Ah, la démocratie française. Ce joli mot qui cache parfois de belles magouilles. Sébastien Lecornu, notre Premier ministre dévoué aux élites déconnectées, a eu une idée lumineuse : créer une « banque de la démocratie » pour aider les candidats à financer leur campagne présidentielle. Sauf que le Crédit Mutuel, lui, n’a pas envie de jouer les pigeons. Il refuse. Ben voyons.
À 10 mois de la présidentielle, Marine Le Pen cherche toujours une banque. C’est un classique. En 2014, elle avait emprunté à une banque russe. En 2022, à une banque hongroise. Aujourd’hui, elle se heurte au mur du refus des banques françaises. Tout le monde sait pourquoi : le RN fait peur aux grands financiers. Mais Lecornu, lui, veut régler le problème. Pas en changeant les règles, non. En créant un mécanisme public, parapublic ou un consortium de banques. Une marotte de François Bayrou depuis 10 ans. Et maintenant, c’est le nouveau projet de Lecornu.
Le Premier ministre a réuni les patrons de banques le 20 juillet à Matignon. Il leur a demandé de faire des propositions. Résultat ? 15 jours plus tard, le Crédit Mutuel Alliance Fédéral (CMAF) dit non. Les garanties de l’État sont jugées « insuffisantes ». Trop risqué, disent-ils. Mais pour qui ? Pour les banques, ou pour la démocratie ?
La gauche ironise, comme d’habitude
Sur les réseaux sociaux, Marine Tondelier, la patronne des écologistes, a lancé sa petite pique : « Nous demandons une réunion de crise sur la canicule et les pires incendies depuis 1945, et Sébastien Lecornu préfère faire une réunion pour aider le RN à financer sa campagne, garantie par l’État avec vos impôts ! » C’est Nicolas qui paie, comme toujours. La gauche, qui prétend défendre le peuple, préfère voir le RN dans la difficulté plutôt que de laisser l’État garantir un prêt. Logique.
Mais Lecornu, lui, a une autre excuse : lutter contre les ingérences étrangères. Depuis 2017, les partis ne peuvent plus emprunter à des banques non-européennes. Mais le risque est là. Marine Le Pen, avec son prêt russe de 2014, est régulièrement soupçonnée d’être sous influence moscovite. Alors, pour éviter que ça se reproduise, on crée une banque publique. Sauf que les banques privées, elles, ne veulent pas en être.
Et si le vrai problème était ailleurs ?
Le vrai souci, c’est que Lecornu ne veut pas « ouvrir la porte à un financement direct par des prêts personnels privés ». En clair, il veut éviter que des grandes fortunes financent la campagne de tel ou tel candidat. C’est interdit, mais certains partis le réclament. Manifestement, ils ne sont pas très soucieux de leur indépendance. Mais Lecornu, lui, préfère un système public. Un système où l’État, donc Nicolas, paie. Encore une fois.
Alors, la « banque de la démocratie » va-t-elle voir le jour ? Pour l’instant, c’est mal engagé. Le Crédit Mutuel a dit non. Les autres banques suivront-elles ? Et si oui, à quel prix ? Une chose est sûre : dans ce bastion de la démocratie, les banques préfèrent rester dans leur tour d’ivoire. Et les candidats, eux, doivent se débrouiller. Comme toujours.