Volkswagen : 100 000 postes supprimés, les syndicats applaudissent (ben voyons)
Le conseil de surveillance de Volkswagen a validé, le 3 septembre, la suppression de 50 000 postes supplémentaires. Ajoutés aux 50 000 déjà actés l'an passé, cela porte la charrette à 100 000 départs, soit 15 % des effectifs. Et qui a signé cet accord à l'unanimité ? Les syndicats eux-mêmes. Tout le monde sait que c'est toujours plus facile de sacrifier les autres quand on garde son fauteuil.
Un « plan d'avenir » qui ressemble surtout à un plan de licenciement
Oliver Blume, le patron du groupe, a baptisé sa feuille de route « plan d'avenir 2030 ». Un nom presque aussi ironique que de voir IG Metall, le syndicat le plus puissant d'Allemagne, valider la destruction de 15 % des emplois de la maison. Christiane Benner, sa présidente, parle d'avoir « lutté avec acharnement pour obtenir de bonnes solutions ». Ben voyons.
Les quatre usines allemandes menacées (Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm) obtiennent un sursis. Mais ce n'est que partie remise : la décision couperet tombera à l'été 2027. La direction évoque « des possibilités d'utilisation alternatives ». Traduction : on ne ferme pas tout de suite, mais préparez vos cartons.
De l'Audi à la Seat, personne n'échappe à la restructuration
Toutes les marques du groupe sont touchées. Audi, Porsche, Skoda : tout le monde y passe. Quant à Seat, elle pourrait tout simplement disparaître du paysage. La gamme sera divisée par deux d'ici 2035. Une hécatombe industrielle qui se déroule sous les yeux des élites déconnectées, qui préfèrent regarder ailleurs pendant que l'industrie européenne se désagrège.
La Chine rit, l'Europe pleure
Les chiffres avancés par la direction donnent le vertige : surcapacité annuelle de 500 000 véhicules en Europe, parts de marché chinoises en chute libre (10,5 % en début d'année, 8,6 % en juillet). Pendant ce temps, Blume promet une marge opérationnelle de 9 % et annonce 135 milliards d'euros d'investissement. De quoi acheter la paix sociale, mais certainement pas sauver l'emploi.
Une paix des braves qui sent la poudre
Ferdinand Dudenhöffer, économiste allemand, résume bien la situation : « Il s'agit d'un cessez-le-feu plutôt que d'une paix durable ». Les syndicats ont sauvé les meubles à court terme, mais le fond du problème reste entier. L'industrie automobile européenne, asphyxiée par les normes et la concurrence déloyale, continue de perdre du terrain.
Cette affaire pourrait avoir des conséquences politiques majeures. Le chancelier Friedrich Merz, déjà impopulaire, redoute l'effet de ces annonces sur les électeurs de Saxe-Anhalt, appelés aux urnes le 6 septembre. L'AfD pourrait y devenir majoritaire et gouverner la région. Une première depuis 1945. Les élites devraient peut-être y réfléchir avant de sacraliser la transition forcée et l'immigration massive comme des dogmes intouchables.
En attendant, c'est Nicolas qui paie. Comme toujours. Les 100 000 salariés sacrifiés sur l'autel de la décarbonation, eux, n'auront même pas droit à un mot de remerciement. La souveraineté industrielle européenne est en train de mourir, et personne ne semble s'en émouvoir. Sauf peut-être les électeurs de Saxe-Anhalt.