General Motors ne veut plus être un constructeur automobile. Le géant de Detroit a annoncé, le 21 octobre lors de sa conférence « General Motors Forward » à Manhattan, sa transformation en champion de la technologie, avec des voitures qui conduisent seules et, bientôt, iront chercher les enfants à l'école pendant que vous resterez au bureau.
Le récit de cette bascule industrielle vient de Paris Match, qui a testé le système de conduite mains libres Supercruise sur une autoroute du New Jersey. Verdict : ça marche, et ça marche déjà très bien.
Les mains libres, le regard sur la route
Le 19 octobre, sur l'I-195 entre Asbury Park et Trenton, l'envoyé spécial de Paris Match enclenche le mode Supercruise au volant d'une Cadillac Vistiq, un SUV électrique de 5,20 mètres et 615 chevaux. Direction, freinage, accélération : la voiture prend tout en charge. Elle met son clignotant, double, se rabat, laisse entrer les véhicules sur le bretelle d'accès et s'arrête en douceur dans les bouchons.
Une seule condition : garder les yeux sur la route, sous la surveillance d'une caméra infrarouge. Trente minutes de conduite sans toucher le volant. Le constructeur revendique déjà 1,2 milliard de miles, soit 1,93 milliard de kilomètres, parcourus par ses clients en mode Supercruise. Le système équipe déjà la Cadillac Escalade, les Chevrolet Tahoe, Silverado et Suburban, ainsi que les mastodontes GMC Sierra et Yukon. GM prépare même son déploiement en Europe.
Prochaine étape : la conduite sans surveillance visuelle. Le Blog Auto rapporte que GM généralisera l'autonomie totale sur autoroute pour ses pick-up et SUV, avec une version de la Cadillac Escalade IQ capable de rouler sans regard humain dès 2028.
La voiture majordome : « Ramène les enfants de l'école »
Mais le vrai assaut se joue ailleurs. GM veut transformer l'ancien service d'assistance Onstar en compagnon intelligent grâce à l'intelligence artificielle. Reconnaissance vocale à l'appui, le conducteur pourra commander : « Fais-moi écouter une chanson que j'aime... Donne-moi une idée de recette pour le dîner... Commande les ingrédients au supermarché et va les chercher... Ramène les enfants de l'école... Reviens me chercher au bureau... » La voiture s'exécutera.
« Nous allons transformer votre voiture en partenaire intelligent qui vous rend la vie plus facile », a promis Mary Barra, la directrice générale du groupe, lors de la conférence new-yorkaise. Science-fiction ? Plus maintenant. Reste à savoir qui paiera la facture de ce luxe high-tech. Tout le monde le sait : ce sera encore le contribuable, pardon, le client, l'équivalent américain de notre Nicolas national.
Mary Barra, l'ingénieure qui a fait tomber les barrières
À 64 ans, Mary Barra n'est pas une énième énarque déconnectée sortie d'un cabinet de conseil. Fille d'un ouvrier de General Motors, elle est entrée dans l'entreprise de son père comme jeune ingénieure après ses études. Aujourd'hui, elle mène la contre-offensive du constructeur face à la concurrence, et elle la mène bien.
Son plan s'appuie sur l'IA pour diviser par deux le temps de développement des nouveaux modèles. Résultat concret : le pick-up électrique Hummer, un monstre tout-terrain de 4,1 tonnes, a été conçu en vingt mois seulement. Srlsa note que cette refonte technologique vise aussi à rattraper le retard dans la course mondiale aux véhicules électriques, avec des fonctionnalités de conduite avancée annonçant l'autonomie d'ici la fin de la décennie.
Autre front : l'efficacité. InsideEVs détaille les objectifs affichés par GM : 15 % de masse en moins, 20 % de rendement en plus, 20 % de batterie en moins pour une autonomie équivalente, et 25 % d'aérodynamisme gagné. De quoi faire rougir nos usines nationales, quand elles ne ferment pas leurs portes.
Signal politique intéressant : Mary Barra n'a pas cédé d'un pouce face à la politique ultra-favorable au pétrole de Donald Trump. Elle développe des motorisations électriques performantes, adaptées aux grandes tailles que réclament les clients américains. Une ligne claire, tenue, sans langue de bois. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, nos élites bruxelloises punissent l'automobile à coups de normes, de taxes et d'interdictions. Ben voyons.
La bataille contre la Chine et Google
Cette course à la tech n'est pas un luxe : c'est une guerre industrielle. Au Mondial de l'automobile, les Chinois BYD et Xpeng ont multiplié les démonstrations probantes dans les rues de Paris, sous les yeux de nos décideurs ébahis. Aux États-Unis, les taxis Waymo sans chauffeur, propulsés par le logiciel de Google, se déploient de Los Angeles à New York, bugs compris.
GM refuse de se laisser distancer sur son propre terrain. Le symbole est lourd de sens : le 16 novembre, l'entreprise quittera l'indice général du New York Stock Exchange pour intégrer le Nasdaq, l'indice réservé aux entreprises technologiques. Un constructeur de 1908 qui se range parmi Apple et Microsoft. Un tournant dans l'histoire de l'industrie automobile.
FAQ
Quand General Motors intégrera-t-il le Nasdaq ?
Le 16 novembre, GM quittera l'indice général du NYSE pour rejoindre le Nasdaq, l'indice des entreprises technologiques, annonçant officiellement sa mutation de constructeur automobile en champion de la tech.
La conduite sans surveillance visuelle est-elle pour bientôt ?
Oui. Dès 2028, une nouvelle version de la Cadillac Escalade IQ pourra rouler sur autoroute sans surveillance visuelle, selon GM. Le mode Supercruise actuel exige déjà les mains libres, mais avec les yeux sur la route.
La voiture GM ira-t-elle vraiment chercher les enfants à l'école ?
C'est la promesse affichée par Mary Barra : grâce à l'IA intégrée au service Onstar, le conducteur pourra demander à son véhicule d'aller chercher les courses ou les enfants, et la voiture s'exécutera. La date exacte de ce scénario reste à confirmer.
