La roue tourne, et parfois elle écrase ceux qui avaient enterré Lorie un peu vite. Le 3 novembre 2026, la chanteuse de 44 ans est partout : tournée achevée triomphalement après des années d'absence, show retransmis au cinéma le 5 novembre, documentaire diffusé sur W9 ce mardi. Celle qu'on lui disait finie, has been, dépassée, revient en force. Ben voyons, direz-vous. Eh bien non : le public a tranché, et le public a souvent raison.
Dans les colonnes de W1>Gala, rapporte Femme Actuelle, Lorie Pester s'est confiée sur la traversée du désert qui a failli lui coûter sa carrière. Son témoignage vaut le détour, car il raconte autre chose qu'une histoire de variété. Il raconte la résistance d'une femme contre un verdict.
« On m'avait mis des choses en tête » : le récit du lynchage tranquille
Quand Lorie a quitté sa maison de disques, on ne lui a pas souhaité bon voyage. On lui a administré, de haut, l'argumentaire classique des bureaux parisiens : elle ne sait pas chanter, elle est has been, elle est finie. Des experts en costard qui n'ont jamais rempli une salle de leur vie, tranchant du sort d'une artiste qui en a rempli des dizaines. Le tout, bien sûr, avec cette bienveillance condescendante dont les élites déconnectées ont le secret.
« Quand je suis partie de ma maison, on m'avait mis des choses en tête, que je ne savais pas chanter, que j'étais une has been, ceci, cela... Au début, ça fait mal. »
Elle ne décolère pas, elle constate. Et là où beaucoup auraient joué la victime à perpétuité, très à la mode dans nos années 2020, Lorie fait quelque chose d'assez rare : elle reconnaît sa part de responsabilité. Pas de comité de soutien, pas de larmoiement sur les réseaux, pas de thérapie publique.
« Peut-être qu'à l'époque, quand ils me disaient ça, j'étais peut-être has been. Franchement, oui, peut-être que je m'accrochais à des trucs. »
Avouez que ça change des discours larmoyants servis en boucle par l'industrie du spectacle. Une femme qui assume, qui se remet en question sans se flageller, qui refuse de rejeter la faute sur la société entière. C'est presque suspect, dans ce milieu.
La résistance paye : la tournée, le cinéma, W9
Car pendant que les mêmes qui l'enterraient continuaient de signer des chanteurs autoproduits par algorithme, Lorie remontait au front. Pendant près d'un an, elle a tourné, calant ses concerts le week-end pour emmener sa fille à l'école la semaine. Un artiste qui organise sa vie de tournée autour de l'école de sa gamelle : voilà une image qu'on aimerait voir plus souvent, à l'heure où certains nous expliquent que la famille est un concept réactionnaire ringard.
Le résultat est là. Tournée achevée le 7 septembre, salles pleines, public fidèle au rendez-vous, un show projeté au cinéma le 5 novembre et un documentaire sur W9 ce mardi 3 novembre. La machine est relancée, et sans une seule subvention publique. Personne ne l'a aidée, sinon ses fans. C'est peut-être ça, le vrai modèle français : travailler, tenir, et laisser les gens libres de choisir leurs chanteurs.
Une leçon contre la culture du jetable
« Ce n'est pas parce que tu as des moments de creux, que tu as eu des échecs, des choses que tu n'as pas réussi à faire, que ta carrière s'arrête », dit-elle encore à Gala. La phrase mériterait être affichée dans tous les couloirs de l'Éducation nationale, tant elle contredit le dogme ambient de la vie sans échec, sans note, sans concours, sans effort. Lorie a connu le sommet à 18 ans, le creux à 35, la remontée à 44. En France, on préfère généralement les trajectoires assistées aux trajectoires gagnées.
Et c'est son public qui l'a sortie du trou, pas un cabinet de communication. « J'avais tiré un trait sur la musique, jusqu'à ce que les fans me tirent sur scène », confie-t-elle. Tout le monde sait que le public français est versatile. Mais quand il décide de ramener quelqu'un, il le fait avec une fidélité qui fait honte aux programmateurs télé. Ces fans qui refusent qu'on leur dicte qui écouter, c'est un peu la même logique que celle qui pousse les Français à voter contre ce qu'on leur impose. La souveraineté culturelle commence par choisir sa playlist soi-même.
Le bémol : une fille qui veut changer maman de métier
Reste un point, et il est humain. La tournée a eu un coût : l'éloignement de sa fille, pendant près d'un an. « Quand je partais de la maison, je laissais ma petite puce et ma petite famille. Ça me pinçait le bide », avoue-t-elle. La petite a mal vécu de partager sa mère avec des centaines d'inconnus, cœurs et câlins compris.
« Le soir, je suis dans son petit lit, je lui fais un câlin, et je lui chante des petites chansons pour elle avant qu'elle s'endorme. Là, je chantais pour d'autres personnes, je faisais des cœurs à d'autres personnes. Elle avait l'impression d'être dépossédée. Donc elle veut que je change de métier. »
Elle dit ça en souriant, mais l'anecdote raconte le vrai prix du métier. Les petits sacrifices concrets, ceux que ne connaissent jamais ceux qui théorisent la carrière des autres depuis un open space. La tournée est finie depuis le 7 septembre ; la fillette récupère sa mère le week-end. Une victoire à deux vitesses, professionnelle et familiale, remportée sans tambour ni trompette.
Ce que le retour de Lorie dit de la France d'aujourd'hui
On nous répète à longueur de plateaux que la variété française est morte, remplacée par des productions internationales formatées. Le public de Lorie vient de démontrer le contraire, avec des billets achetés et des places de cinéma réservées. Pendant que les mêmes experts décrètent, le pays réel vote avec son portefeuille. Comme toujours.
Prochaine étape : le show au cinéma le 5 novembre, puis la suite. La roue tourne, dit-elle. Elle tourne surtout pour ceux qui refusent de descendre du manège quand les autres ont déjà plié les stands.
FAQ
Pourquoi Lorie Pester parle-t-elle de période « has been » ?
Elle explique à Gala, repris par Femme Actuelle, que sa maison de disques lui avait fait croire qu'elle ne savait plus chanter et qu'elle était dépassée, ce qui l'a poussée à croire un moment que la musique était finie pour elle.
Quels sont les projets actuels de Lorie Pester ?
Elle vient d'achever une tournée réussie le 7 septembre 2026, son show est retransmis au cinéma le 5 novembre, et un documentaire lui est consacré sur W9 le 3 novembre 2026.
Comment Lorie a-t-elle concilié tournée et vie de famille ?
Elle a calé ses concerts le week-end pour emmener sa fille à l'école en semaine, tout en admettant que l'éloignement a été difficile pour sa fille pendant près d'un an.
