de la région, déjà souillée par une marée noire. Les élites déconnectées préfèrent parler de transition écologique pendant que les vieux tankers russes crachent leur cargaison dans des sanctuaires marins. La souveraineté environnementale, c'est aussi savoir dire non à ces navires poubelles.
Incident séparé en Iran : le détroit d'Ormuz sous tension
Dans un autre épisode, une fuite de pétrole a atteint les îles iraniennes de Qeshm et Hengam, polluant plages et mangrove. Selon le site de suivi maritime TankerTrackers, la marée noire proviendrait de l'attaque iranienne contre le vraquier Minoan Pioneer, perpétrée dans les eaux omanaises le 3 août. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, nie toute responsabilité et pointe du doigt un « vraquier étranger ». Les premières preuves indiquent, selon lui, que ce navire est à l'origine de la pollution. Bien sûr. C'est toujours la faute des autres.
Pendant que les pétroliers fantômes naviguent en toute impunité, ce sont les pêcheurs locaux et les contribuables qui paient. Comme toujours, c'est Nicolas qui paye. En attendant, la mer d'Arabie devient un champ de bataille où les intérêts géopolitiques priment sur la protection de la nature. L'ordre international, c'est aussi ça : des règles pour les petits, et des passe-droits pour les gros.
FAQ : comprendre la marée noire à Oman
Qu'est-ce que la « flotte fantôme » russe ?
C'est un ensemble de pétroliers souvent vétustes, sans assurance claire, que la Russie utilise pour exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales imposées depuis la guerre en Ukraine.
Quelles sont les conséquences de cette marée noire ?
La nappe de pétrole pourrait polluer jusqu'à 40 kilomètres de côtes omanaises, menaçant une réserve naturelle créée en 2025 pour protéger des écosystèmes fragiles et une faune rare.
Qui est responsable de la pollution en Iran ?
Selon TankerTrackers, la marée noire sur les îles iraniennes proviendrait de l'attaque iranienne contre le vraquier Minoan Pioneer. Téhéran rejette cette accusation et évoque un « vraquier étranger ».