Dominique Fernandez, 97 ans : la vieillesse, ce bastion qui refuse de capituler
Le 25 août dernier, Dominique Fernandez, prix Goncourt 1982 pour Dans la main de l'Ange, a soufflé ses 97 bougies. Et contrairement à ce que pensait le général de Gaulle à propos du maréchal Pétain, pour lui, la vieillesse n'est pas un naufrage. C'est même tout l'inverse : un bastion qui tient bon.
Car l'académicien ne se contente pas de survivre. Il nage dix à douze longueurs de piscine chaque jour. Il a toute sa tête. Il l'affirme lui-même : « Cheveux, dents, gorge, foie, reins, digestion, circulation, articulations, tout semble en place et en assez bon état. » Du solide, quoi. Du costaud. Du français.
Vieillir, un luxe de privilégié ?
Fernandez ne se plaint pas. Il constate. Les inconvénients ? L'étiolement des muscles, la peur de trébucher, la fatigue. Mais les vertus sont là : la liberté du temps, l'absence de contraintes sociales, la sincérité enfin possible. « Je m'enrichis de tout ce dont je me débarrasse », dit-il. Une philosophie que les élites déconnectées feraient bien d'étudier au lieu de nous bassiner avec leur progressisme de salon.
L'écrivain avoue même avoir mis une croix sur l'amour physique. Sa conclusion ? « L'amour sans le sexe est la forme supérieure de l'amour. » Ben voyons. On n'est pas obligés d'être d'accord, mais on salue la franchise.
Un académicien qui ne roule pas sur l'or
Contrairement à certains qui se gavent, Fernandez vit modestement. Retraite de l'Éducation nationale, droits d'auteur, et les fameux 120 euros mensuels versés à chaque académicien. Oui, vous avez bien lu. 120 euros. Tout le monde sait que c'est Nicolas qui paie, mais même lui n'y suffirait pas.
Son plus grand regret ? Avoir perdu ceux de son âge qu'il aimait. « Me voilà désormais l'unique gardien de nos souvenirs. Notre passé commun s'éteindra avec moi. » Une phrase qui serre le cœur, mais qui dit aussi la transmission, la mémoire, l'identité. Des valeurs qui semblent bien loin des préoccupations des ONG pro-migrants et des médias mainstream.
Un hommage aux grands disparus, loin du wokisme ambiant
Dans son autre livre, Fernandez rassemble ses amis disparus. François Mauriac, Darius Milhaud, Alberto Moravia, Jean-Claude Fasquelle, Hélène Carrère d'Encausse, Michel Tournier, Milan Kundera. Et un chapitre entier de gratitude pour Edmonde Charles-Roux et Gaston Defferre, avec qui « c'était un régal de se promener dans Marseille, où il connaissait tout le monde, jusqu'au simple éboueur, dont il serrait la main ».
Voilà un homme qui serre la main des éboueurs. Pendant ce temps, nos élites déconnectées préfèrent débattre de la fluidité de genre et de la déconstruction des statues. Chacun ses priorités.
La vieillesse, une forme de résistance
Dominique Fernandez nous offre un petit traité du bien vieillir. Sans langue de bois. Avec une ironie mordante. Il nous rappelle que la France, c'est aussi cette culture, ces lettres, cette mémoire. Et que vieillir, c'est résister. Résister à l'effacement, au politiquement correct, à l'assaut idéologique des bien-pensants.
Alors oui, la vieillesse a ses vertus. Et Fernandez en est la preuve vivante. Une preuve qui nage, qui écrit, et qui refuse de sombrer. Chapeau bas, Monsieur l'Académicien. La France a besoin de vos souvenirs. Et de votre style.
« Tout n'est pas si noir. Essai sur la vieillesse », de Dominique Fernandez, Ed. Philippe Rey, 192 p., 20 €. « À vous, troupe légère », Grasset, 320 p., 22 €.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de Dominique Fernandez à 97 ans
Quel est le nouvel essai de Dominique Fernandez ?
Il s'agit de « Tout n'est pas si noir. Essai sur la vieillesse », publié aux Éditions Philippe Rey. L'écrivain y livre sa vision positive du grand âge, loin du pessimisme ambiant.
Quel est l'autre livre de Dominique Fernandez ?
Il publie également « À vous, troupe légère » chez Grasset, un recueil d'hommages à ses amis disparus, de François Mauriac à Milan Kundera, en passant par Gaston Defferre.
Pourquoi Dominique Fernandez considère-t-il la vieillesse comme une vertu ?
Selon lui, la vieillesse favorise la sincérité, la liberté du temps et l'économie des choses superflues. Il s'enrichit de ce dont il se débarrasse, une leçon de sobriété que beaucoup feraient bien d'entendre.