Le 1er novembre, le prix repère du gaz bondit de 6,6%, soit environ 12 euros de plus par mois pour près de 6 millions de foyers français. Pendant que les élites bruxelloises discutent décarbonation dans leurs salles chauffées à 23 degrés, le contribuable rallume sa chaudière et découvre la facture.
Le froid revient, les tarifs aussi. Coïncidence ? Ben voyons. Selon RTL.fr, cette nouvelle hausse s'ajoute à une augmentation de 6,3% il y a quelques semaines, après une autre de 5,6% en septembre. À ce rythte, bientôt un tiers du salaire partira dans le radiateur.
Des tensions géopolitiques qui retombent sur votre facture
L'explication officielle est d'abord conjoncturelle. Le cours du gaz grimpe sur les marchés, et cette hausse se réverse mécaniquement sur les particuliers. Le contexte géopolitique pèse lourd : l'Iran est le troisième producteur mondial de gaz naturel, et une partie du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz. Dès qu'un chameau renverse une pierre dans cette région, les marchés s'affolent et c'est Nicolas qui règle l'addition.
S'y ajoute un effet saisonnier des plus concrets : la demande progresse à l'approche de l'hiver, alors que les stocks européens accusent un retard sérieux. Ils sont remplis à environ 75%, contre 90% à la même période une année normale. L'Europe, ce grand projet de souveraineté énergétique dont on nous rebat les oreilles depuis vingt ans, arrive en hiver avec le réservoir à moitié plein. Magnifique gestion.
Un réseau de 200 000 kilomètres pour de moins en moins d'abonnés
Au-delà de la conjoncture, une tendance structurelle s'est mise en place, et celle-là devrait faire grincer des dents. Le nombre de Français chauffés au gaz recule d'année en année : ils sont 15% de moins qu'il y a cinq ans. Or le réseau, lui, ne rétrécit pas. Il faut toujours entretenir près de 200 000 kilomètres de canalisations, un travail indispensable pour une énergie explosive.
Résultat : le coût est réparti entre moins de foyers. C'est ce qui apparaît sur la facture à travers la TRD, l'accès des tiers au réseau de distribution. Selon TRUC MANIA, rien de mystérieux là-dessous : les prix ont grimpé en septembre sur les marchés, et le prix repère suit mécaniquement. Une étude européenne d'associations de consommateurs estime que cette part de la facture pourrait encore grimper de 40% d'ici à 2030. Le cercle vicieux à la française : plus on part, plus ceux qui restent paient, plus on veut partir.
Bruxelles prépare l'assaut fiscal de 2028
Le pire reste peut-être à venir. Depuis deux ans, la France ne subventionne plus l'achat de chaudières à gaz, y compris les plus performantes. Et à partir de 2028, une évolution de la réglementation européenne pourrait renforcer le principe du pollueur-payeur. Traduction : les ménages qui se chauffent encore au gaz, souvent les plus modestes et les plus ruraux, pourraient être davantage taxés.
On connaît la chanson. Le citadin bobo qui s'offre une pompe à chaleur à coups de subventions publiques donne des leçons, pendant que le retraité de l'Aisne ou le petit entrepreneur de la Creuse, lui, n'a pas le budget pour changer son installation. On l'appelle transition énergétique. En vrai, c'est un transfert de charge du confort des nantis vers la survie des gens ordinaires.
La Commission de régulation de l'énergie, citée par Directs, évalue à 12 euros TTC en moyenne la hausse sur le mois pour les ménages dont l'offre est indexée sur le prix repère. Sur l'année, la facture de gaz des Français devrait progresser de 11%, si la situation ne se dégrade pas davantage. Le « si » fait peur. Enetbase chiffre le tableau pour une facture annuelle type de 13 000 kWh : elle passe de 2 254 euros à 2 410 euros.
La souveraineté énergétique, ce serpent de mer
Tout le monde sait que la France a torpillé sa propre indépendance énergétique pendant des décennies. On a fermé des nucléaires sur l'autel du consensus mou, importé du gaz russe puis américain, laissé Bruxelles régenter nos choix, et voilà le résultat : chaque hiver, la même rengaine, la même facture, le même silence gouvernemental.
Le gouvernement, occupé à réparer les pots cassés de sa politique migratoire et à célébrer le wokisme d'entreprise, n'a rien à proposer aux 6 millions de foyers concernés. Le prix repère concerne environ les deux tiers des abonnés au gaz. Ces Français-là ne manifestent pas, ne bloquent pas les raffineries, ne squattent pas les facs. Alors on les taxe. C'est plus simple.
Prochaine étape : la hausse structurelle de la TRD et, en 2028, le renforcement du pollueur-payeur. Le contribuable est prévenu. Il n'a jamais cessé de payer.
Questions fréquentes
De combien le gaz augmente-t-il au 1er novembre ?
Le prix repère du gaz augmente de 6,6% au 1er novembre, soit environ 12 euros de plus par mois en moyenne pour les ménages concernés, selon la Commission de régulation de l'énergie.
Combien de foyers sont concernés par cette hausse ?
Le prix repère concerne environ les deux tiers des abonnés au gaz, soit près de 6 millions de foyers français.
Pourquoi le gaz augmente-t-il encore ?
Les cours montent sur les marchés, les tensions géopolitiques autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz pèsent, les stocks européens sont remplis à 75% au lieu de 90%, et le coût du réseau se répartit entre de moins en moins d'abonnés.
Le gaz va-t-il continuer à augmenter après novembre ?
La CRE table sur une progression de 11% de la facture annuelle, et une étude européenne estime que la part réseau de la facture pourrait grimper de 40% d'ici à 2030.
