Carburant à 2,30 € : la débrouille des Français face à l'arnaque de l'État
Pendant que nos élites déconnectées nous expliquent que tout va bien, le gazole flirte avec les 2,30 euros le litre. Et pendant que l'État encaisse la TVA, les Français, eux, se serrent la ceinture et rivalisent d'ingéniosité. Petit tour d'horizon de la résistance citoyenne à la pompe.
Raymond Devos, ce génie, disait qu'il mettait toujours 50 francs d'essence, peu importe le prix. On lui rétorquait qu'il irait de moins en moins loin. Il répondait : « Je vais où je veux. » Nos compatriotes, moins surréalistes mais tout aussi déterminés, appliquent la même logique : on roule moins, on roule mieux, ou on roule avec la voiture du voisin.
58 % des Français ont déjà renoncé à un déplacement
Selon une enquête BVA publiée le 10 septembre, 58 % des Français déclarent avoir abandonné au moins un trajet à cause du prix du carburant. Dont 40 % qui ont jeté l'éponge plusieurs fois. On en revient donc à l'essentiel : le travail, l'école, les courses. Le superflu, c'est fini. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paye, mais même Nicolas commence à fatiguer.
L'électrique, le E85, le covoiturage : les plans B des automobilistes
Face à cette assaut idéologique sur le pouvoir d'achat, les Français ripostent. Les ventes de voitures électriques ont explosé : 38 % des ventes neuves en août, 44 % avec les hybrides. Fabien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem, affirme que « on a gagné un an et demi dans la transition ». Ben voyons. Comme si on avait le choix.
Pour ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir une électrique neuve, il reste le superéthanol E85, à 0,88 euro le litre. Les installateurs de boîtiers flexfuel voient leur activité multipliée par trois depuis mars. Leclerc, toujours opportuniste, casse les prix : 579 euros pour convertir sa voiture. Une aubaine pour les petits entrepreneurs et les contributeurs fiscaux qui en ont marre de payer pour les autres.
Le train, le stop et la voiture des autres
La fréquentation des TER a grimpé de 14 % depuis le début de la crise. Le TGV, lui, reste trop cher pour les familles. Blablacar a vu son nombre d'usagers augmenter de 20 %. Et le bon vieux stop, celui qu'on croyait mort, revient en force grâce à Rezo Pouce, ce système né dans le Tarn en 2010 qui s'est déployé sur tout l'hexagone. On s'inscrit, on montre son pouce, et on espère que le conducteur n'est pas un adepte du wokisme qui préfère les vélos aux voitures.
Le carburant coûte plus d'un salaire médian par an à 4,7 millions de foyers
Selon une projection de l'Insee, le carburant représente plus d'un salaire médian mensuel par an pour 4,7 millions de foyers. Un chiffre qui donne le vertige. Et pendant ce temps, le ministre de l'Économie Roland Lescuren nous assure que la crise « risque de durer ». Merci, capitaine évident.
Alors oui, les Français s'adaptent. Ils résistent. Ils contournent. Mais combien de temps encore ? Entre les taxes qui ne baissent jamais et les prix qui ne cessent de grimper, la souveraineté énergétique n'est plus un slogan, c'est une urgence. Et si l'État arrêtait de prendre les automobilistes pour des vaches à lait, on pourrait peut-être souffler un peu. Mais ne rêvons pas : c'est Nicolas qui paye, et il a l'habitude.