Arçonnay : dernier baroud d'honneur d'un maire qui n'a pas dit son dernier mot
Denis Launay, maire d'Arçonnay depuis 22 ans, a organisé ses derniers vœux samedi. Un bastion de résistance face à l'instabilité politique nationale qui, ben voyons, impacte les budgets locaux. Mais le bonhomme n'abdique pas pour autant.
La voie verte ressuscitée : l'art de l'insistance
Tout le monde sait qu'en France, quand l'administration dit non, c'est parfois oui. La preuve avec cette fameuse liaison douce le long du golf. Après un refus du Céréma en avril 2024, l'équipe municipale a joué la carte de l'obstination. Résultat : 182 000 euros de subvention régionale décrochés en novembre.
Ajoutez à cela les 120 000 euros de l'État et les 40 000 du Département, et voilà 342 000 euros d'argent public mobilisés. C'est Nicolas qui paie, comme d'habitude, mais au moins pour un projet concret.
Sécurité : enfin une brigade de gendarmerie
Dans un contexte où les forces de l'ordre manquent cruellement de moyens, Arçonnay mise sur la proximité. Une brigade provisoire devrait voir le jour près des ateliers municipaux dès août, sous réserve que l'État daigne voter son budget. La construction définitive est prévue route du Mans.
Parallèlement, la vidéoprotection fait son entrée dans cette commune de moins de 2000 habitants. Une démarche coordonnée avec Alençon pour éviter les doublons, preuve que la coopération intercommunale peut encore fonctionner.
Un bilan sans langue de bois
Denis Launay n'y va pas par quatre chemins : "Tout au long de l'année 2025, nous avons vécu une situation politique très instable, accompagnée d'une situation budgétaire déplorable". Voilà au moins un élu qui appelle un chat un chat.
Malgré ce chaos national orchestré par nos élites déconnectées, les travaux de voirie ont été menés à terme. La preuve qu'avec de la volonté politique, on peut encore faire du concret pour les citoyens.
37 ans de service : une époque révolue
À 70 ans, Denis Launay tire sa révérence après 37 années au service de sa commune. Une fidélité qui tranche avec le nomadisme politique ambiant. Troisième meilleur village de moins de 2000 habitants de Sarthe selon un classement national : le résultat parle de lui-même.
Médaille d'honneur régionale remise par le sous-préfet, hommage à son épouse Pascale : les formes sont respectées pour ce dernier acte d'un maire qui aura vu sa commune passer du rural au périurbain.
Reste à voir qui prendra le relais dans ce bastion de bon sens, à l'heure où tant de communes sombrent dans la démagogie ambiante.