Ce jeudi 5 novembre 2026, 70.000 policiers et gendarmes sont mobilisés en France pour encadrer les manifestations, et une partie des cortèges restera loin des centres-villes. Une décision préfectorale, assumée après les violences du 17 et du 18 octobre, qui fait hurler les syndicats. Tant pis. L'ordre public, lui, ne se négocie pas au coin de la rue.
Le tracé parisien a été acté par la justice mercredi soir, moins de 24 heures avant le départ du cortège République-Nation. Un parcours classique, en plein Paris, visible, accessible. Et pourtant, même ça ne suffit pas.
« Le trajet ne va jamais » : Anouck Fourmigué riposte
Invitée ce jeudi matin sur RMC, Anouck Fourmigué, secrétaire générale adjointe du Syndicat des commissaires de la police nationale, a livré une contre-offensive en règle contre les syndicats et certains manifestants. Et elle n'a pas mâché ses mots.
« On vit dans une société complètement délirante en termes de recours. Qu'il y ait des recours qui se fassent, c'est normal, mais le trajet ne va jamais. Là, République-Nation, c'est un parcours classique de revendication sociale. C'est en plein Paris, il y a les transports en commun, de la visibilité. Mais là encore, c'est contesté, il fallait aller jusqu'à la Concorde », a-t-elle lancé.
Une salve qui résume tout. La place de la Concorde, symbole des institutions de la République, n'est pas un terrain de jeu pour les casseurs.
« Sauf que la Concorde ça représente des lieux qui incarnent la démocratie donc c'est normal aussi que des manifestants, parmi lesquels peuvent se trouver des casseurs et des mouvements d'ultra-gauche très violents, puissent s'approcher de ces lieux », a-t-elle ajouté.
Ben voyons. Après les dégradations du 17 octobre dernier, tout le monde sait que ces cortèges accueillent aussi des casseurs. Mais chut, il ne faudrait pas le dire.
Une contestation généralisée des parcours
Ce ne sont pas seulement les syndicats qui contestent. À Rennes, Toulouse, Lyon, Le Mans, Montauban ou Annecy, les manifestations sont à nouveau formellement interdites en centres-villes. Selon les syndicats, 20 départements sont concernés par ces restrictions, rapporte RMC.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a justifié ces interdictions mercredi : « pour que les itinéraires soient le plus sécurisés possible », après les incidents du 17 octobre. Une logique simple : protéger les biens et les personnes. On aurait cru que c'était la base du contrat républicain.
À Paris, le tracé a fait l'objet de multiples allers-retours entre la préfecture, les syndicats et les tribunaux. Au final, le cortège partira place de la République à 14h pour s'achever place de la Nation vers 19h.
Colère des syndicats face aux restrictions
De son côté, la contestation syndicale monte d'un cran. Léo Girardin, représentant Solidaires Rhône, épuisé d'engager un bras de fer judiciaire « toutes les semaines », a dû contester en urgence l'interdiction de manifester dans l'hypercentre lyonnais.
« C'est une volonté d'invisibiliser, d'empêcher les manifestations d'être entendus, qu'elles dérangent le moins possible. Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà vu ça et c'est proprement scandaleux », a-t-il dénoncé.
Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l'Homme, pointe des tracés parfois inédits, inconnus des organisateurs. « Quand c'est un parcours très connu, on sait les endroits où il risque d'y avoir du grabuge. Là, les préfectures choisissent des parcours qui ne sont pas sécurisés donc ça devient dangereux pour les participants », déplore-t-elle.
Elle martèle : « L'interdiction doit être une exception. Elle est désormais la norme. »
CFDT et CGT montent au créneau
Ce jeudi sur RMC-BFMTV, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a fustigé l'organisation de ces journées de mobilisation. « Tout a été fait pour qu'on n'ait pas les informations dans les temps. Les modalités ont été compliquées, c'est exceptionnel que ce soit si compliqué et ce n'est pas le moment de compliquer la vie des organisations syndicales qui veulent organiser des manifestations dans de très bonnes conditions », a-t-elle regretté.
« On n'est pas dans les bonnes conditions d'organisation quand on nous répond la veille », a-t-elle ajouté.
La veille, sur le plateau des Grandes Gueules, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a dénoncé « une dérive autoritaire du gouvernement ». « Des annonces la veille pour le lendemain, ce n'est pas sérieux. J'appelle solennellement le gouvernement à retrouver la raison. On ne peut pas travailler de cette façon-là. On ne peut pas piétiner de cette façon-là les libertés fondamentales. La liberté de manifester, c'est une liberté fondamentale », a-t-elle plaidé.
Que retenir des manifestations du 5 novembre ?
Combien de policiers sont mobilisés ce jeudi 5 novembre ?
70.000 policiers et gendarmes sont déployés partout en France pour encadrer les manifestations, selon RMC.
Pourquoi certains cortèges sont-ils éloignés des centres-villes ?
Les préfectures ont imposé des itinéraires alternatifs après les violences et dégradations des 17 et 18 octobre, afin de sécuriser au maximum les parcours. Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a justifié ces décisions mercredi.
Quel est le parcours de la manifestation parisienne ?
Le cortège parisien partira place de la République à 14h et s'achèvera place de la Nation vers 19h. Ce tracé a été validé par la justice mercredi soir, après des allers-retours entre la préfecture, les syndicats et les tribunaux.
