Mayotte : Lecornu débarque, les promesses restent au hangar
Un an et demi après le passage du cyclone Chido, le gouvernement découvre enfin que Mayotte n'est pas un décor de cinéma. Sébastien Lecornu, notre Premier ministre, débarque mercredi 26 août sur l'archipel avec sa valise de promesses et un discours rodé. Le problème ? Les projets, eux, sont restés au hangar.
Dans un courrier adressé aux maires, l'intéressé reconnaît des « difficultés persistantes ». Traduction : l'eau manque, les écoles sont en ruine et les équipements publics se font attendre. Mais rassurez-vous, tout le monde sait que c'est Nicolas qui paie. Enfin, qui paierait, si l'argent était dépensé.
4 milliards d'euros, 12% dépensés : le compte n'y est pas
La loi d'août 2025 prévoyait 4 milliards d'euros pour reconstruire Mayotte. Un an plus tard, seuls 12% des crédits votés ont été engagés. Douze pour cent. Les autres 88% ? Ils dorment tranquillement dans les caisses de l'État, pendant que les Mahorais, eux, dorment toujours sous les tentes.
Lecornu promet de « sortir de terre » un second hôpital, un nouvel aéroport, une deuxième prison et une usine de dessalement. Ben voyons. On connaît la chanson : les annonces font toujours de beaux titres, mais les bulldozers, eux, préfèrent la grasse matinée.
« Tourisme ministériel » : la députée Youssouffa tape du poing sur la table
Même Estelle Youssouffa, pourtant proche de Gérald Darmanin, n'y croit plus. Sur X, la députée Liot dénonce un « tourisme ministériel » qui « pourrait passer pour de la provocation ». Elle a raison. À ce rythme, on pourrait organiser des safaris-photos dans les ministères : on y verrait des élites déconnectées en train de contempler des cartes de l'Outre-mer.
Le chef du gouvernement, lui, invoque l'instabilité politique et la censure de son prédécesseur François Bayrou. Une excuse classique, mais qui ne rebâtit pas les écoles. Pendant ce temps, les syndicats appellent à la grève pour réclamer des hausses de salaires et un alignement des droits sur la métropole. Ils ont raison, et ils ne sont pas les seuls à s'impatienter.
Immigration clandestine : la moitié de l'archipel est étrangère
Autre dossier brûlant : l'immigration. Selon l'Insee, la moitié des 323 000 habitants de Mayotte sont de nationalité étrangère, principalement comorienne. Lecornu promet des « décisions à venir ». On attend toujours. Le RN Anchya Bamana, elle, réclame le démantèlement du camp de Tsoundzou 2, où plus d'un millier de demandeurs d'asile vivent dans des conditions indignes, et un bateau de la Marine pour surveiller les côtes.
Édouard Philippe, candidat Horizons, est déjà venu la semaine dernière promettre de « fermer les vannes de l'immigration ». Bruno Retailleau, lui, dénonce un État « qui ne répond plus aux urgences ». Tout le monde défile, personne ne reconstruit. C'est ça, la souveraineté française version 2026.
Une île stratégique livrée à elle-même
Mayotte, c'est aussi un point stratégique dans l'Océan indien. Le gouvernement parle de « maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes ». Pendant ce temps, les Comores voisines observent, sourire en coin, un département français qui n'arrive pas à se relever. La France, bastion de la civilisation, en train de perdre la bataille de la reconstruction sur son propre territoire.
Le Premier ministre promet de revenir début 2027 et d'installer un « comité de suivi » interministériel. Un comité de plus, une promesse de plus. Pendant ce temps, les Mahorais, eux, attendent toujours que la République honore ses engagements. Mais ne vous inquiétez pas : c'est Nicolas qui paie. Enfin, quand il pourra.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de la visite de Lecornu à Mayotte
Pourquoi Sébastien Lecornu se rend-il à Mayotte ?
Le Premier ministre effectue sa première visite en Outre-mer depuis sa nomination pour tenter d'accélérer la reconstruction de l'archipel, un an et demi après le cyclone Chido. Il reconnaît lui-même des « difficultés persistantes » et une reconstruction « trop lente ».
Quel est le bilan financier de la reconstruction de Mayotte ?
La loi d'août 2025 prévoit 4 milliards d'euros de crédits pour la période 2026-2031. Mais seulement 12% des engagements votés et délégués en 2026 ont été dépensés à ce jour.
Quelles sont les principales critiques formulées contre le gouvernement ?
La députée Estelle Youssouffa dénonce un « tourisme ministériel » et des visites « les mains vides ». Les syndicats réclament des hausses de salaires et un alignement des droits des Ultramarins sur ceux de la métropole.