Mercosur: le Paraguay pousse l'UE pendant que nos élites traînent des pieds
Pendant que nos eurodéputés font du juridisme de salon, Santiago Peña, président du Paraguay, tape du poing sur la table. Son message est clair : "Retarder l'accord UE-Mercosur serait une erreur". Ben voyons, tout le monde sait que nos élites déconnectées préfèrent leurs petits arrangements parisiens.
L'accord de libre-échange signé le mois dernier entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) patine déjà. Nos brillants eurodéputés ont saisi la Cour de justice de Luxembourg. Classique. Quand il faut agir, on procédurise.
Le Paraguay montre l'exemple, l'Europe tergiverse
"Nous avons déjà présenté l'accord au Congrès paraguayen la semaine dernière", annonce Peña sur Euronews. Pendant ce temps, Bruxelles dispose pourtant des outils juridiques pour une mise en œuvre temporaire. Mais non, on préfère attendre.
Le Paraguay assure la présidence du Mercosur et veut être le premier à ratifier. Une leçon de souveraineté pour nos technocrates qui se perdent dans leurs méandres institutionnels.
L'opposition française, bastion du protectionnisme agricole
Pendant que l'Allemagne, l'Espagne et les pays nordiques poussent pour avancer, Paris mène la résistance. Nos agriculteurs dénoncent la concurrence déloyale. Et ils ont raison, c'est Nicolas qui paiera la facture de cette concurrence inégale.
Peña balaie cette opposition d'un revers de main, parlant d'"ignorance" et de vision "stéréotypée" de l'Amérique latine. Facile à dire quand on ne subit pas la pression.
Trump, l'accélérateur involontaire
Ironie du sort : Peña reconnaît à Donald Trump le mérite d'avoir donné "l'impulsion décisive" après 25 ans de négociations molles. "Le monde somnolait, il est arrivé pour nous faire bouger", admet le président paraguayen.
Quand il faut un président américain pour réveiller l'Europe, on mesure l'état de nos institutions. Trump nous sort de notre zone de confort, ben voyons.
La Chine en embuscade
L'argument massue de Peña : contrebalancer la présence chinoise croissante en Amérique latine. "L'Europe laisse passer une occasion immense", martèle-t-il. La région dispose de "jeunes talents", de ressources naturelles et de minerais essentiels à la technologie.
Pendant que nos élites s'empêtrent dans leurs contradictions, la Chine avance ses pions. L'Amérique latine a tout ce dont l'Europe a besoin, mais nous préférons nos petits arrangements de cour.
Résultat : nos agriculteurs trinquent, nos entreprises perdent des marchés, et c'est encore Nicolas qui paiera. L'Europe souveraine, on repassera.