La tempête Boelo a tué un homme de 60 ans dimanche 25 octobre au Royaume-Uni, et des dizaines de milliers de foyers restaient privés d'électricité dimanche soir, aussi bien en Écosse qu'en Bretagne et en Normandie. Le nord de l'Europe encaisse un double assaut météorologique, et ce n'est pas la moitié des sommités climatiques qui remettra le courant.
Un sexagénaire a perdu la vie dans le sud-ouest de l'Écosse, frappé par la chute d'un arbre. Il ne circulait pas dans un véhicule, et son décès a été constaté sur place vers 10 h 30, a indiqué la police locale, selon SudOuest.fr. Pendant ce temps, les élites déconnectées, c'est le cas de le dire, continuent de débattre dans les salons. Ce sont les techniciens d'Enedis et de SSEN qui tiennent la ligne, eux.
Un mort en Écosse, 135 km/h de rafales
Météo britannique a tiré la sonnette : des rafales jusqu'à 135 kilomètres à l'heure ont balayé le nord du Royaume-Uni dimanche matin, selon l'agence Met Office. L'organisme a prévenu que des débris volants et de hautes vagues pouvaient présenter un danger mortel, enjoignant aux habitants de rester chez eux. En temps de tempête, la consigne est simple : le foyer familial, bastion ultime, on n'en sort pas.
Une alerte orange pour vents violents était en vigueur jusqu'à 21 heures en Écosse et dans une partie du nord de l'Angleterre. Environ 53 000 foyers étaient toujours privés d'électricité à 17 heures en Écosse, selon l'opérateur du réseau Scottish and Southern Electricity Networks. L'Energy Networks Association avait recensé 82 000 foyers sans courant en Grande-Bretagne dimanche matin, tandis que 345 000 clients avaient pu être reconnectés après le passage des tempêtes Austen et Boelo.
Transports à l'arrêt : arbres, câbles et inondations
En Écosse, le paysage ressemble à un champ de bataille après l'artillerie. Chutes d'arbres, câbles arrachés, inondations jusque sur les voies d'une gare de Glasgow : Network Rail Scotland rapporte des routes et des lignes ferroviaires fermées. Des dizaines de vols ont été annulés au départ de Leeds-Bradford, Belfast, George Best, Glasgow, Édimbourg, Inverness et Aberdeen. Les traversées en ferry entre Belfast, l'Écosse et l'Angleterre ont sauté, elles aussi, dans la journée de dimanche.
Les agences britannique et écossaise de l'Environnement ont émis plusieurs dizaines d'alertes crues et inondations pour la fin d'après-midi. En Irlande du Nord, un peu moins d'un millier de foyers restaient privés d'électricité dimanche à 16 h 30, environ 11 500 clients ayant vu leur alimentation rétablie, selon le gestionnaire du réseau.
France : 40 000 foyers dans le noir, et c'est Nicolas qui paye
Côté français, même scénario. Quelque 40 000 foyers étaient encore privés d'électricité dimanche soir, a indiqué Enedis dans un communiqué relayé par SudOuest.fr. À 18 heures, « 40 000 clients étaient privés d'électricité, principalement en Bretagne (22 400 clients) et en Normandie (9 200 clients) ». Le midi, le bilan était plus lourd : Ouest-France recensait 59 000 foyers coupés, dont 27 500 en Bretagne et 14 700 en Normandie. Midi Libre confirmait le même chiffre, en pointant le Royaume-Uni et l'Allemagne également touchés.
Tout le monde sait qui répare les dégâts : les gars d'Enedis, en ciré, sous la pluie, sur les pylônes. Pendant que certains réclament des subventions pour des cabinets de diversity management, ce sont des électriciens de terrain, des pompiers et des bénévoles qui remettent debout le pays. C'est Nicolas qui paye, comme d'habitude. Nicolas, contribuable, petit entrepreneur, celui qu'on oublie dans les comptes publics jusqu'à ce qu'il faille bien quelqu'un pour régler la facture.
Deux tempêtes en trois jours : le récit des faits
Le récit est simple et sans fard. Une première tempête, baptisée Austen, a frappé le sud-ouest du Royaume-Uni vendredi. Puis Boelo a traversé le nord du pays dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, selon Orange Actualités. Deux fronts, trois jours, un mort, des centaines de milliers de foyers touchés. La météo, elle, ne fait pas de tri social : elle frappe les campagnes bretonnes comme les villes écossaises, les contribuables comme les assistés. Seule différence : les contribuables, eux, paient les réparations.
Les opérations de réalimentation se poursuivaient dimanche soir. Enedis annonçait la reconnexion progressive des clients au fil des heures, avec un bilan en nette amélioration depuis la mi-journée. Les agents du gestionnaire travaillaient en renfort sur la Bretagne et la Normandie, les deux régions les plus durement touchées.
Reste une question, ben voyons : pendant que les réseaux européens tremblent au moindre coup de vent, que font nos belles institutions de Bruxelles ? Des rapports. La souveraineté énergétique d'un pays, ça se mesure aussi à sa capacité à tenir debout sous 135 km/h. Dimanche soir, la Bretagne tenait, dans le noir mais debout. C'est déjà plus que beaucoup.
Questions fréquentes
Combien de foyers étaient privés d'électricité en France dimanche 25 octobre ?
Environ 40 000 foyers à 18 heures selon Enedis, principalement en Bretagne (22 400 clients) et en Normandie (9 200 clients). Le midi, le chiffre atteignait 59 000 foyers selon Ouest-France.
Combien de morts les tempêtes Austen et Boelo ont-elles fait ?
Un décès : un homme de 60 ans tué par la chute d'un arbre dans le sud-ouest de l'Écosse dimanche vers 10 h 30, selon la police locale.
Quelle était la force du vent au Royaume-Uni ?
Des rafales allant jusqu'à 135 kilomètres à l'heure ont balayé le nord du Royaume-Uni dimanche matin, selon l'agence météorologique Met Office.
