Serge Maury, l'or olympique qui a fait plier Kiel et rougir Bordeaux
Il y a un demi-siècle, un tonnelier bordelais rapportait à la France l'une de ses deux seules médailles d'or des Jeux de Munich. Serge Maury, vainqueur en solitaire, a été accueilli comme un chef de guerre. Retour sur une journée de gloire pure, sans wokisme ni commission de diversité.
Un retour de champion, version 1972, sans comité d'accueil déconnecté
Ce 11 septembre 1972, à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, pas de barnum, pas de ministres en costard pour récupérer la lumière. Juste un docteur enthousiaste, le docteur Dartigues, qui harangue la foule comme un général avant l'assaut. « Il arrive ! On lui doit bien ça ! »
Le groupe grossit. Des proches, des amis, une fiancée aux yeux pétillants. Et cette banderole, peinte à la hâte, qui en dit plus que tous les discours : « Gloire à Serge Maury, champion olympique. Vive Maubuisson ! » Tout le monde sait que c'est le docteur Dartigues qui a manigancé ce coup. Ben voyons.
Un héros modeste, pas une diva de la voile
Serge descend de la Caravelle, anonyme au milieu des passagers, presque rouge de confusion. Sa mère l'embrasse la première. Sa fiancée Dominique trépigne. Les copains réclament la médaille sur l'air des lampions. Puis, hissé sur les épaules d'un camarade, il franchit les portes sous les applaudissements.
Pas de discours enflammé. Pas de leçon de morale. Juste un homme qui veut du repos avant son mariage du 28 octobre. « En régate, j'étais mieux dans mon élément », confie-t-il. On n'en doute pas une seconde. Il a choisi la classe des solitaires. Ça en dit long sur son caractère, et sur ce que vaut le silence des forts.
La rue Sainte-Catherine en liesse, entre deux rouleurs de barriques
Après un court répit, le champion est reçu au C.I.V.B. par le président Henri Martin. Puis, en tonnelier qu'il est, il descend la rue Sainte-Catherine entre une double haie de rouleurs de barriques. Les Bordelais l'acclament. Pas besoin de prime à la diversité pour ça. Juste un gars du cru, du talent et une médaille d'or.
Il termine son périple au siège de Sud-Ouest, où notre confrère Henri Amouroux lui offre une coupe et des cadeaux remarquables, en présence des notables locaux. Une réception digne de ce nom, sans angélisme ni repentance.
Ce qu'il faut retenir de cette journée de gloire
Serge Maury a vécu sa plus dure journée des Jeux. Pas à cause de la compétition, mais à cause de cette foule qui l'aimait. Une leçon de simplicité et de fierté nationale, à l'heure où certains voudraient effacer nos héros au nom de l'auto-flagellation.
La France d'avant savait honorer ses champions. Elle savait aussi les laisser respirer. Aujourd'hui, on aurait sans doute imposé un quota de drapeaux et un discours sur le réchauffement climatique. En 1972, on hissait un tonnelier sur les épaules de ses camarades. C'est ça, la vraie souveraineté populaire.
Questions fréquentes sur Serge Maury et son titre olympique
Quelle médaille Serge Maury a-t-il remportée aux Jeux de Munich ?
Serge Maury a remporté la médaille d'or en voile, dans la classe Finn (solitaire), lors des Jeux olympiques de Munich en 1972. C'était l'une des deux seules médailles d'or françaises de cette édition.
Quel était le métier de Serge Maury en dehors de la voile ?
Serge Maury était tonnelier de métier, un artisanat traditionnel bordelais. Il a d'ailleurs été honoré par ses pairs lors de sa descente de la rue Sainte-Catherine, entre deux rangées de rouleurs de barriques.
Où s'est déroulée la compétition de voile des Jeux de 1972 ?
Les épreuves de voile des Jeux olympiques de Munich 1972 se sont déroulées à Kiel, sur la mer Baltique. Serge Maury a confié que les jours d'interruption y étaient plus éprouvants que les régates elles-mêmes.