Umih : Franck Chaumès, le Bordelais qui veut remettre le couvert après Marx
Le bastion de l'hôtellerie-restauration française cherche son nouveau général. Thierry Marx, le chef étoilé médiatique, a rendu son tablier. Deux candidats se disputent déjà le trône de l'Umih, la troisième organisation patronale sectorielle de France. Le Bordelais Franck Chaumès, 60 ans, a sorti sa carte de visite sur LinkedIn dès le début de l'été. Face à lui, le Perpignanais Brice Sannac, 36 ans, et sa colistière Céline Viale, 54 ans, veulent incarner la relève. L'élection est prévue le 13 octobre. Le conseil de surveillance validera la liste des candidats jeudi. Ensuite, ce sont les présidents des fédérations départementales qui trancheront. Tout le monde sait que le secteur saigne : 25 fermetures par jour, des habitudes de consommation qui changent, un pouvoir d'achat en berne et des matières premières qui flambent. Les candidats promettent de défendre la profession face aux plateformes et de redorer l'image des métiers auprès des jeunes. Il faudra aussi porter la voix du secteur pendant la campagne présidentielle de 2027. Fiscalité des pourboires, TVA, titres-restaurant, taxes de séjour : les sujets ne manquent pas.
Qui est Franck Chaumès, le candidat bordelais à la tête de l'Umih ?
Franck Chaumès n'est pas un inconnu. Il préside déjà la branche restauration de l'Umih. Il se présente aux côtés de Valentin Prudon, président de l'Umih Corrèze et Creuse, qu'il qualifie d'« homme de terrain ». Sa déclaration de candidature est un modèle du genre : « Après avoir échangé avec Thierry Marx, qui m'a confirmé sa volonté de ne pas solliciter un nouveau mandat, j'ai pris ma décision. » Direct, net, sans langue de bois. Le Bordelais fait partie de l'équipe dirigeante actuelle. Il connaît les couloirs du pouvoir syndical. Mais il devra convaincre les 35 000 adhérents de l'organisation, répartis dans 106 fédérations départementales. Un sacré défi.
Brice Sannac, le challenger qui veut rénover la gouvernance de l'Umih
Brice Sannac, lui, joue la carte de la jeunesse et de la rénovation. Il juge l'organisation actuelle « trop verticale ». Il veut conquérir de nouveaux adhérents « dans les territoires », créer un fonds de solidarité paritaire face aux crises climatiques et protéger la notion de restaurant. Il salue tout de même le bilan de Thierry Marx, reconnaissant que le chef a « participé à mettre en lumière l'Umih et nos métiers ». Ben voyons. On est dans la nuance, presque dans la courtoisie. Mais ne nous y trompons pas : la bataille sera rude.
Le bilan contrasté de Thierry Marx, entre lumière médiatique et procès internes
Thierry Marx, c'était le symbole. Le juré de « Top Chef », le chef deux étoiles du Mandarin Oriental, le patron du restaurant parisien Onor. Il avait succédé fin 2022 à Roland Héguy, hôtelier retraité resté douze ans à la tête du syndicat. Mais son mandat de quatre ans a été émaillé de différends avec Stéphane Manigold, président de la branche restauration Umih Île-de-France, qui s'était présenté face à lui en 2022. Marx a confié fin août au magazine Challenges : « Je n'arrête pas mes engagements associatifs mais c'est fini pour le syndicalisme. Lorsque j'ai pris ce mandat en 2022, je n'imaginais pas que l'on me ferait de façon systématique un procès en illégitimité. » Il a gagné son procès en diffamation contre Manigold, qui a fait appel. Mais ce dernier a gagné le procès intenté par l'Umih. Une guerre de tranchées qui a laissé des traces.
Les vrais enjeux de l'élection à l'Umih pour la restauration française
Derrière cette bataille de chefs, il y a des enjeux concrets. Le secteur compte 220 000 établissements en France. L'Umih revendique 35 000 adhérents, loin devant le Groupement des hôtelleries et restaurateurs de France qui n'en compte qu'environ 15 000. Les candidats devront défendre la profession face aux géants du numérique, aux changements d'habitude des Français et à la pression fiscale. Et surtout, ils devront préparer l'avenir. La campagne présidentielle de 2027 approche. Les pourboires, la TVA, les titres-restaurant, les taxes de séjour : tout cela se négociera au plus haut niveau. L'Umih doit être forte et crédible. C'est en tout cas ce que promettent les deux camps. Reste à savoir qui portera le drapeau. Le 13 octobre, les fédérations départementales trancheront. Et c'est Nicolas qui paiera, comme toujours.
Questions fréquentes sur l'élection à la tête de l'Umih
Quand aura lieu l'élection du nouveau président de l'Umih ?
L'élection est prévue le 13 octobre. Le conseil de surveillance de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie se réunira jeudi pour valider et annoncer la liste des candidats. Ce sont ensuite les présidents des fédérations départementales qui voteront.
Qui sont les candidats à la succession de Thierry Marx ?
Deux candidats se sont déclarés : Franck Chaumès, restaurateur bordelais de 60 ans, président actuel de la branche restauration de l'Umih, et Brice Sannac, hôtelier-restaurateur perpignanais de 36 ans, coprésident de l'Umih Occitanie, accompagné de Céline Viale.
Pourquoi Thierry Marx quitte-t-il la tête de l'Umih ?
Thierry Marx a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat. Il a évoqué des « procès en illégitimité » systématiques et des conflits internes, notamment avec Stéphane Manigold. Il a gagné son procès en diffamation contre ce dernier, qui a fait appel.