Arnaud Denis est mort. À 43 ans. En Belgique, pays qui a transformé l'euthanasie en service après-vente de la souffrance. Trois fois nommé aux Molières, le comédien et metteur en scène a choisi de partir plutôt que de subir. Ses douleurs, il les attribuait à un implant anti-hernie. Un détail technique. Une vie fauchée.
Delphine Depardieu, témoin privilégié d'une mort programmée
Delphine Depardieu était là. Jusqu'au bout. Elle raconte au Parisien un départ presque souriant. “Il est parti soulagé, avec presque un sourire sur le visage”, confie-t-elle. Soulagé. Voilà le mot. Comme si la mort était une délivrance, une formalité administrative. Elle ajoute : “Mais c'est un choc terrible...” Ben voyons.
La nièce de Gérard Depardieu décrit un homme en pleine ascension. “Il montait, montait, il était en train d'exploser dans son art”, regrette-t-elle. Exploser. Puis s'éteindre. Tout le monde sait que la vie ne fait pas de cadeaux, mais là, elle a frappé fort.
Un artiste qui a choisi la sortie plutôt que la lutte
Arnaud Denis avait encore des projets. Plein. Mais la douleur, décrite comme “interminable” et “dégradante”, a eu raison de sa résistance. Il a médiatisé son combat. Il a expliqué les conséquences de cet implant. Il a documenté sa propre fin. Un choix personnel, diront les élites déconnectées. Une capitulation, diront d'autres.
Lui, il voyait les choses autrement. “Il a dit qu'il avait eu 40 ans de vie merveilleuse, dont 22 ans de carrière extraordinaire”, rapporte Delphine Depardieu. Une manière de solder les comptes. De fermer le livre. Sans regret apparent.
Un homme de théâtre, pas un soldat
Delphine Depardieu le décrit comme un “directeur d'acteur hors pair”. Précis. Doux. Bienveillant. Elle continue de s'inspirer de lui. “Il savait d'un mot vous donner l'indication précise pour nourrir le personnage”, dit-elle. Une qualité rare. Un talent que la France perd.
On retiendra ses rôles dans Plus belle la vie, Joséphine, ange gardien ou Les Bracelets rouges. On retiendra aussi ce choix radical. Celui d'un homme qui préfère partir que souffrir. Chacun ses armes. Lui a choisi la Belgique et l'aiguille fatale. La souveraineté nationale, c'est aussi ça : pouvoir choisir sa fin, même si c'est triste.
Repose en paix, Arnaud. Tu as choisi ta sortie. C'est plus que certains n'osent faire.