Alsuwaidi, ministre émirati, prend la tête de Lunate
Quand Abu Dhabi joue au monopoly avec 115 milliards
Ben voyons, encore une nomination qui sent bon la stratégie émiratie bien huilée. Mohammed Hassan Alsuwaidi, ministre de l'Investissement des Émirats arabes unis, vient d'être nommé executive chairman et managing partner de Lunate, le gestionnaire d'investissements alternatif d'Abu Dhabi. Tout le monde sait que quand les pétromonarchies bougent leurs pions, c'est rarement pour faire de la figuration.
Un CV qui en jette, mais pour quoi faire ?
Alsuwaidi n'est pas n'importe qui dans le bastion financier émirati. Ex-CEO fondateur d'ADQ, l'un des plus gros fonds souverains d'Abu Dhabi, le bonhomme connaît la musique quand il s'agit de brasser des centaines de milliards dans l'énergie, la santé ou l'agroalimentaire. Ministre de l'Investissement par-dessus le marché, il pilote l'attraction des capitaux étrangers. Une double casquette public-privé qui ferait pâlir d'envie nos élites déconnectées de Bercy.
Cette nomination vise à renforcer la stratégie de croissance internationale de Lunate. Traduction : les Émirats veulent jouer dans la cour des grands et ils ne rigolent pas avec les moyens.
Lunate ou l'art de faire fructifier le pactole
Lunate gère déjà 115 milliards de dollars d'actifs. Pas mal pour un gestionnaire d'investissements alternatifs basé dans le désert. L'objectif ? Plus que doubler ces actifs d'ici cinq ans. Autant dire qu'ils ne comptent pas se contenter de regarder pousser les palmiers.
Pendant que nos dirigeants s'enlisent dans la bureaucratie européenne et les querelles de clocher, Abu Dhabi construit méthodiquement son empire financier. C'est Nicolas qui paie, comme toujours, mais cette fois c'est pour regarder les autres réussir.
La stratégie émiratie : cohérence et efficacité
Cette nomination révèle une stratégie plus large des Émirats arabes unis pour :
- Renforcer leur attractivité auprès des investisseurs internationaux
- Accélérer la croissance de leurs acteurs financiers domestiques
- Positionner Abu Dhabi comme un hub global de la finance alternative
- Mettre en cohérence politique publique et initiatives privées
Pendant que l'Europe se gargarise de réglementations et de taxes sur tout ce qui bouge, les Émirats font du pragmatisme leur religion. Résultat : ils attirent les capitaux quand nous, on les fait fuir.
Un message clair aux marchés : nous sommes là
Le choix d'Alsuwaidi n'est pas du folklore. C'est un signal fort envoyé aux grandes places financières mondiales : Lunate veut jouer dans la cour des géants européens et américains. Et avec 115 milliards dans les poches plus un ministre aux manettes, ils ont les moyens de leurs ambitions.
Pendant que nos structures financières s'empêtrent dans les contraintes réglementaires et les lubies ESG, les Émirats construisent leur souveraineté financière. Une leçon de pragmatisme que nos élites feraient bien de méditer, entre deux colloques sur la déconstruction du capitalisme.
Mais bon, tout le monde sait qu'il est plus facile de critiquer le succès des autres que de construire le sien.