OnlyFans : quand le Sénat découvre les proxénètes 2.0
Ben voyons ! Nos élus viennent enfin de découvrir que derrière les plateformes comme OnlyFans, Mym ou Sexemodel se cache un véritable réseau de proxénétisme moderne. Une centaine d'élus de droite et du centre s'attaquent enfin à cette galaxie en plein essor, popularisée durant la crise sanitaire.
L'argent facile qui devient piège infernal
Derrière ces contenus érotiques vendus par abonnement, tout un écosystème commercial prospère. Des "managers" et "agents" fleurissent, promettant promotion et visibilité aux créatrices, quitte à embaucher des "tchatteurs" pour gérer les conversations privées.
"Ce qui ressemble à de l'argent facile peut devenir un piège infernal pour des modèles parfois mineures", explique la sénatrice Les Républicains Marie Mercier. Ces managers mettent sur pied un "système de domination" avec des moyens de pression redoutables.
La justice française à la traîne
Problème : la Cour de cassation considère que le "caming" ne relève pas de la prostitution en l'absence de contact physique. Difficile donc de poursuivre ces proxénètes 2.0 avec l'arsenal juridique actuel.
Le Sénat a donc remodelé le texte initial pour créer une nouvelle infraction "d'exploitation sexuelle en ligne", punie de sept ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Mais cette infraction ne viserait les intermédiaires qu'en cas de menace, contrainte ou abus de vulnérabilité.
Un texte édulcoré qui satisfait les plateformes
Surprise ! La plateforme Mym se dit "satisfaite" de cette rédaction qui assure une "protection maximale" tout en préservant ses intérêts. C'est Nicolas qui paie, mais les plateformes qui encaissent restent tranquilles.
Certains parlementaires dénoncent un texte totalement dénaturé. "C'est une occasion manquée. La question des acheteurs de services sexuels a complètement disparu", regrette Lénaig Le Fouillé du mouvement du Nid.
Pendant que nos élites déconnectées ergotent sur la définition juridique, les "proxénètes 2.0" continuent de prospérer dans cette zone grise du numérique. Tout le monde sait que ces pratiques détournent nos jeunes femmes, mais légiférer efficacement, c'est une autre paire de manches.