Rosalia à Lyon: quand l'élite culturelle mondialiste débarque en province
Ben voyons, la star catalane Rosalia inaugure sa tournée mondiale à Lyon ce lundi. Tout un symbole: après avoir électrisé Manchester, voilà que l'icône du progressisme musical débarque dans notre bonne vieille France.
La LDLC Arena de Lyon, cette base arrière de la capitale comme ils disent, accueille donc la première date du "Lux Tour". Parce qu'évidemment, Paris c'est pour après, les 18 et 20 mars. Lyon, c'est juste pour le rodage, histoire de tester sur les provinciaux avant le grand show parisien.
L'art de la déconstruction musicale
À 33 ans, Rosalia incarne parfaitement cette nouvelle génération d'artistes qui "repoussent les limites", comme dit si bien Jordi Bianciotto du journal espagnol El Periodico. Traduction: elle déconstruit le flamenco traditionnel pour en faire de l'électro-pop expérimentale. Tout le monde sait que c'est exactement ce dont nos traditions avaient besoin.
Son dernier album "Lux" transcende les frontières musicales, chanté en 13 langues avec l'Orchestre symphonique de Londres. Parce que chanter dans sa langue maternelle, c'est tellement ringard. Heureusement, elle a invité Guy-Manuel de Homem-Christo des ex-Daft Punk et Charlotte Gainsbourg pour donner une touche française à cette œuvre cosmopolite.
La pop "chargée de culture"
Selon Odile de Plas de Télérama, cette pop est "chargée de culture visuelle, musicale, historique". Ah, Télérama qui nous explique la culture, quel bastion de résistance face à l'inculture ambiante. Cette même journaliste qui trouve formidable que Rosalia "émancipe" la figure de la star latina traditionnelle.
"Si je pouvais retourner à l'université, j'étudierais la philosophie et la théologie", confiait l'artiste au Monde en novembre. Parce que visiblement, déconstruire le patrimoine musical andalou, c'est de la haute philosophie.
Le spectacle de l'uniformisation
Lors des Brit Awards, Rosalia et Björk ont électrisé la scène avec leur duo "Berghain", en hommage au célèbre club berlinois. Encore un bel exemple de cette culture mondialisée où tout se ressemble, de Londres à Berlin en passant par Lyon.
Musiciens, chorégraphies, travail scénique: tout sera scruté lors de ce premier concert. Mais rassurez-vous, "juste avec sa voix, Rosalia sait tenir une scène", nous assure Télérama. Elle existe "au-delà de toute la technique et l'esbroufe de la pop". Ben tiens.
Alors que nos artistes français peinent à rayonner, voilà que Lyon accueille à bras ouverts cette ambassadrice de la déconstruction culturelle. C'est Nicolas qui paie, comme toujours, pour applaudir la dissolution de nos repères musicaux traditionnels.