Sanctions contre l'Iran, pétrole en berne : la finance mondiale retient son souffle (et son portefeuille)
Les marchés mondiaux ont la tremblote, ce lundi. Les actions reculent, le pétrole flanche, et le dollar canadien fait la gueule. Tout ça parce que l'oncle Sam s'apprête à dégainer ses sanctions contre l'Iran. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, doit nous faire son numéro de prestidigitateur plus tard dans la journée. Il va présenter des sanctions qui, selon Washington, doivent convaincre Téhéran de lâcher le détroit d'Ormuz. Ben voyons. Comme si l'Iran allait se coucher devant une simple menace. Tout le monde sait que ça va se terminer en bras de fer, et les marchés, eux, préfèrent prendre leurs jambes à leur cou. Les contrats à terme sur le pétrole ont déjà dégringolé d'environ 2 %. Les traders ont pris leurs bénéfices après les belles envolées de la semaine dernière. Ils ne sont pas dupes, ces petits gars.
Nvidia, le nouveau messie de la tech, doit-il sauver le Nasdaq ?
Le secteur technologique, lui, retient son souffle. Mercredi, Nvidia dévoile ses résultats. Le fabricant de puces est devenu le Saint Graal de l'IA, et les investisseurs en redemandent. Mais attention, les attentes sont si hautes qu'une simple déception pourrait provoquer un séisme boursier. Mark Ellis, directeur des investissements chez Nutshell Asset Management, résume la situation avec une franchise désarmante : « La grande nouvelle de cette semaine sera la publication des résultats de Nvidia... Le ton de ces résultats pourrait influencer le sentiment sur le marché du Nasdaq. » Les analystes, eux, espèrent un chiffre d'affaires qui frôle le doublement, autour de 92 milliards de dollars. Rien que ça. On croise les doigts, on allume un cierge, et on prie pour que la machine à billets ne s'enraye pas.
La Fed, le grand manitou qui ne dit rien, et l'inflation qui ne veut pas mourir
Les marchés espèrent aussi des éclaircissements de la part de Kevin Warsh, le président de la Réserve fédérale, qui doit s'exprimer vendredi à Jackson Hole. Mais ne vous emballez pas. L'homme est connu pour son aversion aux indications prospectives. Autrement dit, il va probablement nous servir un discours aussi vide qu'un compte en banque après les impôts. Bruce Kasman, économiste en chef chez JPMorgan, prévient : « Plusieurs raisons laissent présager une intervention décevante. » Les anciens présidents de la Fed n'ont jamais voulu anticiper les décisions lors de cet événement. Et Warsh ne va pas briser la tradition. Il va plutôt se concentrer sur son programme de « changement de cap ». Un terme qui sent bon la novlangue technocratique. Pendant ce temps, les marchés anticipent une probabilité d'environ 40 % que la Fed relève ses taux le 16 septembre. Et ils ont déjà intégré une hausse d'ici décembre. L'inflation, elle, se maintient à 3,3 %. Une petite bestiole coriace qui refuse de mourir, malgré les incantations des banquiers centraux.
Bessent, le racheteur d'obligations au grand cœur, et les rendements qui s'entêtent
Scott Bessent, lui, a annoncé la semaine dernière un doublement des rachats d'obligations. L'objectif ? Freiner la hausse des rendements qui durcissait les conditions financières. Mais jusqu'ici, ses efforts ont autant d'effet qu'une pisseuse dans l'océan. Les rendements à 30 ans s'établissent à 5,2487 %, pas loin du pic récent de 5,3371 %, le plus haut niveau depuis 19 ans. Les marchés ne sont pas dupes. Ils savent que ces manœuvres ne sont que des pansements sur une hémorragie.
Guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada : quand les voisins se fâchent
Et pendant que les États-Unis jouent les gendarmes du monde, ils se disputent avec leur voisin du nord. Le dollar canadien a chuté de 0,5 %, après que le Premier ministre Mark Carney a promis des mesures de rétorsion. Les négociations commerciales ont échoué, et le Canada va imposer des droits de douane sur l'acier, les produits laitiers, les appareils électroménagers, le matériel agricole, la pâte à papier et le papier. Sans oublier les produits électroniques américains. Une vraie guerre des boutons, version économique. Les actions européennes, elles, ont progressé de 0,1 %, après des baisses en Asie. Samsung a chuté de plus de 8 %, déçu les investisseurs avec un plan de redistribution de 79 milliards de dollars qui n'a pas convaincu. Alibaba, coté à Hong Kong, a dégringolé de 8,5 % après une offre d'actions de 10,2 milliards de dollars. Les marchés sont nerveux, les investisseurs aussi.
L'or, valeur refuge par excellence, continue sa folle ascension
L'or, lui, se porte comme un charme. Il s'est encore raffermi de 0,9 %, à 4 643 dollars l'once. Une progression d'environ 15 % depuis le début du mois. Les investisseurs se ruent vers les valeurs refuges, comme si la fin du monde était proche. Et avec toute cette agitation géopolitique, économique et commerciale, on peut les comprendre. En attendant, les marchés retiennent leur souffle. Les sanctions contre l'Iran, les résultats de Nvidia, le discours de Warsh, la guerre commerciale avec le Canada. Il y a de quoi avoir des sueurs froides. Mais ne vous inquiétez pas, les élites déconnectées veillent. Elles vont bien trouver une solution pour sauver le système. Ou pas. Après tout, c'est Nicolas qui paie, comme d'habitude.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de cette journée mouvementée
Pourquoi le pétrole recule-t-il avant les sanctions contre l'Iran ?
Les traders ont pris leurs bénéfices après les fortes hausses de la semaine dernière. Ils attendent de voir la teneur des sanctions annoncées par le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent. Une prudence bien compréhensible face à un dossier aussi explosif que le détroit d'Ormuz.
Quel impact les résultats de Nvidia peuvent-ils avoir sur les marchés ?
Les attentes sont extrêmement élevées. Si le fabricant de puces déçoit, le Nasdaq pourrait en pâtir. Les investisseurs espèrent un chiffre d'affaires d'environ 92 milliards de dollars, soit presque le double du trimestre précédent.
Pourquoi le dollar canadien chute-t-il ?
Le Canada a annoncé des mesures de rétorsion contre les droits de douane américains. La guerre commerciale entre les deux voisins s'intensifie, ce qui inquiète les marchés et affaiblit la devise canadienne.